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VŒUX POUR MON PROPRE ANNIVERSAIRE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019



Giuseppe Ungaretti
    
VŒUX POUR MON PROPRE ANNIVERSAIRE

Le soleil s’en va doucement.
De la journée un ciel trop clair
Se détache.
Il ramifie la solitude

Comme du fond de la distance
Une inflexion de voix.
Offensée si pourtant flatteuse
Cette heure est d’un art étrange

N’est-ce pas le premier signe
D’automne déjà libéré?
Avec aucun autre mystère

Il court en effet se dorer
Le beau temps qui retire
Le don de folie.

Et pourtant, pourtant je crierai :
Jeunesse rapide des sens
Qui me tiens obscur à moi-même
A l’Éternel consentant les images,

Ne me laisse pas encore, reste, souffrance!

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les yeux brûlés de n’avoir pas dormi (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2019




    
Les yeux brûlés de n’avoir pas dormi
J’ai juste le droit d’écouter
Le silence de la rue
À travers le vacarme du sang
Qui bout dans mes oreilles

Les autos glissent
Le vent se tait
Les platanes effeuillés
N’ont rien à dire

Il me vient un désir
D’offenser cette paix
Par l’envol brisé
D’un corps

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Retouche à l’herbe (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2017



Illustration
    
retouche à l’herbe

doux vêtement de la survie
médailles sur la panse
la violette pour l’enfance
le lys quand mon coeur on offense
aux fêtes la pivoine qui s’oublie

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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PREMIÈRE CHANSON DE LA DAME (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



 

PREMIÈRE CHANSON DE LA DAME

Voici que je tourne en rond
Comme une bête brute dans sa cage,
Je ne sais ni ce que je suis
Ni où je vais,
Je ne sais plus que répéter
Un nom, un seul;
Je suis amoureuse,
C’est là ma honte.
Ce qui offense l’âme,
Mon âme l’adore,
Et elle ne vaut pas plus cher
Qu’une bête sur ses quatre pattes.

***

THE LADY’S FIRST SONG

I turn round
Like a dumb beast in a show,
Neither know what I am
Nor where I go,
My language beaten
lnto one name;
I am in love
And that is my shame.
What hurts the souf
My soul adores,
No better than a beast
Upon all fours.

(William Butler Yeats)

Illustration: Chelin Sanjuan

 

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JE NE T’OFFENSERAI PAS… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2017



JE NE T’OFFENSERAI PAS…

Je ne t’offenserai pas par des poèmes

Mes yeux s’arrêtent quand je pense à toi
Je ne ferai pas un chant de mon remords

Avec des arbres et des ciels mais sans poèmes
Trop humain pour pouvoir être dit
Ton monde était simple et difficile
Quotidien et limpide.

***

NAO TE OFENDEREI..

Não te ofenderei com poemas

Param os meus olhos guando penso em ti
Não farei do meu remorso urn canto

Com árvores e céus mas sem poemas
Demasiado humano para poder ser dito
O teu mundo era simples e dificil
Quotidiano e límpido

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: Hélène Mahevo

 

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La rue sous ma fenêtre (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



La rue sous ma fenêtre

La rue sous ma fenêtre comme les autres jours,
Et les vitres sont pleines des images quelles ont ramenées
De leur vol au-dessus de la ville. On voit le ciel
Avec les nuages et les fumées des usines. On voit
Des femmes si semblables aux écumes sur les plages,
Et des enfants avec des beaux jouets dans un jardin riche,
Et d’autres enfants avec des jouets pauvres dans une cour
Et tant d’images que mes yeux survolent comme des vitres.

Le jour s’embue sous mon souffle, comme un miroir. Est-ce vous
Hommes, ces doux brouillards qui inondent ma chambre ?
Venez, approchez-vous, penchez-vous
Sur mon épaule, assistez à la naissance du poème.
Est-ce vous que j’entends marcher dans l’escalier ? C’est au
Troisième étage de cette maison ouvrière, au douze
De la rue Jonquoy. Est-ce vous dans ce halètement
D’un suave départ vers les ténèbres ? Puisque les choses
Vont faire bientôt un grand voyage à travers la nuit.
Quelles sont donc les richesses du jour quelles doivent emporter ?
Quels éclats du matin, du midi, du crépuscule
Seront chargés sur les choses, comme sur des navires
Pour cette secrète traversée ? En silence
Chaque objet prend le strict nécessaire
De la lumière du jour. Et c’est vous
Hommes, mes semblables, mes frères, que je reconnais
Innombrables autour de moi. Je sais bien,
C’est vous qui faites craquer le plancher
Et le vieux bahut ; asseyez-vous partout
Sans crainte, j’aime tant votre souffle de foule
Qui caresse ma face. Écoutez,
Nous chanterons ensemble la louange du jour,
Nous accueillerons le soir et les feux allumés,
Au-delà des vieux murs pour saluer la bonté,
Ensemble, nous serons à espérer la gloire
De l’homme. Et nous dirons ensemble
Ce soir et tous les soirs qui vont encore suivre
Cette prière aux hommes, aux frères innombrables

Nos frères, hommes, qui êtes sur la terre
Que vos noms soient sanctifiés
Que votre règne arrive
Que votre volonté soit faite
Sur la terre comme au ciel
Partageons désormais notre pain quotidien
Partageons désormais notre joie quotidienne
N’acceptons plus les offenses
Car nous n’avons jamais offensé personne,
Ne nous laissons plus succomber à l’angoisse, à la misère,
Délivrons-nous, nous-mêmes, du mal,
Ainsi soit-il

(Ilarie Voronca)

Illustration: James Zwadlo

 

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Las de l’amer repos (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016



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Las de l’amer repos

Las de l’amer repos où ma paresse offense
Une gloire pour qui jadis j’ai fui l’enfance
Adorable des bois de roses sous l’azur
Naturel, et plus las sept fois du pacte dur
De creuser par veillée une fosse nouvelle
Dans le terrain avare et froid de ma cervelle,
Fossoyeur sans pitié pour la stérilité,
– Que dire à cette Aurore, ô Rêves, visité
Par les roses, quand, peur de ses roses livides,
Le vaste cimetière unira les trous vides ? –

Je veux délaisser l’Art vorace d’un pays
Cruel, et, souriant aux reproches vieillis
Que me font mes amis, le passé, le génie,
Et ma lampe qui sait pourtant mon agonie,
Imiter le Chinois au coeur limpide et fin
De qui l’extase pure est de peindre la fin
Sur ses tasses de neige à la lune ravie
D’une bizarre fleur qui parfume sa vie
Transparente, la fleur qu’il a sentie, enfant,
Au filigrane bleu de l’âme se greffant.
Et, la mort telle avec le seul rêve du sage,
Serein, je vais choisir un jeune paysage
Que je peindrais encor sur les tasses, distrait.

Une ligne d’azur mince et pâle serait
Un lac, parmi le ciel de porcelaine nue,
Un clair croissant perdu par une blanche nue
Trempe sa corne calme en la glace des eaux,
Non loin de trois grands cils d’émeraude, roseaux.

(Stéphane Mallarmé)

Illustration

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