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Poésie

Posts Tagged ‘océan’

Une ligne de sable (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Une ligne de sable, un renflement de dune,
Une frange d’écume et de varech : la mer…
Le doux trait des sourcils sur ta paupière brune
Et l’obscure forêt au bord du front désert :
Ton visage éclairé du feu de deux prunelles,
Étoiles de ma nuit dont les flammes jumelles
Quand tu dors vont brûler sur un autre univers,
Atys, je confonds tout dans un unique songe :
Enfant qui me dévaste, océan qui me ronge.

(François Mauriac)

Illustration: Frédéric Bazille

 

 

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NAISSANCE D’UNE ALGUE (Roland Nadaus)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2019



 

algue bleue

NAISSANCE D’UNE ALGUE

L’Océan Doux
de ma mère
à minuit m’expulsa

C’était la nuit du lendemain
déjà
et déjà j’étais
rejeté par la mer

Il ne faisait pas jour
mais la nuit était claire:
dès le début je sus

– que j’allais mourir de ça –

(Roland Nadaus)

Illustration

 

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LES QUATRE ÉLÉMENTS (Roger Gilbert-Lecomte)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



 

LES QUATRE ÉLÉMENTS

Si je dis Feu mon corps est entouré de flammes
Je dis Eau l’Océan vient mourir à mes pieds

Vaisseau vide immergé dans un cristal solide
Creuse momie aux glaces prises et je dis Air

Terre et le naufragé prend racine et s’endort
Sous les feuilles au vent de l’arbre de son corps

De sa bouche le songe engendre un rameau d’or
De sa bouche terreuse expirant ses poumons
Retournés vers le ciel tonnante frondaison

Moisson rouge au soleil de minuit et de mort

(Roger Gilbert-Lecomte)

 

 

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Tout est morne … (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2019



Tout est morne. On a peur quand l’aube qui s’éveille
Fait une plaie au bas des cieux, rouge et vermeille ;
On a peur quand la bise épand son long frisson ;
On a peur quand on voit, vague, à fleur d’horizon,
Montrant dans l’étendue au crépuscule ouverte,

Son dos mystérieux d’or et de nacre verte,
Ramper le scarabée effroyable du soir ;
On a peur quand minuit sur les monts vient s’asseoir !
Pourtant, dans cette masse informe et frémissante,

Il semble par moments qu’on saisisse et qu’on sente
Comme un besoin d’hymen et de paix, émouvant
Toutes ces profondeurs de nuée et de vent ;
Tout cherche à se parler et tout cherche à s’entendre ;

La terre, à l’océan jetant un regard tendre,
Attire à son flanc vert ce sombre apprivoisé ;
Mais l’eau quitte le bord après l’avoir baisé,
Et retombe, et s’enfonce, et redevient tourmente.

Il n’est rien qui n’hésite et qui ne se démente ;
Le bien prête son voile au mal qui vient s’offrir ;
Hélas ! l’autre côté de savoir, c’est souffrir ;
Aube et soir, vie et deuil ont les mêmes racines ;

Le sort fait la recherche et l’angoisse voisines ;
D’où jaillit le regard on voit sortir le pleur ;
Et si l’oeil dit Lumière, il dit aussi Douleur.
Tout est morne ….

(Victor Hugo)

 Illustration

 

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MÉTAMORPHOSE (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



MÉTAMORPHOSE

Cette pierre sur la nue,
Dans cet air où tremble et ruse
Une clarté d’outre-mer,
Où se donne et se refuse
Entre l’ombre et la lumière
Un monde errant dans un rêve,
Cette ligne de montagnes
N’est plus au loin qu’une grève,
Une plage au bord du ciel.
En océan de vapeur
Se fond un songe de roche,
Arabesque reposée
De lignes que rien n’achève !

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: René Magritte

 

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CHEMIN DES RONCES (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2019



    
CHEMIN DES RONCES

I
Mon amour mon amour
je t’appelle sans répit
je te donne des noms inutiles
des noms sans magie
des noms qui n’éclatent pas
comme un mauvais fruit

Mon amour si mal appris
mon détour ma belle eau sale
mon corsage de l’été
déserté par le désir

Tout est toujours à renoncer
à partir d’une larme
le cri de l’oiseau
l’honneur du pain bis
le fruit qui séduit
le pli de la nappe

Et toi mon amour
mon oeillet de soufre
ma nuit qu’il faudrait refaire
pour donner une chance au soleil.

II
Cette larme si terrible
que j’ai serrée dans un mot
maintenant elle déclenche
tous les jeux de l’océan

Dieu connaît le sang des choses
il séduit le naufragé
avant que j’aie dérobé
cette mémoire frivole
il avait planté un cèdre
dans mon coeur pour le nouer

Regarde ce puits confident
cette larme si terrible
ce voile de Véronique
où j’ai préservé ton nom.

III
Poète des chaos
des amours fous des épines
d’un royaume sans pitié
d’un visage sans appel

Par le sacre de la mort
je retrouve l’innocence
je justifie la parole
j’en fais une eau amicale.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Mon océan (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019



Mon continent.
Mon océan
De continents.

(Guillevic)

Illustration: ArbreaPhotos

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Mon ventre est la force ultime (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019



 

Elena Kalis  underwtaer-photography-elena-kalis-3

Mon ventre est la force ultime
où j’oublie l’homme pour le dieu et l’unité pour la trinité
dans une nuit réminiscence unique de paradis
Et très haut fleuve confondit dans fleuve
Flux double vers le collectif océan pour la triomphale mort.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Elena Kalis

 

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Méditation (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



Illustration
    
Méditation

A chaque instant, toute ma pensée
Te célèbre,
Dans la solitude par-delà le monde,
Je Te fais fête,
Tu es là, m’ayant dépouillé de
ma vie, de ma mort.

Je ne trouve guère Tes rives
De même que je ne trouve rien de pareil
À cet amour que je porte en moi-même.
Tel le soleil parvenu au zénith,
Tout l’élan de mon coeur
Semblable à un oeil figé pour un instant
S’arrête en contemplation.

Regard insondable, immense, sans passions,
Ne connaît nulle limite :
Tu es pareil au ciel généreux,
Je ressemble à cet océan sans borne,
Où vient déferler parmi nous deux
La pleine lune béatifique.

De jour, de nuit, Tu es pacifique,
Tandis que je suis agité sans cesse,
Inassouvi, vagabond :
Plus je contemple, à chaque horizon,
Toi et moi, ne faisons qu’un.

***

Meditation

Ceaselessly with all my heart
I remember You,
In the solitude beyond the world
I accost You,
Having robbed me of my life and death
You are there.

I find you shoreless,
My love, too, is matchless
That I carry within myself.
My whole heart
Like the sun at the peak of rising
Keeps on gazing like an eye
Momentarily dead.

Unfathomable, endless, a vagabond vision
Admits no barrier.
As if you were this generous sky,
As if I were this shoreless ocean,
In the midst of it rejoices the moonbeam of joy.

You are ever serene night and day,
Restless I am relentless,
Agitated, irresistible :
As far as I perceive from ho rizon to horizon,
You and I are one.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Dialogue (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Dialogue

Le soleil du premier jour
Avait interrogé
L’émergence nouvelle de l’Être :
Qui donc es-tu ?
Point de réponse.

Années après années se sont écoulées,
Le dernier soleil du jour
Posa la dernière question
au bord de l’océan du couchant,
Par le soir muet :
Qui donc es-tu ?
Il n’y eut pas de réponse.

***

Dialogue

The sun of the first day
Had asked
At the new advent of the Being :
Who are you ?
No answer came.

Year after year passed.
The last sun of the day
Uttered the last question on the shore
of the Western sea,
By a mute evening :
Who are you ?
Received no answer.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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