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Poésie

Posts Tagged ‘obole’

Cela s’efface (Véronique Joyaux)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



 

Brad Kunkle

Cela s’efface
Une parole un mot sur le papier
Cela ressemble au vent marin qui fane les herbes
Résister
Ecrire
En vain
On ne fait pas assez
De cela on est sûr
Que faudrait-il pour parvenir aux mots qui sauvent
Une ligne un rien une obole
pour laisser trace
Le papier absorbe l’encre
mais on écrit
A perte de vue la mémoire s’astreint
Frapper aux portes ouvrir les croisées
Offrir sa poitrine à l’orage
Dans le bruissement des feuilles
nous laisser conduire.

(Véronique Joyaux)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Brad Kunkle

 

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Compagne inconnue (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



Illustration: Ora Tamir
    
Compagne inconnue

Venait-elle à l’encontre
Ô ses mains plus hautes
Donatrices

Venait-elle
L’obole d’une lampe
Aux dicibles clartés

Amie
D’une promesse
Durable de vieillir
Témoigne
Nos mémoires
Iront côte à côte

(Béatrice Douvre)

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Tout pauvre (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



    

Tout pauvre à qui tu donnes toi-même,
Tu l’aimeras comme toi-même.
Donne joyeusement ton obole,
N’amasse pas de trésor à léguer ;
Hâte-toi joyeusement de préférer
La présence à la mémoire.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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Au fil des nuits (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018



Illustration: Takahiro Hara
    
Au fil des nuits brillez fêtes légères.
Beaux amants de visions et d’odeurs enivrés,
Que s’enchantent vos corps pleins de magies
Et puissent vos lits s’ouvrir îles fabuleuses
Aux dérives des désirs vers toute allégresse.
Dites : aurons-nous saisi votre ardente énigme
Nous qui mendions une obole de lumière?

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je désire toujours (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    
Je désire toujours

Avoir toujours gardé la candeur pour symbole,
Croire à tout sentiment noble et pur, et souffrir ;
Mendier un espoir comme un pauvre une obole,
Le recevoir parfois, et longtemps s’en nourrir !

Puis, lorsqu’on y croyait, dans ce monde frivole
Ne pas trouver un cœur qui se laisse attendrir !
Sans fixer le bonheur voir le temps qui s’envole ;
Voir la vie épuisée, et n’oser pas mourir !

Car mourir sans goûter une joie ineffable,
Sans que la vérité réalise la fable
De mes rêves d’amour, de mes vœux superflus,

Non ! je ne le puis pas ! non, mon cœur s’y refuse
Pourtant ne croyez pas, hélas ! que je m’abuse :
Je désire toujours… mais je n’espère plus !

(Louise Colet)

 

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Tant d’années (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Tant d’années,
et vraiment si maigre savoir,
coeur si défaillant?

Pas la plus fruste obole dont payer
le passeur, s’il approche?

– J’ai fait provision d’herbe et d’eau rapide,
je me suis gardé léger
pour que la barque enfonce moins

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Jean Clos

 

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Tout à la fin de la nuit (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2017



 

Tout à la fin de la nuit
quand ce souffle s’est élevé
une bougie d’abord
a défailli

Avant les premiers oiseaux
qui peut encore veiller?
Le vent le sait, qui traverse les fleuves

Cette flamme, ou larme inversée:
une obole pour le passeur

(Philippe Jaccottet)

 

 

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Sonnets du Passereau (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Sonnets du Passereau

I

Aimer un petit passereau est chose folle.
Il tournoie libre dans la longue cage bleue
à m’en oppresser la poitrine, tandis que
le peu de liberté d’aimer bientôt s’envole.

L’amour est-ce partage à deux? pécule? obole?
Une pressante, une rauque nécessité
de nous aimer au sein de l’amour se désole
à chaque baiser que bouche n’a pas donné.

Le petit oiseau descend à notre portée,
et dans cette chute soumise un vol s’ensuit,
et se poursuit sans ailes, comme pure absence,

romance qui dans la romance recommence.
Pour autant que passe l’amour ou qu’on le nie,
elle est chant (et non pas oiselle) son essence.

II

Des ailes qui battent? Rosé ouverte, la jupe
cisèle, dans son tournoiement, le corps léger.
Entre des muscles suaves, un joyau pur,
scintille à brève portée du regard, scellé.

Ce qui, lorsqu’à peine perçu, est évoqué
avec des mots tels que cambrésine ou duvet,
ce qui est feu subtil, sur la neige attisé,
galbe d’une cuisse atlantique sur la plage,

cela se résout-il en femme ou en oiseau?
Au visage ce même air grave ou éthéré,
cette indécise traînée de soleil couchant,

de fugue, que Ton retrouve au bec de l’oiseau.
Le reste, c’est guise humaine ou bien déshumaine,
au gré du penchant où m’incline ma méprise.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Fabienne Contat

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L’ANNEE (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2016



L’année était du temps des souvenirs,
Le mois était de la lune des roses,
Les cœurs étaient de ceux qu’un rien console.

Près de la mer, des chants doux à mourir.
Dans le crépuscule aux paupières closes ;
Et puis, que sais-je ? Tambourins, paroles.

Cris de danse qui ne devaient finir,
Touchant désir adolescent qui n’ose
Et meurt en finale de barcarolle.

— T’en souvient-il ? souvient-il. Souvenir ?
Au mois vague de la lune des roses.
Mais rien n’est resté de ce qui console.

Est-ce pour dormir, est-ce pour mourir
Que sur mes genoux ta tête repose
Avec la langueur de ses roses folles ?

L’ombre descend, la lune va mûrir.
La vie est riche de si douces choses,
Pleurs pour les yeux, rosée pour les corolles.

Oui, vivre est presque aussi doux que dormir.
Poisons tièdes pris à petites doses
Et poèmes pleins de charmants symboles.

O passé ! pourquoi fallut-il mourir ?
O présent ! pourquoi ces heures moroses,
Bouffon qui prends au sérieux ton rôle !

— L’année était du temps des souvenirs,
Le mois était de la lune des roses,
Les cœurs étaient de ceux qu’un rien console.

Mais tôt ou tard cela devait finir
De la très vieille fin de toutes choses
Et ce n’est ni triste, vraiment, ni drôle.

Des os vont jaunir d’abord, puis verdir
Dans le froid moisi des ténèbres closes,
— Fin des actes et fin des paraboles.

Et le reste ne vaut pas une obole.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Illustration: Caroline Duvivier

 

 

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Les yeux remplis d’appel (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2015



Que les regards
Jetés alors sur nous

Soient une obole
De l’espace apaisé,

Viennent rencontrer
Les yeux remplis d’appel.

(Guillevic)


Illustration

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