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Poésie

Posts Tagged ‘nulle part’

Les feuilles de saule se dispersent (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2021




Illustration
    
les feuilles de saule se dispersent
je me mets en route précipitamment
n’allant nulle part

***

(Santoka)

 

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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Du même pas (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



Du même pas

Un soir, hors de la fête,
Tu m’as fait escorte.
La vie nulle part ne s’achève
Mais vient le temps des marées.

Le vent lasse les peines
Demain souffle aux portes,
Rien n’est jamais perdu
De ce qui fut aimé.

(Andrée Chedid)

 

 

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SONATE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



 

SONATE

Plus rien entre le ciel et moi sinon le temps!
Je ne suis nulle part ailleurs que dans les ailes
invisibles de l’air qui battent faiblement
sous l’espace noyé par sa pluie éternelle.

Quel secret demander à ce désert savant ?
Quel secours sinon lui, quelle heure sinon celle
qui s’arrête!… La feuille est veuve de tout vent;
il suffit d’écouter et d’attendre comme elle.

Nul pas ne reviendra sur ce champ spacieux;
tout est déjà mémoire au front calme des dieux
et pour être plus près de leur lointain silence,

ouvre en toi-même un flot égal à ce qui fuit,
sans regret, sans espoir et sans autre présence
que ce coeur encor lourd d’immémoriale nuit.

(Jean Tardieu)

Illustration: Lauri Blank

 

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Après avoir longtemps marché (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2021



Après avoir longtemps marché
je me suis assis sur un talus
au bord d’une route
qui ne mène nulle part
où ne passe personne.
Mais j’y suis resté
car les fleurs sauvages
sentaient si bon.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Petite clarification (Zuzanna Ginczanka)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2021



Illustration: Josephine Wall
    
Petite clarification

Je ne suis pas née
de la poussière
ni ne redeviendrai
poussière.
Je ne suis pas descendue
du ciel
ni ne retournerai au ciel.
Je suis moi-même le ciel
comme une voûte de verre.
Je suis moi-même la terre
comme la glèbe féconde,
Je n’ai fui
de nulle part
et ne retournerai
nulle part.
Hormis moi-même je ne connais d’autres lointains.
Dans le poumon gonflé du vent
et dans le calcaire des rochers
je dois
moi-même
ici
dispersée
me trouver.

***

Wyjaśnienie na marginesie

Zuzanna Ginczanka
Nie powstałam
z prochu,
nie obrócę się
w proch.
Nie zstąpiłam
z nieba
i nie wrócę do nieba.
Jestem sama niebem
tak jak szklisty strop.
Jestem sama ziemią
tak jak rodna gleba.
Nie uciekłam
znikąd
i nie wrócę
tam.
Oprócz samej siebie nie znam innej dali.
W wzdętem płucu wiatru
i w zwapnieniu skał
muszę
siebie
tutaj
rozproszoną
znaleźć.

(Zuzanna Ginczanka)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil:
Traduction: Traduit du polonais par Isabelle Macor
Editions:

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Nous restons figés parfois… (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2021




Illustration: Robert Doisneau
    
Nous restons figés parfois…

Nous restons figés parfois
au milieu d’une rue,
d’un mot
ou d’un baiser,
les yeux immobiles
comme deux longs verres d’eau solitaire,
la vie immobile
et les mains inertes entre un geste et celui qui aurait suivi,
comme si elles n’étaient plus nulle part.
Nos souvenirs alors sont d’un autre
dont à peine nous nous souvenons.

C’est comme si nous prêtions notre vie pour un temps,
sans l’assurance qu’elle nous sera rendue
et sans que personne nous l’ait demandée,
mais en sachant qu’elle sert alors
à quelque chose qui nous concerne plus que tout.

La mort n’est-elle un prêt, elle aussi,
au milieu d’une rue
d’un mot
ou d’un baiser ?

***

Nos quedamos a veces detenidos
en medio de una calle,
de una palabra
o de un beso,
con los ojos inmóviles
como dos largos vasos de agua solitaria,
con la vida inmóvil
y las manos quietas entre un gesto y el que hubiera seguido,
como si no estuvieran ya en ninguna parte.
Nuestros recuerdos son entonces de otro,
a quien apenas recordamos.

Es como si prestásemos la vida por un rato,
sin la seguridad de que nos va a ser devuelta
y sin que nadie nos la haya pedido,
pero sabiendo que es usada
para algo que nos concierne más que todo.

¿No será también la muerte un préstamo,
en medio de una calle,
de una palabra
o de un beso?

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Poésie verticale
Traduction: Traduit de l’espagnol (Argentine) par Roger Munier
Editions: Points

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HORAIRE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



 


    
HORAIRE

Le vent, dans les gares de province, fait un bruit semblable à celui que j’entendais enfant.

Ce vent ne ressemble à rien
de ce qui m’environne : la ville, des rues, des immeubles, images fugitives du vide.

Cependant, je m’arrête par instants pour mieux me souvenir de ce bruit qui a disparu.

Au loin, un bout de fleuve m’emmène de l’autre côté, où le vent souffle comme toujours.

Je sors de l’ombre pour marcher sur le quai que le soleil de l’après-midi rend insupportable, bien que je n’aille nulle part.

Le vent, parfois, se limite à dire que le terminus peut être une gare de passage.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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CHANSON DE L’ÉTRANGER (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021



Illustration : Pierre Faure
    

CHANSON DE L’ÉTRANGER

Je suis à la recherche
d’un homme que je ne connais pas,
qui jamais ne fut tant moi-même
que depuis que je le cherche.
A-t-il mes yeux, mes mains
et toutes ces pensées pareilles
aux épaves de ce temps ?
Saison des mille naufrages,
la mer cesse d’être la mer

devenue l’eau glacée des tombes.
Mais, plus loin, qui sait plus loin ?
Une fillette chante à reculons
et règne la nuit sur les arbres,
bergère au milieu des moutons.
Arrachez la soif au grain de sel
qu’aucune boisson ne désaltère.
Avec les pierres, un monde se ronge
d’être, comme moi, de nulle part.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Je est un autre Anthologie des plus beaux poèmes sur l’étranger en soi
Traduction:
Editions: Seghers

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SUBSTANCE FEMME (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020


 


Colette Deblé .-Venus-anonyme-Technique-mixte-1024x6921

 

SUBSTANCE FEMME
(sur des lavis de Colette Deblé)

je me désenfouis
je me dresse
je suis de nulle part
je prends toutes les formes du monde

j’apparais
j’accueille tous les souffles
je ne crains pas
les loups du couchant

je porte mon poids de nuit
pour retomber toute en pluie
je suis une haute gisante
dans l’entre-temps du paradis

je m’allonge sur le cosmos
tout au fond des mots
je perds la tête et un peu plus
je sais toutes les brûlures

oiseau du coeur à la renverse
je suis ravissement
blessure vive
ma sueur se dissipe aux rayons de lune

je viens te dire
la liqueur des anges
je viens te dire
l’infinité de mon tombeau

(Zéno Bianu)

Illustration: Colette Deblé

 

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Ne te refuse jamais au quotidien (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



ne marche
nulle part ailleurs
que sur terre
et ne te refuse
jamais
au quotidien

tu sais maintenant
que dedans et dehors
n’avaient pas à s’exclure

(Charles Juliet)

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