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Poésie

Posts Tagged ‘obscurcir’

Quelquefois la forêt (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019



 

    

Quelquefois la forêt,
comme un corps fragile,
te demande d’ouvrir
en grand ta fenêtre,

tu obéis, avec la
complicité du jardin,
tu lui dis d’approcher,
qu’elle peut compter

sur ta joie où vibrent
encore des oiseaux que
l’âge n’a pas obscurcis

et qui planent dans
ta mémoire comme
les grandes mains
d’un crépuscule
sans blessures.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu n’écris pas pour obscurcir ce qui est clair (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019




    
Tu n’écris pas pour obscurcir
ce qui est clair,
tu es venu de la source
cherchant la transparence.

Tu es venu de la rose
et de l’intérieur du bleu,
cherchant la voix des yeux
avec sa frise de nuit.

Ce qui bouge en toi, ce que
tu donnes,
est un rivage léger.

Ce qui appelle en toi, voix
du proche, enseigne et construit
des signes d’éternité.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ce qui appelle en toi (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018


nature-soleil-vert

Tu n’écris pas pour obscurcir
ce qui est clair,
tu es venu de la source
cherchant la transparence

Ce qui bouge en toi, ce que
tu donnes,
est un nuage léger.

Ce qui appelle en toi, voix
du proche, enseigne et construit
des signes d’éternité

(Lionel Ray)

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SOI (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



    

SOI

Qui suis-je, qui
Parle, fait de poussière,
Qui regarde, fait d’argile?

Qui entend
La pierre muette,
Et touche du doigt, de l’os,
L’eau fragile?

Qui pour la forêt respire le soir,
Voit pour la rose,
Et sait
Ce que l’oiseau chante?

Qui suis-je — qui craint pour le soleil
La diabolique obscurité,
Et tient en équilibre
L’atome et le chaos?

Qui, né du rien, a contemplé
Le visage aimé?

***

SELF

Who am I, who
Speaks from the dus!,
Who looks from the clay ?

Who bears
For the mute stone,
For fragile water feels
With finger and bone?

Who for the fores! breathes the evening,
Sees for the rose,
Who knows
What the bird sings?

Who am I, who for the sun fears
The demon dark,
In order bolds
Atom and chaos?

Who out of notbingness has gazed
On the beloved face?

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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Le tour du monde (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2018



Le tour du monde au-dessus des nuages
vaut-il un seul pas
que cerne, obscurcit, capture un ciel bas ?

ô trop facile clarté des voyages
dans le bleu sans fond

(Robert Mallet)

 

 

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Un souci d’amour (Fujiwara no Kintsune)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018


 


lune chambre

 

Un souci d’amour
Fait couler mes larmes
Qui m’obscurcissent le ciel.
A la lune qui pénètre dans ma chambre
Je ne trouve plus le même éclat.

(Fujiwara no Kintsune)

 

 

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Etes-vous venu à moi ? (Ariwara no Naribira)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



 

Ary Scheffer faust_and_marguerite_in_the_garden-large arc

Etes-vous venu à moi ?
Serais-je allée vers vous ?
Je ne me le rappelle plus.
Était-ce un rêve, ou la réalité ?
Étais-je endormie ou éveillée ?

Réponse de Naribira:

Dans les ténèbres
Qui obscurcissent nos coeurs
Nous avons erré.
Si c’est un rêve ou la réalité,
Cette nuit en décidera.

(Ariwara no Naribira)

Illustration: Ary Scheffer

 

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CONTRE TON SEIN… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Illustration
    
CONTRE TON SEIN…

Contre ton sein oublie un jour de me serrer,
Moi qui suis à toi tellement !. . .
Aussitôt les voleurs me viendront enlever
Et toi qui rêvais, l’air content,
Tu t’effondreras en pleurs sur ce canapé.
Songeant au fol orphelin si loin échappé.

Si à chaque instant tu ne me câlines pas,
Criant : être à toi quel bonheur ! …
A ton ombre voûtée un jour tu confieras :
Mе voilà seule avec ma peur.
Alors pour ton amour nul fil ne filera:
Un faux-fil aura fait pour toujours ton malheur.

Si tu ne m’étreins pas, si tu ne me dévores,
Mе battront les arbres, les eaux,
Les montagnes. C’est en enfant que je t’adore.
Comme lui je suis ton bourreau,
Et ce palais où tu te baignes dans l’aurore
Je viendrai l’obscurcir, ce sera mon tombeau…

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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PAR UN TEMPS TIÈDE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018




    
PAR UN TEMPS TIÈDE
Ouan-Tchan-Lin

Les jeunes filles, d’autrefois, sont assises dans le bosquet fleuri
et parlent bas entre elles.

« On prétend que nous sommes vieilles et que nos cheveux sont blancs ;
on dit aussi que notre visage n’est plus resplendissant comme la lune. »

« Qu’en savons-nous ? C’est peut-être une médisance ; on ne peut pas se voir soi-même. »

« Qui nous dit que l’hiver n’est pas de l’autre côté du miroir,
obscurcissant nos traits et couvrant de gelée blanche nos chevelures ? »

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Le Rouge-Gorge (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

Le Rouge-Gorge

Ne maudissez pas la vie parce qu’elle a des jours nébuleux et sombres :
l’homme passe plus vite encore que les nuages qui l’attristent.
Traversez par la pensée le voile qui vous cache les cieux,
et le soleil ne vous manquera pas.

Ne laissez pas de pâles brouillards obscurcir votre lampe,
et désarmez l’hiver par votre sérénité.
Quand la terre grelotte sous sa robe de givre,
et que la buse met en fuite tous les oiseaux,
ces frileux courtisans des beaux jours,
le petit rouge-gorge cherche à dédommager la nature de leur absence.

Oublieux des frimas, et bien loin souvent des granges hospitalières,
il sautille et chante dans la neige.

Soyez comme lui, poètes, et chantez dans les larmes :
votre cœur aura moins froid.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration

 

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