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Poésie

Posts Tagged ‘oasis’

Anachorète (Habiba Djahnine)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020




    
Anachorète

Hier j’ai regardé ses rides une à une
J’ai dévisagé les sillons de son âme
Pour dérouler le fil des ans
Qui ont tissé tant d’histoires sur sa peau.

Hier je me suis approchée de sa demeure
Frêle et éphémère
Gardant les traces de sa vie nomade
Terre meuble, qui se déplace avec ses pas.

Hier je me suis approchée de son oasis
Son dromadaire m’accueille larmoyant
Face à la dune, l’unique dune
Il veille sur les rides de l’ermite.

Il enfile ses poèmes un à un pour conter le désert
Il dit que les poèmes ne lui appartiennent pas
Les vents lui ont offert les vers
Et les tempêtes la mémoire pour les garder.

Maintenant c’est l’heure du thé
Le bois sec brûle
C’est le moment
De se souvenir du sens des vents
Les plus belles histoires
Sont celles où les êtres s’aiment dans le dénuement
Et les plus cruelles
Sont celles où les êtres se font la guerre dans l’opulence.

Hier j’ai regardé ses rides une à une
J’ai dévisagé les sillons de son âme
Pour dérouler le fil des ans
Qui ont tissé tant d’histoires sur sa peau.

(Habiba Djahnine)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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P’Oasis (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



P’Oasis

De nous naissent les pensées.
– Nous sommes les pensées arborescentes qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux.

Les mots sont nos esclaves.
– Nous sommes
– Nous sommes
– Nous sommes les lettres arborescentes qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux.

Nous n’avons pas d’esclaves. Sœur Anne, ma sœur Anne, que vois-tu venir vers Sainte-Anne ?
– Je vois les Pan C
– Je vois les crânes KG
– Je vois les mains DCD
– Je les M
– Je vois les pensées BC et les femmes ME
et les poumons qui en ont AC de l’RLO
poumons noyés des ponts NMI.
Mais la minute précédente est déjà trop AG.

– Nous sommes les arborescences qui fleurissent sur les déserts des jardins cérébraux.

(Robert Desnos)

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Les Mille-Iles (Louis-Honoré Fréchette)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



 

Adrian Chesterman   OC_c [1280x768]

Les Mille-Iles

Massifs harmonieux, édens des flots tranquilles,
D’oasis aux fleurs d’or innombrables réseaux,
Que la vague caresse et que les blonds roseaux
Encadrent du fouillis de leurs tiges mobiles.

Bosquets que l’onde berce au doux chant des oiseaux,
Des zéphirs et des nids pittoresques asiles,
Mystérieux et frais labyrinthe, Mille-Iles,
Chapelet d’émeraude égrené sur les eaux.

Quand la première fois je vis, sous vos ombrages,
Les magiques reflets de vos brillants mirages,
Un chaud soleil de juin dorait vos verts abris ;

D’enivrantes senteurs allaient des bois aux grèves ;
Et je crus entrevoir ce beau pays des rêves
Où la sylphide jongle avec les colibris.

(Louis-Honoré Fréchette)

Illustration: Adrian Chesterman 

 

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Oh nos corps (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2019




    

Oh nos corps – oasis dans ce désert
qu’on appelle l’âme

(Adonis)

 

Recueil: Toucher la lumière
Traduction: Anne Wade Minkowski
Editions: Imprimerie Nationale

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Une floraison de signes (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Une floraison de signes
nourris aux sources du silence
comme les oasis
aux sources du désert

Des signes de vie
comme des signes de silence
dans une lumière
d’inconnaissance

(Michel Camus)

 

 

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J’avais (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019



J’avais une terre au bout de ma peine
La mort l’a habitée

J’avais une coupe de mes chants pleine
L’étoile l’a renversée

J’avais une source au sein de la fontaine
La mer l’a ignorée

J’avais un soleil qui caressait la plaine
La nuit l’a dérobé

J’avais un fleuve pour lit pour ma reine
Le désert l’a ensorcelé

J’avais une oasis que je partageais avec la lune
L’ombre l’a brûlée

***

I had a land at the end of my sorrow
Death has inhabited it

I had a cup full of my songs
The star has overturned it

I had a spring at the heart of the fountain
The sea has ignored it

I had a sun which caressed the plain
The night has stolen it

I had a river as a bed for my queen
The desert has bewitched it

I had an oasis that I shared with the moon
The shade has burned it

(Tahar Bekri)


Illustration: Francine Van Hove

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YIN (Pierre-Bérenger Biscaye)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2018



YIN

Le quartz d’heure en heure
s’incarne et s’abolit dans une idée
d’oasis Soleil vertical mais
soumis à la source où reposent
les mots
Le sable par nappes
échappées des mains porteuses d’ombres
s’immobilise dans un éclair très bleu
et le désert me fait naître
jusqu’au mirage

(Pierre-Bérenger Biscaye)

Illustration: Caroline Duvivier

 

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La Chevelure (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



La Chevelure

Ô toison, moutonnant jusque sur l’encolure!
Ô boucles! Ô parfum chargé de nonchaloir!
Extase! Pour peupler ce soir l’alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l’air comme un mouchoir!

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique!
Comme d’autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour! nage sur ton parfum.

J’irai là-bas où l’arbre et l’homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l’ardeur des climats;
Fortes tresses, soyez la houle qui m’enlève!
Tu contiens, mer d’ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts:

Un port retentissant où mon âme peut boire
À grands flots le parfum, le son et la couleur
Où les vaisseaux, glissant dans l’or et dans la moire
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D’un ciel pur où frémit l’éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d’ivresse
Dans ce noir océan où l’autre est enfermé;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé!

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues
Vous me rendez l’azur du ciel immense et rond;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m’enivre ardemment des senteurs confondues
De l’huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps! toujours! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu’à mon désir tu ne sois jamais sourde!
N’es-tu pas l’oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir?

(Charles Baudelaire)

Illustration: Alena Klementeva

 

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Pourquoi j’écris ? (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018




    
Pourquoi j’écris ?
Pourquoi je sanglote au petit matin
Pourquoi soudain ce goût de chant du cygne
Cette écume verte accumulée dans la gorge

Mon coeur est absurde comme un masque dans la pluie
La frayeur l’assimile à la mer
Mon corps est une invasion de tambours dans le silence de la nuit

Pourquoi ces nuits comme une oasis pour sorcières
Pourquoi cette conjuration d’absences
Cet enlèvement de la fille du vent

Dans la nuit m’entoure une loge exterminatrice
je t’appelle et tu ne viens pas

Je t’aime et tu ne viens pas
Pourquoi tu es venu comme l’éclair
et tu m’as laissée seule dans le dévasté

Si tu écoutais mon bruit de cellule minuscule
peuplée d’agonisants
mon halètement d’asphyxiée

Si soudain tu me voyais à la lisière du réveil,
chanteuse médusée à la cime de son étonnement
Si tu me voyais attachée à ton visage

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Survivre sans répit (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018




    
Survivre sans répit
aux désirs,
Porter la soif plus loin
que l’oasis.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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