Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘océan’

TABLEAU MÉTÉOROLOGIQUE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



TABLEAU MÉTÉOROLOGIQUE

L’océan d’octobre scintille froidement
avec la nageoire dorsale de ses chimères.

Il n’y a plus rien qui rappelle
le vertige blanc des régates.

Une lueur ambrée sur le village.
Et tous les bruits en fuite lente.

Les hiéroglyphes d’un aboiement ont été dessinés
dans l’air au-dessus du jardin

où un fruit jaune a rusé
avec l’arbre et s’est laissé tomber.

(Tomas Tranströmer)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PLANÈTES (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2022



PLANÈTES

Planètes, je secoue le tissu de la nuit
Entre mes mains qui passent par silence
Et vous tombez en fruits, en feuilles, en sable
Dans la bouche inlassable des ruisseaux.

Ici, où tout se joue près de l’arbre et de l’eau,
Sur cette étroite terre inscrite dans le verbe
A jamais au mot vert,
L’univers infini et ses océans d’astres
N’est que l’air qui commence aux branches du verger.

(Marc Alyn)

 

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les bateaux sont partis (Bernard Dimay)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022



sirene

 

Les bateaux sont partis, ce soir la mer est belle,
La vague vient vers moi comme un serpent brillant,
De grands oiseaux planant autour de moi s’appellent;
Dans le vent qui se lèv’ c’est ta voix que j’entends.
La vague vient rouler à mes pieds sur le sable,
La trace de mes pas s’efface peu à peu.
Ma tristesse aujourd’hui est inimaginable,
Avec cet océan qui bouge entre nous deux.

Les bateaux sont partis, ce soir la mer est calme,
Le vent qui vient des îles exhale doucement
Une plainte de harpe en jouant dans les palmes.
Je regarde la mer et c’est toi que j’entends.
J’attends que le soleil tout à l’heure apparaisse.
Que son premier rayon vienne effleurer ma peau,
L’heur’ des enchantements, l’heure de la détresse,
Et c’est toi que j’attends qui vas sortir des eaux.

(Bernard Dimay)

Illustration: Max Klinger

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Arsenal (Xavier Houssin)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2022


chuchotis

Je suis parti très tôt à la bibliothèque.

Les marches arrondies de l’escalier de pierre.
La main traînant la rampe.
Les portes silencieuses.

Pour fouiller dans les cendres.

Talc du temps
bois blond.
Opalines et fenêtres.

Et puis ce chuchotis
l’océan qu’on entend au fond des coquillages.

(Xavier Houssin)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Cauchemar (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022




Cauchemar

Dans l’immensité du monde,
Je suis perdue…
Mais voici que, sous la lune ronde,
Je t’ai aperçue…

Petite coquille de noix,
Ton pavillon s’élève
Sur l’océan de mes rêves :
Comme j’ai besoin de toi !

Petite coquille de noix,
Frêle esquif – pauvre toi –
Errant sur la mer de ma joie :
Je suis à l’écoute de ta voix…

Petite coquille de noix,
Donne-moi le cap :
De ton espoir, il faut que tu me nappes,
Sors-moi de la nuit noire…

Petite coquille de noix,
Merci, grâce à toi,
J’ai retrouvé ma voie…

(Mireille Gaglio)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dessein de quitter une dame (François de Malherbe)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022



Illustration:  Emile Eisman-Semenowsky
    
Dessein de quitter une dame qui ne le contentait que de promesse

Beauté, mon beau souci, de qui l’âme incertaine
A, comme l’océan, son flux et son reflux,
Pensez de vous résoudre à soulager ma peine,
Ou je me vais résoudre à ne la souffrir plus.

Vos yeux ont des appas que j’aime et que je prise.
Et qui peuvent beaucoup dessus ma liberté :
Mais pour me retenir, s’ils font cas de ma prise,
Il leur faut de l’amour autant que de beauté.

Quand je pense être au point que cela s’accomplisse
Quelque excuse toujours en empêche l’effet ;
C’est la toile sans fin de la femme d’Ulysse,
Dont l’ouvrage du soir au matin se défait.

Madame, avisez-y, vous perdez votre gloire
De me l’avoir promis et vous rire de moi.
S’il ne vous en souvient, vous manquez de mémoire
Et s’il vous en souvient, vous n’avez point de foi.

J’avais toujours fait compte, aimant chose si haute,
De ne m’en séparer qu’avecque le trépas
S’il arrive autrement ce sera votre faute,
De faire des serments et ne les tenir pas.

(François de Malherbe)

Recueil: Poèmes par coeur
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans le regard d’un enfant (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2022




    
Dans le regard d’un enfant

J’ai vu des continents
Des îles lointaines
De fabuleux océans
Des rives incertaines
Dans le regard d’un enfant

J’ai vu des châteaux
Des jardins à la française
Des bois des coteaux
De blancs rochers sous la falaise
Dans le regard d’un enfant

J’ai vu les Champs-Élysées
L’Arc de Triomphe la Tour Eiffel
Le Louvre et la Seine irisée
Comme un arc-en-ciel
Dans le regard d’un enfant

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

N’être que (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2022




    

N’être que

Je ne suis qu’hirondelle
Disait l’hirondelle

Non tu es vent
Souffle espace
Fouet superbe du mouvement

Je ne suis qu’océan
Disait l’océan

Non tu es vague
Dérive et croisière
En un champ de diamants bleus
Prête-moi ta houle
Pour chanter un air

Je ne suis qu’amour
Disait l’amour

Non tu es l’espoir
Et la douleur
Mêlés en l’effusion trouble
D’un bouquet rose et noir

Prête-moi ton coeur
Pour écrire ma vie
et l’hymne de ma souriante mort

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Noire comme la pupille (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2022



Illustration: Christian Schloe
    
Noire comme la pupille, comme la pupille
toi qui suces la lumière,
je t’aime, nuit vigilante.

Laisse ma voix te chanter,
toi l’aïeule des chants,
dont la main tient la bride des quatre vents.

Lorsque je t’appelle, que je te rends gloire,
je ne suis qu’un coquillage
où l’océan ne s’est pas encore tu.

Nuit, j’ai déjà trop regardé
dans la pupille de l’homme !
Réduis-moi en cendres, nuit, soleil noir !

(Marina Tsvétaïéva)

 

Recueil: Insomnie et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le secret (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022



Illustration: Jordan W Thatcher 
    
Le secret

Au plus profond de l’océan
Il y a un coquillage arc-en-ciel,
Il est toujours là, brillant le plus calmement
Sous les vagues des plus grosses tempêtes
Que les Grecs Anciens appelaient « ondes du rire. »
Comme vous l’entendez, le coquillage arc-en-ciel
Chante — au plus profond de l’océan.
Il est toujours là, chantant le plus silencieusement!

***

The Secret

In the profoundest ocean
There is a rainbow shell,
It is always there, shining most stilly
Under the greatest storm waves
That the old Greek called « ripples of laughter »
As you listen, the rainbow shell
Sings—in the profoundest ocean.
It is always there, singing most silenty!

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »