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Poésie

Posts Tagged ‘obligation’

Je bouge et ne veux pas bouger (Eleusis)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2018




    
Je bouge et ne veux pas bouger
Etre seulement dans le temps comme un objet
Comme cette table ou un crayon sur du papier

Etre dans l’arrêt sans année
Sans rire sans obligation sans pleurer
Soldat de plomb
Sans ligne de mire sans lignée

Juste le front
contre le temps.

(Eleusis)

 

Recueil: Le Front contre le temps
Traduction:
Editions: Cheyne

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Il m’est interdit de m’arrêter (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Alberto Giacometti
    
Il m’est interdit de m’arrêter pour voir. Comme si
j’étais condamné à voir en marchant. En parlant. À voir
ce dont je parle et à parler justement parce que je ne vois
pas. Donc à donner à voir ce que je ne vois pas, ce qu’il
m’est interdit de voir. Et que le langage en se déployant
heurte et découvre. La cécité signifie l’obligation d’in
verser les termes et de poser la marche, la parole, avant
le regard. Marcher dans la nuit, parler sous la rumeur,
pour que le rayon du jour naissant fuse et réplique à
mon pas, désigne la branche, et détache le fruit.

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pars à la recherche de terres inconnues (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2018



 Illustration: Robert Cattan
    
— Pars à la recherche de terres inconnues
aux couleurs et aux formes indéfinissables,
d’espace de silence
où chaque chant d’oiseau se distingue clairement,
d’un usage du Temps
où l’heure est protégée du gaspillage passif,
de corps intouchables
où le regard peut lire les désirs séquestrés,

Pars à la recherche d’une histoire sans magie
où le crépuscule est l’événement majeur,
d’une pensée féconde
où la parole sert à dire le réel,
de cette ère nouvelle
où l’invention est l’obligation première,
où la poésie retrouve enfin sa place ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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J’écris dans les interstices du Temps (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



J’écris dans les interstices du Temps.
Dans l’entre-deux
où l’objet et la parole se rencontrent ou seulement se croisent
– dans l’illusion de se confondre –
ou se devinent parallèles sans lien ni contact ?

J’écris dans un temps dérobé :
dérobé au Social, à la vie quotidienne – j’écris « à la dérobée » !
Le soir, après une journée de « travail », entre les « obligations » de la vie associative ou « professionnelle »,
sans disposer vraiment d’une « marge » pour ce « travail » et cette « obligation » :
écrire une parole poétique.
Devenir un individu. Devenir humain.

Écrire une « parole » – mieux :
casser l’écriture par l’irruption de la voix !
Comme un témoignage casse une « version » convenue d’un fait qui se donnait comme établi.
Écrire CONTRE – contre l’autorité de “l’écriture”
(au sens où elle se donne comme discours de pouvoir – sans discontinuer…)
et écrire pour la vérité, vers la vérité – vers la possibilité d’un « objet » à la parole…

Écrire une parole – pour laisser une trace
– une trace de qui s’évade sans fin –
ou sans recours. Dilapidée aussitôt :
la parole.

J’écris même quand la vie passe devant moi et que tout me manque (papier et stylo) pour écrire…
J’écris même quand je rêve soudain une parole intense et signifiante et que le réveil m’en prive.
J’écris même quand je traverse les épreuves de ma vie, de mes choix et que tout me manque (force et volonté)…
J’écris même lorsque l’Indicible impose à ma vue un horizon sans limites…

J’ÉCRIS DANS LES INTERSTICES DU TEMPS INVENTE PAR LA SOCIÉTÉ HUMAINE.
DANS L’ENTRE-DEUX OU L’OBJET EST ABSENT, ÉLOIGNE, INACCESSIBLE ET LA PAROLE ILLUSOIRE, INCERTAINE, INADÉQUATE
– ET OU POURTANT ILS SE RENCONTRENT, ICI ET MAINTENANT ou un jour prochain dans le cœur de l’autre –
qui est leur but et leur lieu, leur seuil imaginaire, transitoire mais voué à la seule chance d’une TRANSMISSION.

J’écris dans l’utopie de l’Être.

(Alain Suied)

Illustration: Misha Gordin

 

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Retouche à l’imagination (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



retouche à l’imagination

jours aussi fermés que livres d’ameublement
l’écrivain n’a plus que cuirs et dorures
où sont allées ses créatures
sans doute à des obligations de parlement

(Daniel Boulanger)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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Notre unique obligation morale (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



 

Notre unique obligation morale,
c’est de défricher en nous-même
de vastes clairières de paix
et de les étendre de proche en proche,
jusqu’à ce que cette paix irradie vers les autres.
Et plus il y a de paix dans les êtres,
plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition.

(Etty Hillesum)

 

 

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