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Poésie

Posts Tagged ‘nuit’

Perle d’Homme (Virginie Greiner)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Illustration: Olivier Grenson
    
Perle d’Homme

Envie de douceur, désir de sueur.
Frôlement de deux corps. Deux corps en un délicieux va-et-vient
Dans une nuit enrobée de moite chaleur.
Soudain, elle jaillit, là, au creux de ton ventre de soie.
Une goutte salée perle.
A peine le temps de suivre sa course lente
Sur les courbes onduleuses de ta hanche
Que déjà elle disparaît vers des abîmes qu’elle seule connaît.

(Virginie Greiner)

 

Recueil: EN MÂLES DE NUS
Traduction:
Editions: Attakus
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Dans la nuit de la langue (Amina Saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



Scribe dans la nuit de la langue
quand la nuit parle la langue du néant
tu es sur cette terre
pour cultiver ton âme
apprivoiser ce qu’il y a d’humain
dans l’angoisse
habiter la parole de la parole
et conserver la promesse du poème

(Amina Saïd)

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La nuit palpite comme un sein alerté (Amina Saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



la nuit palpite
comme un sein alerté

je dors dans la marée du ciel
son vertige ciselé

nuit errante
ressuscitée perdue
immobile

je rêve d’espaces ivres
d’ailleurs de suds
d’heures désertes

tu poses la main
sur ma peau

les yeux sur l’autre nuit

je rêve de loups rouges
de sang sur les pierres

tu sculptes mon épaule
du sommeil de tes doigts

la nuit bat des paupières
noie mon chant

je rêve de visages
ouverts comme des fleurs

d’oiseaux suspendus
au fil des jours

ma nuit s’attarde

nous nous retrouvons
au coeur d’une nuit nouvelle

(Amina Saïd)

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Il paraît que la statue (André Breton)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



Illustration: Salvador Dali
    
Il paraît que la statue près de laquelle le chiendent de mes terminaisons nerveuses
Arrive à destination est accordée chaque nuit
comme un piano

(André Breton)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

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Tu n’es personne (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



 

Illustration: Salvador Dali
    
Tu n’es personne. Ce qui tourne
autour de toi, paroles, maisons,
visages, tourne autour d’un centre
qui n’existe pas.

Ton lieu est vers le dehors
dans la nuit de toute langue,
tu vis en lisière,
corps exilé, corps étranger.

Et comme un orchestre caché, tu ne sais
quels instruments en toi
résonnent, cordes ou cuivres, harpes ou tymbales,

Serait-ce le pas des nuits qui s’imprime
sur le sable et se dissout
dans la mémoire éteinte.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu n’écris pas pour obscurcir ce qui est clair (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019




    
Tu n’écris pas pour obscurcir
ce qui est clair,
tu es venu de la source
cherchant la transparence.

Tu es venu de la rose
et de l’intérieur du bleu,
cherchant la voix des yeux
avec sa frise de nuit.

Ce qui bouge en toi, ce que
tu donnes,
est un rivage léger.

Ce qui appelle en toi, voix
du proche, enseigne et construit
des signes d’éternité.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je t’attendais à la porte des heures (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Je t’attendais à la porte des heures :
le silence est si vaste.
Que sont devenues ces traces d’eau
fuyante entre les pierres ?

Écoute au miroir des heures vides
sonner les chiffres de la nuit,
ils ne sont la voix de personne
sinon du sable qui s’épuise.

Les heures traversent l’obscur,
passantes proches, venues
de quel ciel, de quel monde

Vain ? maintenant que tu n’es plus
qu’une parole étrangère
et qui s’en va ?

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les objets sont nos voisins, sans rêve (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



    

Les objets sont nos voisins,
sans rêve, seulement là et proches,
posés très lourds
sur un lit de silence.

Mais le temps est en eux, il mûrit,
va son chemin comme en nous,
sans limite perceptible, il creuse,
sans poids, dans d’invisibles lointains.

En débat avec la nuit, plus
nocturne que toute nuit, il dépose
en eux sa parole de sable

Tandis que, sans mémoire, sans voix, ses marteaux
frappent de grands coups de silence
en nous et contre nous.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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La nuit dans l’île (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



La nuit dans l’île

Toute la nuit j’ai dormi avec toi
près de la mer, dans l’île.
Sauvage et douce tu étais entre le
plaisir et le sommeil, entre
le feu et l’eau.

Très tard peut-être
nos sommeils se sont-ils unis
par le sommet ou par le fond,
là-haut comme des branches
agitées par le même vent,
en bas comme rouges racines se
touchant.

Peut-être ton sommeil
s’est-il aussi dépris du mien
et sur la mer et sur sa nuit
m’a-t-il cherché
comme avant toi et moi,
quand tu n’existais pas encore,
quand sans t’apercevoir
je naviguais de ton côté
et que tes yeux cherchaient
ce qu’aujourd’hui
– pain, vin, amour, colère –
je t’offre à pleines mains
à toi, la coupe
qui attendait de recevoir les
présents de ma vie.

J’ai dormi avec toi
toute la nuit alors
que la terre en sa nuit tournait
avec ses vivants et ses morts,
et lorsque je me réveillais
soudain, par l’ombre environné,
mon bras te prenait par la taille.
La nuit ni le sommeil
n’ont pu nous séparer.

J’ai dormi avec toi
et ta bouche, au réveil,
sortie de ton sommeil
m’a donné la saveur de la terre,
d’algues, d’onde marine,
qui s’abrite au fond de ta vie.
Alors j’ai reçu ton baiser
que l’aurore mouillait
comme s’il m’arrivait
de cette mer qui nous entoure.

(Pablo Neruda)


Illustration: Alexandre Cabanel

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[SI CHAQUE JOUR…] (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



[SI CHAQUE JOUR…]

Si chaque jour
tombe dans chaque nuit
il existe un puits
où la clarté se trouve enclose.

Il faut s’asseoir sur la margelle
du puits de l’ombre
pour y pêcher avec patience
la lumière qui s’y perdit.

(Pablo Neruda)


Illustration

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