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Posts Tagged ‘occulter’

Lobe (Patrick Le Divenah)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Pierre-Auguste Renoir    head-of-a-young-woman-

Blasons du corps féminin

Lobe

plus fin plus délicat plus petite merveille ?
rien ; mais il lui suffit d’une modeste place
si tendre on pourrait l’engloutir quand on l’embrasse
une goutte oblongue pour affiner l’oreille

et pourtant il a charge de lourds artifices
à moins que ne l’occulte cette boucle dont
la courbe l’assimile fragile à peine on
ose poser le doigt sur ce doux appendice

c’est peut-être de peur qu’on ne le tire qu’il
se dérobe soudain rebelle à toute emprise
puis au détour d’un geste il reparaît docile

celui-ce se découpe un autre se profile
vers la joue qu’il annonce et qui le suit conquise
pièces de collection pour quelque lobophile

(Patrick Le Divenah)

Illustration: ArbreaPhotos

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

 

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Célébrer (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
Célébrer ce qui n’existe pas.
Est-il un autre chemin pour célébrer ce qui existe?

Célébrer l’impossible.
Est-il une autre façon de célébrer le possible?

Célébrer le silence.
Est-il une autre manière de célébrer la parole?

Célébrer la solitude.
Est-il une autre voie pour célébrer l’amour?

Célébrer l’envers.
Est-il une autre forme de célébrer l’endroit?

Célébrer ce qui meurt.
Est-il un autre chemin pour célébrer la vie?

Le poème est toujours célébration
car il est toujours l’intensité
extrême d’un fragment du monde,
son épaulement de ferveur restituée,
sa poignée d’enthousiasme,
sa plus juste prononciation, la plus ferme,
comme si la voix avait soudain fleuri.

Le poème est toujours célébration
même si sur ses bords se reflète l’enfer,
même si le temps se crispe comme un organe blessé,
même si l’histrion funambulesque qui pousse les mots
disperse ses cabrioles et pirouettes.

Rien ne peut occulter l’infini.
Son geste est plus large que l’histoire,
son pas, plus long que la vie.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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On partira (Sabine Péglion)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017




    
On partira

On partira c’est sûr
apppuyés l’un à l’autre

parmi le cri des mouettes
délivrant la mer
les lueurs de l’aube
inclinant l’horizon
et ce sillage au loin
qu’il nous faudra franchir

On partira c’est sûr
appuyés l’un à l’autre

Mais que ta main encore
sur la mienne se pose

passerelle de vent
occultant l’abîme

en cette course
à l’infini des jours

qu’elle inscrive sur la berge
la caresse de l’instant
la profondeur des choses
la trace de nos pas

ce sillage fragile
minutes partagées
à la saveur du vivre

(Sabine Péglion)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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LES CONTRADICTIONS DU CORPS (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Gunther von Hagens

    

LES CONTRADICTIONS DU CORPS

Mon corps n’est pas mon corps, il est
d’un autre être l’illusion.
Il connaît l’art de me cacher
et il est tellement sagace
que moi-même il m’occulte à moi.

Mon corps, mais non pas mon agent,
mon enveloppe cachetée,
mon pistolet pour faire peur,
il est devenu mon geôlier,
il me sait mieux que je ne me sais.

Mon corps éteint le souvenir
qu’il me restait de mon esprit.
Il m’inocule son pathos,
m’attaque, me blesse et condamne
pour des crimes que n’ai commis.

Sa ruse la plus diabolique
consiste à se rendre malade.
Il me jette le poids des maux
qu’à chaque moment il ourdit
et il me passe en révulsion.

Mon corps inventa la douleur
afin de la rendre intérieure,
de l’incorporer à mon ld,
pour qu’elle offusquât la lumière
qui essayait de s’y répandre.

D’autres fois il se divertit
sans que je le sache ou le veuille,
et dans cette maligne joie,
dont sont imprégnées ses cellules,
il se moque de mon mutisme.

Mon corps ordonne que je sorte
quérir ce que je ne veux pas,
et il me nie, en s’affirmant
seigneur et maître de mon Moi
en chien servile transformé.

Mon plaisir le plus raffiné,
ce n’est moi qui vais le goûter.
C’est lui, à ma place, rapace,
et il tend des restes déjà
mâchés à ma faim absolue.

Si j’essaie de m’en éloigner
de m’abstraire, de l’ignorer,
il me revient avec le poids
entier de sa chair polluée,
son dégoût et son inconfort.

Avec mon corps il me faut rompre,
je veux l’affronter, l’accuser,
afin d’abolir mon essence,
mais il ne m’entend même pas
et s’en va par chemin contraire.

Déjà oppressé par son pouls
à l’inébranlable rigueur,
plus ne suis celui que j’étais:
dans une volupté voulue,
je sors danser avec mon corps.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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Quels sont ces chevaux invisibles (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2016



Quels sont ces chevaux invisibles
Qui nous tirent hors de la vie ?
Nous obligeant à partir
Là où nous sommes déjà si peu
Leur impatience fauche le soleil sur le mur

Occulte les chemins mémorables
Et comme une lame transparente
Happe les fleurs noires des pages
Toujours ils devancent le regard
Et cependant, n’attendent qu’un signe
Pour brouter tranquillement notre patience
Dans les vertes prairies de l’aube

(Heather Dohollau)

 

 

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Le lecteur (Wallace Stevens)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2016



Le lecteur

Toute la nuit j’ai lu un livre,
Ai lu comme dans un livre
Aux pages sombres.

C’était l’automne et des étoiles filantes
Occultaient les formes flétries
Tapies au clair de lune.

Aucune lampe ne brûlait pendant ma lecture,
Une voix marmonnait : » Toute chose
Retourne au froid.

Même le muscat musqué,
Les melons, les poires vermillon
Du jardin dépouillé. »

Les pages sombres étaient sans texte
Sinon la trace d’étoiles brûlant
Dans le ciel givré.

***
The reader

All night I sat reading a book,
Sat reading as if in a book
Of sombre pages.

It was autumn and falling stars
Covered the shrivelled forms
Crouched in the moonlight.

No lamp was burning as I read,
A voice was mumbling, » Everything
Falls back to coldness,

Even the musky muscadines,
The melons, the vermilion pears
Of the leafless garden. »

The sombre pages bore no print
Except the trace of burning stars
In the frosty heaven.

(Wallace Stevens)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration

 

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FLEUR D’ESPOIR (Liliane Codant)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2016



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FLEUR D’ESPOIR

Verte est la rose d’espérance
Où butine la liberté.
Elle occulte l’adversité
Pour subjuguer toute souffrance.

Son emblématique fragrance
S’exhale en puits de vérité ;
Verte est la rose d’espérance
Où butine la liberté.

Et sa mythique fulgurance
Lance un message d’unité
Sur l’océan d’éternité…
Perle d’amour, de tolérance,
Verte est la rose d’espérance.

(Liliane Codant)

 

 

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Déjanter l’inconnu (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2015


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Occuper les messages
occulter les passages
déjanter l’inconnu
habiter l’indescriptible

(Charles Dobzynski)

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