Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘odeur’

L’adieu (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022




J’ai cueilli ce brin de bruyère
L’automne est morte souviens-t’en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t’attends

(Guillaume Apollinaire)

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Il était un petit homme (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022




Il était un petit homme
tout habillé de gris
qui s’appelait l’automne
et revenait sans bruit
dans la nuit
semant devant lui
des feuilles jaunies
et des chansons de pluie …

J’aime l’automne j’aime l’automne
et ses souvenirs de jadis

L’odeur des tabliers
de la rentrée des classes
parfum du tissu neuf
et des cartables bruns
et des plumiers de cuir
et des marrons qu’on casse
Odeur de l’encre fraîche
sur les premiers bons points.

Visages inconnus
des nouveaux camarades
Mystère des cahiers
que l’on ouvre en tremblant
Et les jeudis d’octobre
aux courtes promenades
La nuit tombe trop tôt
pour les petis enfants…

Mais si on retrouve au fond d’une poche
un peu de sable de l’été
c’est bien que ce jour-là quand on est un gosse
que l’on apprend à regretter

Il était un petit homme
tout habillé de blanc
qui courait sur la plage
derrière un cerf-volant
palpitant
courait sous le ciel courait follement
après son âme d’enfant
qui s’envolait qui s’envolait
qui s’envolait
dans le vent…

(Francis Blanche)

Illustration

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Femme au livre (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022


lecture au jardin

Femme au livre

Des murmures descendent
sur ton livre ouvert
par une odeur de pomme.

Des lumières changeantes
cherchent dans l’arbre
son trésor de fruits,
de noms, et d’oiseaux.

Le jardin respire.
Le vent caresse
tes feuilles, ta robe.

L’oiseau mûr
s’élève dans l’air.
Les saisons préparent
l’automne des mots.

***

Woman reading

Murmurs fall
on your open book
through smells of apple.

Moving lights
search the tree
for its hoard of fruit,
and names, and birds.

The garden breathes.
The wind fingers
your leaves, your dress.

The birds when ripe
rise into the air.
The seasons prepare
the automn of the words.

(Michael Edwards)

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POÈME D’AMOUR (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Georges Jeanclos L'Extase  [800x600]

POÈME D’AMOUR

Je te ferai ce soir un poème d’amour
Où l’on verra ton ombre apparaître à la rime
Mes désirs rouleront ainsi que des tambours
Dans l’odeur du sommeil et des algues marines

Viens. Tu seras pour moi l’orbe éclatant du monde,
D’étendards déployés claquant dans tes regards
Sur tes cheveux au vent, noirs escadrons de l’ombre
La neige des baisers légère comme un cil

Tu es mon Amérique immense et familière,
Mon ciel extravasé. J’adore mon vautour
Grande femme bruissant de soies et de lumières
Je suis parti vers toi sans espoir de retour

Parmi l’adoration des fleurs et des abeilles,
Sur les étés stridents, sur l’automne incertain
Je te retrouve en moi plus vivante, et pareille
A ce que j’ai toujours espéré du destin
Ô mon pain quotidien, ma sereine merveille.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Georges Jeanclos

 

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Jardin d’été (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022




    
Jardin d’été

Je veux aller dans ce jardin,
dans cette roseraie nonpareille
Où l’on voit des clôtures la plus belle,

Où les statues gardent mémoire
de la jeune fille que j’étais
Et moi, je les revois sous l’eau de la Neva.

Dans ce lieu caché, plein d’odeurs,
sous les tilleuls princiers,
Je crois entendre craquer
les mâts des vaisseaux.

Comme autrefois le cygne
traverse les siècles,
En extase devant la beauté de son double.

Par centaines de milliers, des pas
Dorment d’un sommeil de mort,
pas d’ennemis et d’amis,
Pas d’amis et d’ennemis.

Finira-t-il jamais, le cortège des ombres
Qui va du vase de granit
jusqu’à la porte du palais?

Mes nuits blanches là-bas
se parlent, dans un murmure,
De quelqu’un qui savait aimer
secrètement, superbement.

Partout on voit briller la perle et le jaspe,
Mais un mystère dérobe
la source de la lumière.

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: L’HORIZON EST EN FEU Cinq poètes russes du XXè siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Caché bien caché (Pittau & Gervais)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2022



Illustration: Pittau & Gervais
    
Caché bien caché

Au fond de la garde-robe
Bien blotti dans le noir
Je me suis accroupi
Au milieu des manteaux et des jupes

Un petit rayon de lumière
Fait danser des grains de poussière
Et quand je souffle dessus
Ils s’agitent comme des mouches

Il fait calme dans la garde-robe
Dans l’odeur des tissus et du bois
Il fait silence et doucement
Le sommeil pose sa main sur moi

(Pittau & Gervais)

 

Recueil: Un dragon dans la tête
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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L’HUMEUR DU POEME (Jacques Taurand)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2022



L’HUMEUR DU POEME

On communie
au café du matin
La ville est sur ses jambes
Le temps monte dans mes veines

Au comptoir
l’humanité s’échange
un rêve de pastis
côtoie celui d’un petit blanc

C’est comme hier cet aujourd’hui
et son odeur de croissant
Paris court à ses rendez-vous
Le regard du ciel est dans les yeux des gens

Le macadam règle ses pas
sur ceux du cœur
La Seine accroche aux berges
son mouvant taffetas de souvenirs
Et moi je vais tranquille
suivant l’humeur de mon poème.

(Jacques Taurand)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Robert Doisneau

 

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Prendre corps (Ghérasim Luca)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2022



Prendre corps

Je te narine je te chevelure
je te hanche
tu me hantes
je te poitrine je buste ta poitrine puis te visage
je te corsage
tu m’odeur tu me vertige
tu glisses
je te cuisse je te caresse
je te frissonne tu m’enjambes
tu m’insupportable
je t’amazone
je te gorge je te ventre
je te jupe
je te jarretelle je te bas je te Bach
oui je te Bach pour clavecin sein et flûte

je te tremblante
tu me séduis tu m’absorbes
je te dispute
je te risque je te grimpe
tu me frôles
je te nage
mais toi tu me tourbillonnes
tu m’effleures tu me cernes
tu me chair cuir peau et morsure
tu me slip noir
tu me ballerines rouges
et quand tu ne haut-talon pas mes sens
tu les crocodiles
tu les phoques tu les fascines
tu me couvres
je te découvre je t’invente
parfois tu te livres

tu me lèvres humides
je te délivre je te délire
tu me délires et passionnes
je t’épaule je te vertèbre je te cheville
je te cils et pupilles
et si je n’omoplate pas avant mes poumons
même à distance tu m’aisselles
je te respire
jour et nuit je te respire
je te bouche
je te palais je te dents je te griffe
je te vulve je te paupières

je te haleine je t’aine

je te sang je te cou
je te mollets je te certitude
je te joues et te veines

je te mains
je te sueur
je te langue
je te nuque
je te navigue
je t’ombre je te corps et te fantôme
je te rétine dans mon souffle
tu t’iris

je t’écris
tu me penses

(Ghérasim Luca)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

 

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Premières journées de chaleur (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2022



Mark Berens 170194 [800x600]

Premières journées de chaleur.
Etouffant.
Toutes les bêtes sont sur le flanc.
Quand la journée décline,
la qualité étrange de l’air au-dessus de la ville.

Les bruits qui montent et s’y perdent comme des ballons.
Immobilité des arbres et des hommes.
Sur les terrasses, mauresques
qui devisent en attendant le soir.
Café qu’on grille et dont l’odeur monte aussi.

Heure tendre et désespérée.
Rien á embrasser.
Rien où se jeter à genoux,
éperdu de reconnaissance.

(Albert Camus)

Illustration: Mark Berens

 

 

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Déjà (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2022


maison_d_enfance

 

des bruits qu’on redécouvre
le soir de l’arrivée
une grille qui grince
le chien d’une ferme qui aboie
cette odeur de passé
– de vacances à la mer –
qu’on reçoit de plein fouet
la porte à peine poussée
(un journal étalé sur la table de la cuisine
du lait en train de bouillir
un tricot en arrêt)
et l’enfance à sa place
en haut de l’escalier
si on lève la tête

(François de Cornière)

Illustration

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