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Posts Tagged ‘(Odilon-Jean Périer)’

Comme parle et se tait une fille des hommes (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Illustration: Edmond Grandjean
    
Comme parle et se tait une fille des hommes

Comme parle et se tait une fille des hommes
Comme de grands secrets sont formés par son corps
Quel étrange plaisir, à cette heure où nous sommes
Aussi libres de tout que les esprits des morts,

Aussi légers, abandonnés, sûrs de nous-mêmes,
Aussi loin de la vie aux doux yeux égarés,
Bien sages, sans vouloir connaître qui nous aime,
Comme de beaux miroirs souriants et brisés.

J’écoute sommeiller cette rose nombreuse,
Lointaine, en son langage espérant un baiser…
– Mais je retiens mon souffle auprès de l’amoureuse.
Et me garderais bien de la désaltérer.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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Découverte de l’évidence (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: Emile Claus
    
Découverte de l’évidence

La vie est simple. Je dis
Que nous ignorons sa grâce,
Masque transparent, visage
Ridicule, tu souris.

Toi, frère des champs, merci :
La vie est à ton image.
Parle donc, pour être un sage.
Soyons plus forts que l’ennui.

J’enferme les vieilles Muses,
Car ces filles ont des ruses
Terribles et sans beauté.

Vite en cage ! – Moi, j’existe
Et je vois avec fierté
Qu’on ne saurait être triste

Aux jardins que j’ai plantés.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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Art poétique (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration
    
Art poétique

Je fis ce masque pour mes frères
Avec l’or que j’avais volé
(Dieu des chanteurs, ami sévère)
A ma vieille sincérité.

Que leurs dédains m’ont réjoui !

– Toute ma vie agenouillée.
Un dieu s’y est épanoui
Comme une rivière emportée.

On peut revivre ! On peut se taire…

Ô éternité sans recours
Selon ta flamme solitaire
Ma lyre a dit ce mot d’amour.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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Écoutez-moi si vous m’aimez (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: René Baumer

    

Écoutez-moi si vous m’aimez

Écoutez-moi si vous m’aimez :
Je suis sauvé lorsque je chante ;
Et toi, surtout, que j’ai formé
De ma plus douce voix vivante :
Tes beaux cheveux bien éclairés
Comme le feu dans la poussière
Te font pareil aux oliviers,
Tes mains connaissent un mystère
Dont il reste de l’or aux doigts…
Si tu es dieu, révèle-toi.

– Garde ton sang, bouche mordue,
J’y vois la trace de ton coeur :
Sur la voie que tu as perdue
Je t’ai suivi comme un chasseur.

Es-tu cette étoile sauvage ?
Je te salue, ô visiteur,
Dans la lumière et la douleur,
Visage doux comme une plage
Usée, habituée aux vagues…
Tu es l’amour aux mains profondes :
Partageons ce pain et ce sel…

– Salut, dans le milieu du monde,
Salut à mon ami mortel.

Puis-je mourir, quelle folie !
N’entends-tu pas ma poésie
Et ce coeur battre, ô bouche d’or ?
Je suis le berger de ces ombres
Et le principe de ces choses
Ayant fait oeuvre de mon corps
Je suis vainqueur, il se repose,
Et je retourne à mes trésors.

– Homme enfermé, l’orgueil t’égare
Libre et vivant, – devant un mur.
Accorde-moi ce corps avare,
Ne sois, enfin, qu’un esprit pur.

Amour, ce serait par faiblesse…

– Mais, par faiblesse, sois heureux.

Laisse ces ruses sans noblesse
J’ai vu la flamme dans tes yeux…
Alors, il me prend par la tête,
Porte la nuit dans mes fénêtres,
Porte sur moi son souffle ardent,
Par les genoux brise ma force
Et, comme un cheval qui s’emporte,
Jette ses cheveux dans le vent…

– Je suis seul. Je serre les dents.

Plus tard, un soir comme les autres,
La poésie monte et se pose,
L’eau merveilleuse monte en moi,
Le dieu se pose dans ma chambre,
Tout est changé, c’est que je chante :
Amour, entendez-vous ma voix ?
Mais le Démon n’écoute pas,
Il pleure dans ses mains profondes…

– Les poètes sont seuls au monde.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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Grande bête dorée, Amour couleur de femme (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Grande bête dorée, Amour couleur de femme

Grande bête dorée, Amour couleur de femme
Les bras ouverts, debout au milieu du chemin
Que faites-vous de moi dans cette blanche flamme ?
Soutiendrais-je longtemps son éclat inhumain ?

Laissez donc ma sagesse étendre un peu ses ailes,
Passer ce bel oiseau sur mes livres déserts ;
Laissez aller mon chant à des amis fidèles
Et battre ce coeur dur quand je forme un beau vers.

Je retrouve partout votre force pliante
Vos longues mains, partout vos mains toutes-puissantes,
Ces délices sur moi sans que j’ouvre les yeux

Hélas ! et ce plaisir où le corps se dénoue,
– Comme un soldat fuyard s’empêtre dans la boue
Tombe parmi les morts et se perd avec eux.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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Guérison (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: Theodore Chassériau
    
Guérison

Le gazon nourri des vertes banlieues,
Ma forêt d’amour aux chemins vernis,
Sont tout pénétrés d’une pâte bleue
– D’un azur solide où planter des nids.

Fuyons les pays que leur gloire encombre
(Quel désert superbe on ferait ici)
Nous irons au bois fouler le décombre
De tout ce laurier cher à mes amis

Il faut mettre au vert notre poétique.
Ne te grise plus de métaphysique,
Laisse épanouir ton corps triomphant.

Tout s’arrangera si tu es bien ivre !
Muse des taillis qui ris de mes livres,
Allons dans les bois te faire un enfant.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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Amour, je ne viens pas dénouer vos cheveux (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

Illustration: Alex Alemany
    
Amour, je ne viens pas dénouer vos cheveux

Amour, je ne viens pas dénouer vos cheveux.
Déserte, toute armée, inutile étrangère,
Je vous laisse debout dans un peu de lumière
Et je garde ce corps pur et mystérieux.

Mais pardonnerez-vous ce merveilleux ouvrage ?
Vous perdez un trésor à suivre mon conseil.
– Comme une eau solitaire où descend le soleil
Renonce pour tant d’or aux plus beaux paysages,

Ainsi les mouvements, les ruses de la vie,
Ces faiblesses, ces jeux, cette douce agonie,
Vous n’en connaîtrez pas le redoutable prix.

Toute pure à jamais mais toute prisonnière,
Vous resterez debout comme un peu de lumière,
Sans vivre, sans mourir, dans les vers que j’écris.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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Allusion aux poètes (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

Illustration: Nicole Clouin
    
Allusion aux poètes

Désireux de tenir l’été dans ma demeure
je tue un lièvre gras et l’emporte au cellier.
Le goût de la saison s’y cache tout entier
avec l’odeur de l’herbe et ses voix les meilleures.

Sans doute, ce trésor sera bientôt pillé
et comme des raisins les mouches violentes
naîtront dans sa fourrure aujourd’hui rayonnante.
– Mais c’est une leçon qu’on ne peut oublier.

Car, mon ami, si tu implores les poètes,
ils vont te révéler de dangereuses fêtes :
puisant dans leur mémoire une vive beauté,

ils composent des vers où brille la souffrance
et montrent, orgueilleux de leur grande opulence,
quelque poème lourd comme un lièvre tué.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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A la limite de la lumière et de l’ombre (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



 

 

A la limite de la lumière et de l’ombre
Je remue un trésor plus fuyant que le sable
Je cherche ma chanson parmi les bruits du monde
Je cherche mon amour au milieu des miracles

Un poème commence où la voix s’est brisée
Et je fais mon bonheur en dénouant tes mains
Quand nous nous rencontrons au bord d’une journée
Nouvelle, au bord de l’aube où le ciel nous rejoint

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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Les pieds nus de ma poésie (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2016




Les pieds nus de ma poésie
Ont peu de poids
Cherche la trace de ses pas
Sur cette eau tranquille
Comme un visage éclairé

Toute puissance agenouillée
Chanson matinale

Il brille
Une étoile toute nouvelle
Et la chanson la plus belle
Est celle que j’ai chantée
Pour accepter ces minutes
Où mon bonheur se décide

Où toute chose s’arrête

A la merci d’un beau vers

(Odilon-Jean Périer)

Illustration: Herbert James Draper

 

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