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Poésie

Posts Tagged ‘oeil’

GLOSE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



GLOSE

Regarde d’un oeil savant
Le coeur ivre
D’amour.
Immuable est la nature.
L’amour renaît
Avec le feu de l’été,
Les diamants
De l’hiver.
Métempsychose,
Métamorphose,
Et tutti quanti.
Au revoir
Ou bien adieu.
Regarde d’un oeil savant.
Et si tu n’as
A qui parler,
Eh bien, écris.

(George Bacovia)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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Le chat c’est un pèlerin (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019




    
le chat c’est un pèlerin
qui explore à l’infini
des espaces sans mesure
où nous n’avons pas accès

les contrées imaginables
ne sont pour son oeil vivant
que domaines sans surprise
il voit d’autres univers

où la lumière caresse
des ombres furtives toujours
et les matins renouvellent
un monde habité sans cesse
de miracles dorés

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Autres séjours
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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Secret de ton regard (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration: Vito Russotto
    
Secret de ton regard, ô souple
Source, enveloppe de soie
De ton regard dans l’eau des rêves
Goutte, cristal et la buée
De ta pudeur à l’aiguille d’ombre
Fouillant l’envers de ton visage

Secret de clairière, opaline
À luire à la lune et l’iris
À pointes de feu, l’ouverture
Du néant où je viens nager

Quand je plonge au puits de ton œil
Au centre, regard en miroir
D’un songe à jamais sans sommeil
Dans la nuit originelle

Secret de ta gloire enfouie
Dans la terre légère des morts
Si je la rejoins sous ton règne
Bénéfique ô fée
Morgane
Et l’empire enfin des sorts
A refermé les ravines
La nuit dans ses plis de suie

(Jacques Chessex)

 

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On a tendance à croire (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2019



Illustration
    
On a tendance à croire que tout est là
pour n’être vu que par nous

comme si notre regard
était le seul critère de la réalité.

Mais l’homme et son regard se dissolvent
et tout continue à être là.

Et dans quel but ?
Pour être vu par qui ?

Il se peut que tout soit là
pour montrer qu’il n’est pas nécessaire
que quelque chose soit vu pour exister.

Voir est peut-être un épisode,
une autre chose qui se tient là.

Pourtant, on ne peut pas s’empêcher de sentir
que quelque chose qui rappelle le regard
soutient, comme l’oeil les paupières,
cet autre épisode qu’on appelle réalité.

***

Solemos creer que todo está allí
sólo para ser visto por nosotros
como si nuestra mirada
fuera el único criterio de realidad.

Pero el hombre y su mirada se disuelven
y todo sigue estando allí.

¿Ypara qué?
Para que lo yea quién?

Tal vez todo está allí
para mostrar que no es preciso
que nadie yea algo para que exista.

Ver es quizás un episodio,
otra cosa que está allí.

Sin embargo, no podemos dejar de sentir
que debe haber algo parecido a la mirada
sosteniendo, como el ojo a los párpados ,
ese otro episodio que llamamos realidad.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Nous allons par un défilé (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019




    
Nous allons par un défilé
qui se resserre peu à peu.
Nul ne sait s’il sortira.
Nul ne sait s’il avance ou recule
Nul ne sait si l’ombre est au bout ou la lumière.

Cette marche secrète nous confirme
Qu’entre l’oeil et son objet
s’interpose une pellicule obscure :
un filtre fait d’ombre
qui isole le regard pour toujours.

Regarder est un geste en dedans,
non en dehors.

***

Vamos por un desfiladero
que se estrecha poco a poco.
Nadie sabe si saldrá.
Nadie sabe si avanza o retrocede.
Nadie sabe si al final esta la sombra o la luz.

Esta marcha sigilosa nos confirma
que entre el ojo y su objeto
se interpone una oscura película,
un filtro hecho de sombra
que aisla para siempre la mirada.

Mirar es un gesto hacia adentro,
no hacia afuera.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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L’oeil de la solitude (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019



Illustration: Odilon Redon
    
L’oeil de la solitude
surveille l’amour.

L’amour ne devrait pas être surveillé
mais quelquefois il dévaste ce qu’il aime,
ravage ce qu’il n’aime pas
ou se détruit lui-même.

L’amour a toujours été un danger pour l’homme,
peut-être aussi pour les dieux.
L’amour a besoin de surveillance.
Même la fleur a besoin de surveillance.

Et seule l’inébranlable solitude
qui s’enracine en nous comme une dure vigie
peut nous sauver de ces furies
tandis qu’elle veille sur ses abîmes.

D’ailleurs cet oeil de solitude concentrée
n’est-il pas aussi une autre sorte d’amour,
sa manière la plus réservée et juste ?

***

El ojo de la soledad
vigila al amor.

El amor no debería ser vigilado,
pero a veces devasta lo que ama,
asuela lo que no ama
o se destruye a sí mismo.

El amor siempre ha sido un peligro para el hombre,
quizá también para los dioses.
El amor necesita vigilancia.
Hasta la flor necesita vigilancia.

Y sólo la soledad inquebrantable
que se afinca en nosotros como un duro vigía
puede salvarnos de esas furias
mientras custodia sus abismos.

Además ese ojo de concentrada soledad
¿no es también otra especie de amor,
su forma mas recatada y cierta?

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Qu’est-ce qui se cache derrière les couleurs ? (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
Qu’est-ce qui se cache derrière les couleurs ?
Est-ce l’absence de la couleur et de la lumière ?
Ou peut-être une autre couleur inconnue ?
Ou simplement
un commencement des choses que nous ne savons pas ?

Car toute couleur dissimule quelque chose,
le revêt d’un jeu pour l’oeil,
d’une chanson qui ne se chante pas,
d’une consolation dans les ombres.

Mais s’il existe une autre couleur de fond,
y aura-t-il aussi un oeil qui la voie ?
Ou derrière les couleurs n’y a-t-il rien d’autre qu’un oeil
qui nous regarde à travers elles ?

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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Je suis l’oeil d’un corps inconnu (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019




    
Je suis l’oeil d’un corps inconnu qui s’ouvre dans mon être,
mais c’est ailleurs que les images sont vraiment vues.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Si tu veux voir la vie du bon côté (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019




    
Si tu veux voir la vie du bon côté,
ferme un oeil.

***

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

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AUTOMNE (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2019



Illustration: Maurice de Vlaminck
    
AUTOMNE

Un reflet du couchant grossit en colline,
Œil où le regard est sang.

A l’automne,
La pomme du monde est humide et ronde,
Frétille entre les dents,
Douce peau travaillée de soleil, de pluie, de vent
Puis humide de paix.

Mobiles dans l’ordre de la brume,
Les arbres près du village, roulant comme des bohémiens,
Content de longues histoires de voyage
Où nul ne comprend rien et que l’on craint.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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