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Poésie

Posts Tagged ‘oie’

Semblable (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Semblable aux géométries changeantes
d’un vol d’oies sauvages
cette petite part de soi
là-haut
où l’intime n’a plus lieu d’être

(Bernard Montini)


Illustration

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LES OIES INQUIETES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020



Illustration: Christiane Marette
    
LES OIES INQUIETES

Les oies qui traînent dans le bourg
Ainsi que des commères grasses
Colportant les potins du jour,
En troupeaux inquiets s’amassent.
Un gros jars qui marche devant
Allonge le cou dans la brume
Et frissonne au souffle du vent
De Noël qui gonfle ses plumes…

Noël ! Noël !
Est-ce au ciel
Neige folle
Qui dégringole,
Ou fin duvet d’oie
Qui vole.

Leur petit œil rond hébété
A beau s’ouvrir sans trop comprendre
Sur la très blanche immensité
D’où le bon Noël va descendre,
A la tournure du ciel froid,
Aux allures des gens qui causent,
Les oies sentent, pleines d’effroi,
Qu’il doit se passer quelque chose.

Les flocons pâles de Noël
– Papillons de l’Hiver qui trône –
Comme des présages cruels
S’agitent devant leur bec jaune,
Et, sous leur plume, un frisson court
Qui, jusque dans leur chair se coule.
L’heure n’est guère aux calembours,
Mais les oies ont la chair de poule.

Crrr !… De grands cris montent parmi
L’aube de Noël qui rougeoie
Comme une Saint-Barthélemy
Ensanglantée du sang des oies ;
Et, maintenant qu’aux poulaillers
Les hommes ont fini leurs crimes,
Les femmes sur leurs devanciers
Dépouillent les corps des victimes.

(Gaston Couté)

 

 

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Semonce d’automne (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2020




    
Semonce d’automne. Voici qu’à grand fracas d’ailes,
S’arrachant des eaux de toute leur force ahanante,
– longue traînée de rêves vers leur patrie salutaire –
Les oies sauvages retracent au ciel la voie des anges.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Première oie sauvage (Chiyo-ni)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2020




    
Première oie sauvage
Après l’avoir perdue de vue
je l’entends encore

***

はっ雁や声あるものを見失ひ
hatsugari ya / koe aru mono wo / miushinai

(Chiyo-ni)

 

Recueil: Chiyo-ni Une femme éprise de poésie
Traduction: Grace Keiko / Monique Leroux Serres
Editions: Pippa

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Première oie sauvage (Chiyo-ni)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2020



Illustration: Tachibana Morikuni
    
Première oie sauvage
et puis d’autres suivront
et puis d’autres

***

はっ雁やまたあとからもあとからも
hatsugari ya / mata ato kara mo / atokara mo

(Chiyo-ni)

 

Recueil: Chiyo-ni Une femme éprise de poésie
Traduction: Grace Keiko / Monique Leroux Serres
Editions: Pippa

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UNE LIGNE (Pai Ch’iu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration : Barbaras BilderKunst – Barbara Walder
    
UNE LIGNE

Ce qui s’élève est ciel, est envol.
Ce qui descend sont vagues écrasantes,
est déchéance et perdition.

Une ligne divise le monde :
abandonné au milieu il y a toi,
désemparé tu vacilles

Réveillée de sa sieste
une oie sauvage pourchasse l’horizon.

Tu es une moucheture de poussière
entre ciel et terre.

***

A LINE

What ascends is sky, escape.
What descends is dashing waves, decadence and decay.

A line divides the world:
You’re left in the centre,
Floating unsupported.

Awakening from an afternoon nap,
A wild goose chases the horizon.

You’re a speck of dust
Between heaven and earth
Seeking a place to stay for the night

***

EEN LIJN

Wat opstijgt is hemel, is vlucht.
Wat neerdaalt zijn verpletterende golven,
is teloorgang en verderf.

Een lijn scheidt de wereld:
achtergelaten in het midden ben jij,
zwalp je hulpeloos rond.

Uit haar middagslaap ontwaakt
jaagt een wilde gans de horizon achterna.

Jij bent een spikkeltje stof
tussen hemel en aarde,

***

EINE LINIE

Was aufsteigt ist Himmel, ist Flucht
Was absteigt sind zerschmetterende Wogen.

Eine Linie trennt die Welt
Vergessen, in der Mitte, bist du
Hilflos treibend

Du bist ein Körnchen Staub
Zwischen Himmel und Erde
Suchst du einen Hort für die Nacht.

***

Una linea

Ciò che sale è il cielo, fuga.
Ciò che scende sono onde che si infrangono, decadenza
e declino.

Una linea divide il mondo: tu
rimani al centro,
galleggiando senza un aiuto.

Svegliandosi dal riposo del pomeriggio
un’oca selvaggia insegue l’orizzonte.

Sei un granello di polvere
fra cielo e terra
Alla ricerca di un posto dove passare la notte.

***

O LINIE

Ce crește spre cer, e doar evadare
Ce cade din el e tumult vijelios.

O linie simplă desparte Pământul
E muchia pe care stingher poposești
Suspendat în derivă

Firicel de nisip
Între cer și pământ
Căutând adăpost pentru-o noapte.

***

ΜΙΑ ΓΡΑΜΜΗ

Ότι ανυψώνεται είναι ουρανός, διαφυγή
Ότι κατέρχεται κύματα ολοφώτεινα, παρακμή, φθορά.

Μια γραμμή χωρίζει τον κόσμο:
Κι έμεινες στο κέντρο
να πλέεις δίχως σωσίβιο.

Tο απόγευμα που ξυπνά
μια χήνα κυνηγά τον ορίζοντα

ένας κόκκος σκόνης είσαι
ανάμεσα σε γη κι ουρανό
και ψάχνεις να βρεις πού να ξοδέψεις τη νύχτα

***

一条线

上升的是天空,逃离。
下降的是汹涌的波浪,颓废和腐朽。
一条线分割世界:
你被留在中心,
没有支撑地漂浮着。
从午睡中醒来,
一只天鹅在追求地平线。
你是天地间的
一粒尘埃
在找个地方过夜。

***

UMA LINHA

O que sobe ao céu, é fuga
O que desce são ondas desfeitas, decadência e perdição.

Uma linha divide o mundo:
Permaneces no centro,
Flutuando sem sustentação.

Despertando de uma sesta
Um ganso selvagem persegue o horizonte.

És um pouco de pó
Entre o céu e a terra
Buscando um lugar de acolhimento à noite.

***

LINIA

Co wzniosłe – jest niebem, ocaleniem.

Co upadłe – jest szalejącymi falami,
dekadencją i rozpadem.

Świat dzieli linia:
Ty pozostajesz w centrum,
unosisz się,
niczym nie podtrzymywany.

Przebudzenie z popołudniowej drzemki.
Dzika gęś goni za horyzont.

Jesteś drobiną pyłu między niebem i ziemią,
poszukującą miejsca na nocleg.

(Pai Ch’iu)

 

Recueil: Ithaca 591
Traduction: Français: Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Anglais: Zhou Dao Mo / Néerlandais: Germain Droogenbroodt / Allemand / Italien: Luca Benassi / Roumain: Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Grec: Manolis Aligizakis / Chinois / Portugais: José Eduardo Degrazia / Polonais: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Editions: POINTS

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Geng-lou-zi (Wen Ting-yun)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
Geng-lou-zi

Longues tiges de saules
Fine pluie de printemps
Par-delà les fleurs, lointains échos de la clepsydre
Effrayées : oies sauvages hors des passes
Envolées : corneilles sur les remparts
Surgi du paravent peint, un couple de perdrix d’or

Brume parfumée
Infiltrée dans la gaze
Pavillon sur l’eau où rôdent les plaisirs d’antan
Tourne la bougie rouge
Le rideau brodé est baissé
Long rêve de toi : tu ne le sais pas !

(Wen Ting-yun)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Jour du sacrifice de printemps (Wang Jia)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



Illustration: Utagawa Kunisada
    
Jour du sacrifice de printemps

Au bord du lac aux Oies, riz et sorghos poussent drus
Poulaillers et porcheries ont leurs portes entrouvertes
L’ombre des mûriers s’allonge ; la fête prend fin
Saouls, on rentre, les uns les autres se soutenant !

(Wang Jia)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Kayak kayayak (Michel Besnier)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2020




    
Kayak kayayak

« Kayak kayayak » dit l’oie des moissons
« Ouink ouink king ouink » dit l’oie à bec court
« Kou liou lyo lyok » dit l’oie rieuse
« Gah onk gahgah ouhnk » dit l’oie cendrée
« Zoung oung oung » dit l’oie des neiges
Et l’oie du jeu de l’oie est sans voix

(Michel Besnier)

 

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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LA GRANDE MIGRATION (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020




    
LA GRANDE MIGRATION

À perte de nuit la nuit froide et claire
On entend caqueter très haut un long vol d’oies sauvages
en figure de proue (la tribu navigue en forme de V
et les vieux jars expérimentés se relaient

pour ouvrir la route du vol en éperon)
Malgré la transparence obscure de l’espace
on ne voit pas la flottille bruissante d’ailes
qui tient son cap patient vers le lointain sud

mais seulement les feux de position
des autres grandes migratrices au-dessus de nous
les silencieuses les très froides les étoiles de la Galaxie
qui dérivent inexorablement dans l’Univers en expansion

Et toi et moi nous deux ensemble
à cet instant où nous nous croyons immobiles
nous faisons pourtant route nous aussi nous migrons
Vers quelle saison ? Vers quel rivage ? Vers quel silence ?

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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