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Poésie

Posts Tagged ‘oeil’

Parfois tout paraît si simple (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020




Parfois tout paraît
si simple à l’oeil
qui s’est désencombré

(Charles Juliet)


Illustration: Suzanne Boland Van De Weghe

 

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Regard (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



un regard
toujours plus
avide

le corps
entier
devient
oeil

sphère
captant
les sphères

happé

embrasé

consumant
centre
cercle

n’étant
qu’espace

les yeux
brûlés
par la vision

(Charles Juliet)

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Instants inoubliables (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



instants inoubliables
que ceux où un oeil
plonge en lui-même
rejette ses brumes
saisit en un éclair
la totalité
de ce qu’il est

(Charles Juliet)

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L’éternité est là (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020


 

L’éternité est là,
Un seul instant l’instaure.
L’instant où tu adviens
Et ouvres l’oeil et vois
Qu’avant de t’effacer
Rien ne sera su par toi

Mais que tu vois, et loue…

(François Cheng)

 

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Le chat nouveau-né abandonné là (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2020




    
Le chat nouveau-né abandonné là
Dans le fourré, corps informe, concentré
De soif, de faim, de frayeur, de crève-cœur,
Minuscule œil fixant, hagard, l’Énorme…

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chant (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



 

Chant

la beauté est un coquillage
de la mer
où elle règne triomphante
jusqu’à ce que l’amour la réduise à merci

pétoncles et
pattes de lion
sculptées sur la
musique des vagues en déroute

accents impérissables
répétés jusqu’à ce qu’
oeil et oreille se couchent
ensemble dans le même lit

***

Song

beauty is a shell
from the sea
where she rufes triumphant
till fove has had its way with her

scallops and
lion’s paws
sculptured to the
tune of retreating waves

undying accents
repeated till
the ear and the eye lie
down together in the same bed

(William Carlos Williams)

 

 

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Jean Ruet aussi est mort (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



Illustration
    
… Jean Ruet aussi est mort ;
Il avait vingt-quatre ans ;
C’était un gars de Saint-Ay
Dans les vignes, sur la Loire.
Jean Ruet a été tué !
Qui donc aurait pu croire
Que celui-là mourrait ?
Il était si vivant
Que c’était grand plaisir
De voir ce garçon-là,
Son nez humant l’espace,
Ses fins sourcils farceurs
Ses gestes de danseur,
Et d’entendre son rire !
Son œil, quand il lisait
La guerre dans les journaux,
Était l’œil de Panurge
Écoutant Dindenault.
Et la belle santé
Excluant la rancune,
Nos grands chefs militaires
Excitaient sa gaîté.
Il est mort un matin
Qu’il pliait son grand corps
Pour saisir aux épaules
Un mort dans un boyau.
Un obus est tombé
Au bord du parapet
Et sa gerbe a criblé
Notre gentil Jean Ruet.
Sur le brancard j’ai vu
Son corps blanc et splendide :
La mort n’avait pas pu
Abîmer sa poitrine.
Hélas ! j’ai vu ses traits
S’amincir et se fondre
Pendant qu’il répétait
L’adresse de sa mère.
Nous l’avons enterré
Dans un bas-fond d’Argonne ;
J’ai vu trois jours après
L’eau qui couvrait la place.
[…]

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’étendue grise (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



Illustration: Gilbert Garcin
    

l’étendue grise
Par la mort du plus pur
Toute joie est invalidée
La poitrine est comme évidée,
Et l’œil en tout connaît l’obscur.

Il faut quelques secondes
Pour effacer un monde.

Disparue la croyance
Qui permet d’édifier
D’être et de sanctifier,
Nous habitons l’absence.

Puis la vue disparaît
Des êtres les plus proches.

(Michel Houellebecq)

 

Recueil: Configuration du dernier rivage
Traduction:
Editions: Flammarion

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MARINE (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



MARINE

L’océan sonore
Palpite sous l’oeil
De la lune en deuil
Et palpite encore,

Tandis qu’un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D’un long zigzag clair,

Et que chaque lame,
En bonds convulsifs
Parmi les récifs,
Va, vient, luit et clame,

Et qu’au firmament,
Où l’ouragan erre
Rugit le tonnerre
Formidablement.

(Paul Verlaine)

Illustration

 

 

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La Poésie (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



La Poésie

Un oiseau migrateur
Me rongera le coeur
Comme un oiseau de proie
Vorace de ma joie.

De son aile mobile
Il fend le ciel d’acier
Dans lequel s’indélébile
Son oeil froid de glacier.

Simple point dans l’azur
Il est la poésie
A la source saisie
Dans son chant le plus pur.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Jean Delville

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