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Poésie

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La terre est un pacage des étoiles (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
La terre est un pacage des étoiles
ou peut-être la zone d’opérations
d’un voleur invisible.
Quoi que nous fassions ou prenions,
c’est concurrence ou usurpation,
transgression d’un droit
qui nous surveille secrètement d’en haut,
violation d’un principe antérieur à nous.

Être est donc un vol.
Être, c’est être contre quelque chose,
contre une substance fuyante
qui occupe toujours les lieux où nous sommes
et filtre par le moindre interstice.
Être est quelque chose d’interdit
à quoi nous sommes néanmoins sinistrement obligés.
A moins qu’être ne consiste simplement
à aller dérober ailleurs,
là où le vol n’est pas un délit.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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Si seulement (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

Si seulement une trouée d’azur
la percée d’une étoile aguerrie
parlante
avant le rendez-vous obligé
du crépuscule
Comme il serait aisé
de nourrir
les chevaux de la raison
à même
la mangeoire des nuages

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: Tribulations d’un rêveur attitré
Traduction:
Editions: La Différence

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Absence (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018


 

Le métal fond pour se marier à l’air
et la consolation
abandonne un homme
caressant l’encolure
d’un cheval de labour
qui regarde
un horizon au froid plumage.
On voit un filet de fumée
une feuille qui s’envole
seul l’homme est obligé de sentir la durée.

(Jean Follain)

 

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Qui pleure donc ce soir (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018




Illustration: Jill Greenberg

    
— Qui pleure donc ce soir quand le jour épuisé
ne montre aucun regret à déserter le ciel ?
qui pleure quand la nature se donne au silence,
trop heureuse d’accueillir la voix de la nuit ?

Qui pleure ? l’enfant qui avait voulu croire
que jamais la lumière ne disparaîtrait,
qui se voit obligé de suspendre ses jeux,
d’affronter les monstres que l’aube effacera ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Mais… Il fait beau (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



 

Mais…
Il fait beau
Il y a dans l’air de ce matin
Comme une liberté.

On n’est pas obligé d’être heureux,
Mais on peut…

(Eugène Guillevic)

 

 

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Parle-moi d’un endroit (Sandra Lillo)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



Parle-moi d’un endroit où l’on n’entend pas

nos voix se donner au monde

où l’on ne baisse pas la tête

cette nuit avec une cigarette le bruit de vagues

des feuillages

avant d’être obligé de dormir

quand le jour est aussi loin qu’un autre pays

(Sandra Lillo)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Brad Kunkle

 

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