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Poésie

Posts Tagged ‘obliger’

LA LIBERTÉ (Jean Iglesis)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

LA LIBERTÉ

On m’a baptisé
Sans me demander mon avis.

On m’a mis à l’école
Sans me demander mon avis.

On m’a appris à utiliser l’argent
Sans me demander mon avis.

On m’a obligé à servir l’armée
Sans me demander mon avis.

On m’a obligé à travailler
Sans me demander mon avis.

Alors aujourd’hui, je souris
Quand on vient enfin me demander mon avis
Sur la liberté.

(Jean Iglesis)

Illustration

 

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On devrait écrire sur des bouts de papier (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Illustration
    
On devrait écrire
sur des bouts de papier
qu’on trouve par terre.
Ça obligerait à aller
à l’essentiel.

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Sur l’épaule de l’ange
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’aime longer la rive (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
j’aime longer la rive
accompagner les eaux lentes
du fleuve qui descendent
vers le sud et la lumière

désentravée la pensée
n’est plus ce tourment
qui lancine t’oblige
à la combattre
lui imposer silence

elle s’échappe erre
explore des gouffres
se perd en des lointains
jamais entrevus
te coupe de ce qui t’ancre
en ce lieu et ce temps
qui donnent ses repères
à ta vie

quand tu te retournes
le chemin a disparu
qui te relie
à toi-même

(Charles Juliet)

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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La question est de savoir (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018




    
Quand à moi, j’emploie un mot, déclara le Gros Coco d’un ton assez dédaigneux,
il veut dire exactement ce qu’il me plaît qu’il veuille dire…ni plus ni moins.

– La question est de savoir si vous pouvez obliger les mots
à vouloir dire des choses différentes.

– La question est de savoir qui sera le maître,
un point c’est tout.

***

‘When I use a word,’ Humpty Dumpty said, in rather a scornful tone,
‘it means just what I choose it to mean — neither more nor less.’

‘The question is,’ said Alice, ‘whether you can make words mean so many different things.’

‘The question is,’ said Humpty Dumpty, ‘which is to be master — that’s all.’

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions:

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Quelque chose nous appelle (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration: Odilon Redon
    
Quelque chose nous appelle, nous interpelle et peut être nous oblige.
Mais est ce bien la parole ?
Ce qui nous appelle ne nous requiert peut être qu’au silence,
à son silence, à son mutisme.

(Roger Munier)

 

Recueil: Terre sainte
Traduction:
Editions:

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L’INFINITIF DU BLEU (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
L’INFINITIF DU BLEU (extrait)

Cette longue errance n’aura donc été
qu’un rêve magnifique sous une étoile damnée,
et la cause perdue d’un exode sans fin,
une lune à cueillir sur un ciel trop distant
et pourtant,
l’âme naquit au soleil solitaire
de passagers sans lendemain qui vont, faits de mystère
et ne deviennent que par l’orage d’un secret ;
et pourtant la lumière éclaire un cheminement
incertain, mais il eût fallu monter plus haut
pour connaître enfin que la terre était loin,
et la route s’arrête là où le froid greffe
la plante fugace d’une erreur splendide
qui nous oblige à l’espoir d’encore espérer.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Chant de jeunesse (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Chant de jeunesse

Beau temps
Printemps
Vingt ans
Eh quoi le ciel est-il si vaste et si grande la terre
Que tant et tant d’immensité nous oblige à nous taire?

1
Vigueur! Vigueur! ô jeunesse
C’est jour de soleil et c’est jour de liesse
Devant nos pas c’est la vie
C’est jour de soleil et c’est jour de liesse
Nos coeurs jamais ne dévient
C’est jour de vigueur
C’est jour de chaleur
C’est jour de soleil et c’est jour de liesse

2
Un cri! un chant! Qu’on se lève
C’est nuit de désir et c’est nuit de rêve
C’est nuit de foi, nuit de noces
C’est nuit de désir et c’est nuit de rêve
O soif ardente et féroce
C’est nuit de l’amour
Avant le beau jour
C’est nuit de désir et c’est nuit de rêve

3
De nuit en jour, vol de plumes
Pour nous le soleil à son tour s’allume
Un cri lointain nous appelle
Pour nous le soleil à son tour s’allume
Adieu la nuit qui fut belle
Pour nous la vigueur
Pour nous le labeur
Pour nous le soleil à son tour s’allume!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Déjà je ne trouve plus ton visage… (Hélène Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Illustration: Edward Hopper
    
Déjà je ne trouve plus ton visage…

Déjà je ne trouve plus ton visage
Qui dérive sous l’épaisseur des jours
Et déjà ta voix m’arrive si basse
Que je ne sais plus écouter ton chant
Me faudra-t-il oublier ton image
Me perdre sans toi dans une autre nuit
Pour qu’au fond de l’ombre et de la souffrance
Naisse le printemps qui nous est promis.

Tu m’es revenu ce matin
Le soleil est sur la maison
Si je savais le retenir
Dans la corbeille d’un beau jour
Peut-être viendrais-tu parfois
Faire halte au milieu de ta nuit
Et dormir encore avec moi
Dans la paille de ses rayons.

Il y avait tant de silence
Tant de présence dans cette chambre
Toutes les lampes
Sur nos lèvres le même sourire
Que lorsqu’Elle est venue vers toi
Elle avait le visage du printemps.

Je sais que tu m’as inventée
Que je suis née de ton regard
Toi qui donnais lumière aux arbres
Mais depuis que tu m’as quittée
Pour un sommeil qui te dévore
Je m’applique à te redonner
Dans le nid tremblant de mes mains
Une part de jour assez douce
Pour t’obliger à vivre encore.

(Hélène Cadou)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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SOIENT AMOUR ET PSYCHÉ (Yves Bonnefoy)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017



Illustration:  Louis Jean Francois Lagrenée
    
SOIENT AMOUR ET PSYCHÉ

Ces mains qui se prenaient à elle dans la nuit,
Elle les ressentait sans nombre, ne cherchait
À leur donner figure. Il lui fallait
Ne pas savoir, désirant ne pas être.

Âme et corps, pour nouer vos doigts, unir vos lèvres,
Faut-il vraiment l’approbation des yeux ?
Peinent nos yeux, qu’oblige le langage
À déjouer sans répit trop de leurres !

Psyché avait aimé que ne pas voir,
Ce soit comme le feu quand il enveloppe
L’arbre d’ici des autres mondes de la foudre.

Eros, lui, désirait garder tout ce visage
Entre ses mains, il ne l’abandonnait
Qu’à grand regret aux caprices du jour.

(Yves Bonnefoy)

 

Recueil: L’heure présente
Editions: Mercure de France

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Comment, ô mort, avoir peur de toi ? (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2017



 

Hans Baldung Grien (7)

Comment, ô mort, avoir peur
de toi ? N’es-tu point ici avec moi, au travail ?
N’es-tu pas sur mes yeux, ne dis-tu pas
que tu ne sais rien, que tu es creuse,
inconsciente, pacifique ? Ne jouis-tu pas,
avec moi, de tout : gloire, solitude,
amour, jusqu’à la moelle ?
N’es-tu point là à supporter,
ô mort, debout ma vie ?
Ne suis-je pas l’enfant, ô aveugle,
qui te suit et te guide ? Ne répètes-tu pas
de ta bouche passive
ce que je veux que tu dises ? Ne supportes-tu pas
esclave, ma bonté qui t’oblige ?
Que verras-tu, que diras-tu, où iras-tu
sans moi ? Ne serai-je pas,
ô mort, ta mort, que toi, ô mort,
tu dois craindre, choyer, aimer ?

***

¿Cómo, muerte, tenerte
miedo? ¿No estás aquí conmigo, trabajando?
¿No te toco en mis ojos; no me dices
que no sabes de nada, que eres hueca,
inconsciente y pacífica? ¿No gozas,
conmigo, todo: gloria, soledad,
amor, hasta tus tuétanos?
¿No me estás aguantando,
muerte, de pie, la vida?
¿No te traigo y te llevo, ciega,
como tu lazarillo? ¿No repites
con tu boca pasiva
lo que quiero que digas? ¿No soportas,
esclava, la bondad con que te obligo?
¿Qué verás, qué dirás, adónde irás
sin mí? ¿No seré yo,
muerte, tu muerte, a quien tú, muerte,
debes temer, mimar, amar?

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Hans Baldung Grien

 

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