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Poésie

Posts Tagged ‘occident’

Je suis d’Auvergne (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2022




    
Je suis d’Auvergne

Je suis d’Auvergne et de France et du
monde, mais je sais bien que je suis d’autre
part. Un dit l’Europe, un autre l’Occident
et l’on agite une absurde oriflamme.

Moi, citoyen du chêne et de la rose
ou patriote au coeur des primevères,
j’habite aussi des étoiles lointaines,

en Utopie où j’ai mille demeures,
l’igloo, la case, et la mer et la plaine,
pampas, toundras et neiges éternelles
car je suis né dans chacun de mes mots.

(Robert Sabatier)

Recueil: La cour couleurs Anthologie de poèmes contre le racisme
Traduction:
Editions: Rue du monde

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Crépuscule (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2022




    
Crépuscule

Les ouvriers des champs rentrent de
faucher, il fait frais, les murs sont tièdes, les
poules viennent de se coucher.

Le jour lutte dans les arbres
avec la nuit;
un bruit d’ailes, un bruit de voix:
le ciel est rose à l’occident.

La nuit est presque déjà là,
mais la lune s’est levée;
les arbres s’agitent, l’étang est ridé,
la forêt est toute noire
comme une chaîne de montagnes.

Et les chauves-souris commencent à
tourner autour de la maison
comme des objets mécaniques
faits avec du vieux cuir et des ressorts d’acier.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Dernier amour (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2021




    
Dernier amour

Oh, que l’amour, au déclin de la vie,
Se fait plus tendre et sensible aux présages…
Brille, brille, lumière à l’agonie
Du dernier amour, du couchant de notre âge !

Le ciel est à demi recouvert par la nuit,
Seule erre une lueur là-bas vers l’occident,
Ralentis, ralentis, ô soir de notre vie,
Demeure, demeure encore, enchantement.

Le sang peut bien couler dans nos veines plus froid,
Dans nos coeurs brûle encore la tendresse…
Toi, le dernier amour, tu es à la fois
Suprême bonheur et suprême tristesse.

(Fiodor Tiouttchev)

Recueil: POÈMES
Traduction: traduit du russe par Sophie Benech
Editions: Interférences

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La Dame à la Faulx (Saint-Pol Roux)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2018



 

La Dame à la Faulx

Son front sur la cime
Ses pieds dans l’abîme
Dextre à l’orient
Sénestre à l’occident
La vagabonde marche…

(Saint-Pol Roux)

 

 

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QUATRE PEUPLIERS (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




QUATRE PEUPLIERS

Comme derrière elle-même va cette ligne
qui se poursuit dans les limites horizontales
et dans l’occident toujours fugitif
où elle se cherche se dissipe

– comme cette même ligne
par le regard levée
change toutes ses lettres
en une colonne diaphane
résolue en une non touchée
ni entendue ni vue mais pensée
fleur de voyelles et de consonnes

– comme cette ligne qui n’en finit pas de s’écrire
et avant de se consumer se redresse
sans cesser de s’écouler mais vers le haut :

les quatre peupliers.

Aspirés
par la hauteur vide et là en bas,
dans une flaque faite ciel, dupliquée,
les quatre sont un seul peuplier
et ils n’en sont aucun.

Derrière, frondaisons en flammes
qui s’éteignent – le soir à la dérive –
d’autres peupliers déjà haillons spectraux
interminablement ondulent
interminablement immobiles.

Le jaune glisse vers le rose,
la nuit dans le violet s’insinue.

Entre le ciel et l’eau
il y a une frange bleue et verte :
soleil et plantes aquatiques,
calligraphie ardente
écrite par le vent.
C’est un reflet suspendu dans un autre.

Passages : palpitations de l’instant.
Le monde perd corps,
il est une apparition, il est quatre peupliers,
quatre mélodies mauves.

De fragiles branches grimpent par les troncs.
Elles sont un peu de lumière avec un peu de vent.
Va-et-vient immobile. Avec les yeux
je les entends murmurer des paroles d’air.

Le silence s’en va avec le fleuve,
revient avec le ciel.

Réel est ce que je vois :
quatre peupliers sans poids
plantés sur un vertige.
Une fixité qui se précipite
vers le bas, vers le haut,
vers l’eau du ciel dormante
en un svelte effort sans dénouement
pendant que le monde lève l’ancre vers l’obscur.

Pulsation de clartés dernières :
quinze minutes assiégées
que Claude Monet voit d’une barque.

Dans l’eau s’abîme le ciel,
en elle-même l’eau fait naufrage,
le peuplier est un coup de feu bleu:
ce monde n’est pas solide.

Entre être et ne pas être titube l’herbe,
les éléments s’allègent,
les contours s’estompent,
moires, reflets, réverbérations,
scintillement de formes et présences,
brume d’images, éclipses,

nous sommes ce que je vois : miroitements.

(Octavio Paz)

Illustration: Claude Monet

 

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L’obéissance (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



 

Illustration: Edward Hopper
    
L’obéissance
To the dark lady

Encore une fois l’appel ancien se lève
dans le chant habituel de la guitare
et une solitude double nous amarre
nuit à nuit dans un bar, et je ne t’aime pas,

ceci n’est pas l’amour mais l’Éclaireur
avec ta peau, ta salive et cette griffe
qui nous déchire avec délicatesse
chaque fois qu’entre tes cuisses je me répands.

Deux corps en veille à voix basse se parlent
devant l’inébranlable sentinelle
du simulacre de cet amour gisant,

quelle servitude amère réconcilie
la ligne équinoxiale qui te modèle
avec ce pâle aura de l’occident.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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La chevelure (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017



La chevelure

La chevelure vol d’une flamme à l’extrême
Occident de désirs pour la tout déployer
Se pose (je dirais mourir un diadème)
Vers le front couronné son ancien foyer

Mais sans or soupirer que cette vie nue
L’ignition du feu toujours intérieur
Originellement la seule continue
Dans le joyau de l’oeil véridique ou rieur

Une nudité de héros tendre diffame
Celle qui ne mouvant astre ni feux au doigt
Rien qu’à simplifier avec gloire la femme
Accomplit par son chef fulgurante l’exploit

De semer de rubis le doute qu’elle écorche
Ainsi qu’une joyeuse et tutélaire torche.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Le Titien

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Ni orient ni occident (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



ni orient
ni occident
ni nord
ni sud
seulement le lieu où je me trouve

(Abbas Kiarostami)

Illustration: ArbreaPhotos

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Aux yeux des oiseaux (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



aux yeux des oiseaux
l’occident,
c’est où le soleil se couche
l’orient,
où il se lève,
point

(Abbas Kiarostami)

Illustration: ArbreaPhotos  

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La plus haute pensée humaine (Jean-Paul Richter)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017




La plus haute pensée humaine

Nous sommes à genoux ici, sur cette petite terre, devant l’Immensité,
devant le monde incommensurable qui est au- dessus de nous,
devant le cercle lumineux de l’Espace.

Élève ton esprit, et pense ce que je vois.

Tu entends le vent d’orage qui chasse les nuages autour de la terre

Mais tu n’entends pas le vent d’orage qui chasse les terres autour du soleil,
ni le plus grand qui souffle derrière les soleils, et les mène autour
d’un Tout caché qui gît dans l’abîme avec des flammes solaires.

Quitte la terre, monte dans l’éther vide: plane alors, et vois la terre
devenir une montagne flottante, et joue autour du soleil avec
six autres poussières de soleil;

Des montagnes voyageuses, que suivent des collines, passent devant toi,
et montent et descendent devant la lumière solaire.

Puis regarde, tout autour de toi, la voûte sphérique, parcourue d’éclairs,
lointaine, faite de soleils cristallisés, à travers les fentes de laquelle la nuit infinie regarde,
et dans la nuit est suspendue la voûte étincelante.

Tu peux voler durant des siècles sans atteindre le dernier soleil
et parvenir, au- delà, à la grande nuit.

Tu fermes les yeux, et te lances en pensée par- delà l’abîme
et par delà tout ce qui est visible

Et, lorsque tu les rouvres, de nouveaux torrents, dont les vagues lumineuses sont des soleils,
dont les gouttes sombres sont des terres, t’environnent, montent et descendent,
et de nouvelles séries de soleils sont face à face, à l’orient et à l’occident,
et la roue de feu d’une nouvelle Voie Lactée tourne dans le fleuve du Temps.

(Jean-Paul Richter)

 

 

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