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Poésie

Posts Tagged ‘obscurcir’

Où trouver le passage (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018




    
Où trouver le passage, le regard
que rien n’obscurcit ?

Un poème perce la noirceur
du ciel où chavirent les heures silencieuses
accolées à nos vies.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

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La Vive Flamme d’amour (Saint Jean de la Croix)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
La Vive Flamme d’amour

I

Ô vive flamme d’amour,
Qui frappez délicatement
Le plus profond centre de mon âme,
Puisque vous ne m’êtes plus fâcheuse,
Achevez, s’il vous plaît, votre ouvrage ;
Rompez le voile de cette douce rencontre.

II

Ô cautère agréable !
Ô délicieuse plaie !
Ô main douce ! ô délicat attouchement !
Qui a le goût de la vie éternelle,
Qui paie toutes mes dettes !
En faisant mourir, vous avez changé la mort en la vie.

III

Ô flambeau de feu !
Dont les splendeurs
Éclairant les profondes cavernes
Du sens obscurci et aveuglé,
Dans ses excellences extraordinaires,
Donnent tout ensemble de la chaleur et de la lumière à son bien-aimé.

IV

Avec combien de douceur et d’amour
Vous éveillez-vous dans mon sein
Où vous demeurez seul en secret !
Dans votre douce aspiration,
Pleine de biens et de gloire,
Que vous m’enflammez agréablement de votre amour!

***

I

O llama de amor viva,
Que tiernamente hieres
De mi aima en et mas profundo centro :
Pues ya no eres esquiva,
Acaba ya, si quieres,
Rompe la tela deste dulce encuentro.

II

O cauterio suave !
O regalada plaga !
O mano blanda ! ô toque delicado !
Que à vida etema sabe,
Y toda deuda paga,
Malando, muerte en vida lo has trocado.

III

O lâmparas de fuego !
En cuyos resplandores
Las profundas cavernas del senlido,
Que estava escuro, y ciego,
Con estraños primores
Calor y luz dan junto à su querido.

IV

Quan manso y amoroso
Recuerdas en mi seno,
Donde secretamente solo moras,
Y en tu aspirar subroso,
De bien y gloria Ileno
Quan delicadamente me enamoras !

(Saint Jean de la Croix)

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/carmel/jeandelacroix/jeandelacroix07.htm#_Toc134005195

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Rien n’obscurcira la beauté de ce monde (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018




Rien n’obscurcira la beauté de ce monde
Les pleurs peuvent inonder toute la vision. La souffrance
Peut enfoncer ses griffes dans ma gorge. Le regret,
L’amertume, peuvent élever leurs murailles de cendre,
La lâcheté, la haine, peuvent étendre leur nuit,
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Nulle défaite ne m’a été épargnée. J’ai connu
Le goût amer de la séparation. Et l’oubli de l’ami
Et les veilles auprès du mourant. Et le retour
Vide, du cimetière. Et le terrible regard de l’épouse
Abandonnée. Et l’âme enténébrée de l’étranger,
Mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Ah ! On voulait me mettre à l’épreuve, détourner
Mes yeux d’ici-bas. On se demandait : « Résistera-t-il ? »
Ce qui m’était cher m’était arraché. Et des voiles
Sombres, recouvraient les jardins à mon approche
La femme aimée tournait de loin sa face aveugle
Mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Je savais qu’en dessous il y avait des contours tendres,
La charrue dans le champ comme un soleil levant,
Félicité, rivière glacée, qui au printemps
S’éveille et les voix. chantent dans le marbre
En haut des promontoires flotte le pavillon du vent
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Allons ! Il faut tenir bon. Car on veut nous tromper,
Si l’on se donne au désarroi on est perdu.
Chaque tristesse est là pour couvrir un miracle.

Un rideau que l’on baisse sur le jour éclatant,
Rappelle-toi les douces rencontres, les serments,
Car rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Il faudra jeter bas le masque de la douleur,
Et annoncer le temps de l’homme, la bonté,
Et les contrées du rire et la quiétude
Joyeux nous marcherons vers la dernière épreuve
Le front dans la clarté, libation de l’espoir,
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

(Ilarie Voronca)

Illustration: Gilbert Garcin

Emprunté chez Lara, merci pour la découverte ici

 

 

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La pluie obscurcit le jour (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




La pluie obscurcit le jour.
De furieux éclairs traversent les nuages en lambeaux,
et la forêt est comme un lion emprisonné
secouant sa crinière avec désespoir.
Un tel jour, au milieu des vents battant des ailes,
laisse-moi trouver l’apaisement en ta présence,
car le ciel affligé a empli d’ombre ma solitude,
rendant plus profond le sens de ton divin toucher sur mon coeur.

(Rabindranath Tagore)

Illustration

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Chang-e (Li Shang-yin)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018




    
Chang-e

Lueurs obscurcies des chandelles
près du paravent de mica
S’incline la Voie lactée
sombrent les astres avant l’aube
Vol du nectar immortel
éternel regret de Chang-e ?
Ciel d’azur mer d’émeraude
nuit après nuit ce coeur qui brûle

(Li Shang-yin)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Présence (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017




Illustration
    
Présence

TA présence me donne une heure de jeunesse,
Il semble que mon mal se ralentit, puis cesse,
Car c’est toi mon bonheur et c’est toi ma jeunesse !

O parfum de ta robe ! O fraîcheur de ton front !
Jamais les cruels temps futurs n’obscurciront
Cette douce clarté de tes yeux, de ton front !

Tu m’apportes ta voix, ta présence et ton rire,
Et je t’attends, je te contemple, et je t’admire.
En moi rayonne encor la splendeur de ton rire !

Sous le rayonnement solaire de tes yeux,
O jeune et belle autant que le furent les dieux !
Il me semble oublier mon coeur qui se fait vieux !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Le poète (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2016



Ernesto Arrisueño -birthoftherock [1280x768]

Le poète se glisse à travers les zones orageuses qui sinuent à travers les lignes de ses poèmes
où se creusent parfois ces brusques dépressions qui les obscurcissent un court laps de temps,
avant que l’accalmie n’entr’ouvre comme un coquillage le ciel

(Pierre Reverdy)

Illustration: Ernesto Arrisueño

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Si je chante c’est d’une voix sombrée (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2016



Si je chante c’est d’une voix sombrée :
aucun motif, aucun ornement qui doive ici sa beauté à la lumière,
mais chacun, tirant son eclat de la nuit
et son rayonnement de la tristesse, aggravera sa misère…

Tout ce qui dans vos chants console ici consternera,
tout ce qui illumine assombrira.
Comme la lune en passant devant le soleil l’obscurcit,
ma pensée en passant devant la vôtre l’éclipsera,
mon âme portera sur la vôtre une ombre donc elle ne guérira pas
et que le temps lui-même ne pourra pas effacer.

De même que le croissant noir aveugle et ne se peut contempler sans dommages,
quiconque assistera en ces pages à l’éclipse de la beauté en sera à jamais assombri,
quiconque contemplera en ces phrases la face maudite de la beauté en sera à jamais affecté.

(Lydie Dattas)

 

 

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Tout ce qui dans vos chants console (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2016



Tout ce qui dans vos chants console ici consternera,
tout ce qui illumine assombrira.
Comme la lune en passant devant le soleil l’obscurcit,
ma pensée en passant devant la vôtre l’éclipsera,
mon âme portera sur la vôtre une ombre
dont elle ne guérira pas et que le temps lui-même ne pourra effacer.

(Lydie Dattas)

 

 

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Le nuage (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2015


 

 

Il fut un temps où les ombres
A leur place véritable
N’obscurcissaient pas mes fables.
Mon coeur donnait sa lumière.

Mes yeux comprenaient la chaise de paille,
La table de bois,
Et mes mains ne rêvaient pas
Par la faute des dix doigts.

Ecoute-moi. Capitaine de mon enfance,
Faisons comme avant,
Montons à bord de ma première barque
Qui passait la mer quand j’avais dix ans.

Elle ne prend pas l’eau du songe
Et sent sûrement le goudron,
Ecoute, ce n’est plus que dans mes souvenirs
Que le bois est encor le bois, et le fer, dur,

Depuis longtemps, Capitaine,
Tout m’est nuage et j’en meurs.

(Jules Supervielle)

 

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