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Poésie

Posts Tagged ‘offert’

Désir de l’homme (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Illustration: Andrei Protsouk
    
désir de l’homme. secret que je maintiens offert. l’homme désire.
désire unir caresse et partage. échoue réunit confidence et plaisir

.

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: Salerni
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Mains Mains toutes les mains (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: Jennifer Stapher-Thomas
    
Mains levées sur l’amour
Mains tenues sur l’amour
Mains hautes sur l’amour
Mains tendues vers l’amour
Mains d’oeuvre d’amour
Mains heureuses d’amour
Mains à la pâte hors l’amour horribles mains
Mains liées par l’amour éternellement
Mains lavées par l’amour par des flots implacables
Mains à la main c’est l’amour qui rôde
Mains pleines c’est encore l’amour
Mains armées c’est le véritable amour
Mains de maître mains de l’amour
Main chaude d’amour
Main offerte à l’amour
Main de justice main d’amour
Main forte à l’amour!

Mains Mains toutes les mains

(Robert Desnos)

 

Recueil: Fortunes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Celui qui s’en va emporte sa mémoire (Rosario Castellanos)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018




    
Celui qui s’en va emporte sa mémoire,
sa façon d’être fleuve, d’être air,
d’être adieu et jamais.

Jusqu’au jour où un autre l’arrête, le retient
et le réduit à voix, à peau, à surface
offerte, livrée, tandis qu’à l’intérieur de soi
la solitude cachée attend et tremble.

(Rosario Castellanos)

 

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En un geste de pitié (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018




    
En un geste de pitié

En un geste de pitié tes mains
sont doucement offertes, à bout de bras
tendues, parce qu’elles seraient tendres.

Parce que je ne le suis pas ma voix
est dure, et mes mains aussi. Parce que
je n’ai rien à t’offrir, et j’ai tort.

C’est cela, avoir tort. Être perdu
et triste, triste de cette perte
du bonheur par quelqu’un qui le possédait.

(Robert Creeley)

 

 

Recueil: Le sortilège
Traduction: Stéphane Bouquet
Editions: Nous

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Quand tu seras morte,morte (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



 

Illustration: Lionel Valot
    
Quand tu seras morte,morte,et loin du splendide péché,
Qu’une âme décharnée au bord du dernier abîme
Gémira de quitter son coeur froid dans la terre,

Quand,hors du corps qui aimait mon corps,son intime
Âme viendra,nue d’une métamorphose sans pitié,
Que dirai-je à la mienne,quand nous serons morts,morts?

(Quand je serai mort,mort,qu’ils t’auront enterrée,
Corps et lèvres aimées offertes aux baisers des vers,
Et la douce gorge fraîche,la blonde chevelure fine—).

***

When thou art dead,dead,and far from the splendid sin,
And the fleshless soul whines at the steep of the last abyss
To leave forever its heart acold in an earthy bed,

When,forth of the body which loved my body,the soul-within
Comes,naked from the pitiless metamorphosis,
What shall it say to mine,when we are dead,dead?

(When I am dead,dead,and they have laid thee in,
The body my lips so loved given to worms to kiss,
And the cool smooth throat,and bright hair of the head—).

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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MARÉES VII (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    

MARÉES VII

Terres offertes
Terres investies
Terres renaissantes
Terres enfouies

Les mêmes lois impavides
Régissent l’univers
Assignant à nos corps
Fraîcheur et puis dégâts

Brefs récits
D’une humanité séculaire
Disparate et semblable
Entre codes et liberté

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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Feuilles mortes (Roger Foulon)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Feuilles mortes que le vent chasse en cette fin d’automne,
Vous êtes les signaux de la nature sauvageonne
Nous menant malgré nous vers des espaces sans message,
sans oiseaux, sans bourgeons pour égayer notre passage.

On n’entend que la vie, mais est-ce un cri ce craquement
Des feuilles sur le monde obéissant aux lois du vent?
N’est-ce pas plutôt cette peine offerte à tout vivant
Et que rien ne peut entraver puisque s’use le temps?

(Roger Foulon)

 

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Rêve (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



    

Rêve

Ô mes auteurs chéris, vous qui, lorsque je pleure,
Me consolez toujours, m’entourez à toute heure,
Vos écrits ont calmé mes pensers dévorants,
Et je vous aime tous, en amis, en parents !…

Dans mes rêves brillants, fils de la poésie,
Je vois s’ouvrir pour moi votre foule choisie ;
Votre voix m’encourage, et je vous dis comment
Ma jeunesse a passé de tourment en tourment :
Comment, sans qu’un ami soit venu leur sourire,
Je fis mes premiers vers sans savoir les écrire ;
On m’interdit l’étude, ainsi que l’on défend
Le jeu, qui le distrait, au paresseux enfant.
Et je cachais à tous, comme on cache des crimes,
Les désirs du poète et ses penchants sublimes !…

Alors, comme un tribut pour ce que j’ai souffert,
Le laurier triomphal par vos mains m’est offert.

(Louise Colet)

 

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Dans la bouche d’une étoile (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



    

dans la bouche d’une étoile
je me suis égaré
là où les morts n’ont plus prise
j’ai trouvé la pierre d’angle
pour avancer parmi les grands vivants
pour avancer parmi les grands gisants

dans la bouche d’une étoile
entre l’ébloui et l’englouti
la vie veut sa rosée de nuit
une porte ouverte sur le ciel
où je reviens sans être allé
où je reviens sans être né

dans la bouche d’une étoile
j’écoute mes propres signes
comme la lente infusion
d’une parole jamais dite
d’une parole sourde infiniment
fille de la voix et du vivant

dans la bouche d’une étoile
dis-moi ce que je porte d’ombre
dis-moi la toute-lumière
le sanctuaire laissé en blanc
dis-moi le plus profond de l’aube
ce qui ne cesse de naître et de mourir

dans la bouche d’une étoile
ton jour et ma nuit se croisent
vie et mort c’est tout un
vie et mort c’est sans fin
tu tends des comètes
sur le soir de ma terre

dans la bouche d’une étoile
un gisement de silence
la dent du feu s’est absentée
les bourreaux perdent leur visage
je pressens ton horizon
j’attends ta voie lactée

dans la bouche d’une étoile
dans la chair de l’illimité
j’accueille ta fièvre
au nom de lune
la souffrance en sommeil
le sang tourné vers l’infini

dans la bouche d’une étoile
laisse frémir l’innocence
jusqu’à la fin des mondes
jusqu’au bleu de l’esprit
la forêt des poumons
traversée par le vent

dans la bouche d’une étoile
j’écoute trembler l’arrière-ciel
sur le grain de la peau
sur le grain de la pierre
descente à pic dans la vie
descente à pic dans la nuit

dans la bouche d’une étoile
mille mains offertes
mille plaies ouvertes
le ciel marche en moi
le bleu est une tête brandie
l’éternité nous donne ses doigts

dans la bouche d’une étoile
ta voix chante dans la voix
elle chante un oeil-ciel foudroyant
le vrai nom de l’oubli
le souffle d’un dieu meurtri
dévasté épanoui

dans la bouche d’une étoile
dis-moi le vrai nom
qui brûle tous les noms
dis-moi les voyelles de Dieu
je veux dormir dans ta parole
aspirer ton arc-en-ciel

dans la bouche d’une étoile
pour agrandir la vie
pour prendre corps
pour prendre coeur
jusqu’au linceul de miel
vers le centre des cendres

dans la bouche d’une étoile
au risque de chaque instant
humble et démesuré
vif et insondable
le premier mot du ciel
dans un jour sans limites

dans la bouche d’une étoile
la salive d’un trou noir
le rouge à lèvres des anges
sur le miroir des sans feu ni lieu
pour une vie dans la vie
pour une voix dans la voix

dans la bouche d’une étoile
le ciel entier de tes yeux
le temps dévêtu
la toupie du monde
j’écris un seul et même livre
pour ta nuit écorchée vive

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Si, si, si… (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017




    
Si X. avait eu ce jour-là une forte migraine,
si sa femme avait eu besoin de lui pour l’accompagner à l’hôpital,
si le réveil n’avait pas sonné ce matin-là,
s’il avait pris la peine de se raser,
s’il avait renoontré un copain qui lui avait offert un café,
si, si, si…

Ismaël n’aurait pas été écrasé à 9 h 11 minutes
par le chauffeur du camion
qui passait devant chez lui à toute vitesse.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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