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Posts Tagged ‘oignon’

BONSOIR (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2020



Illustration: Agnieszka Szuba 
    
BONSOIR

Que la lune est belle à midi
c’est l’été au coin du feu
quand le vent ronfle dans le désert
et qu’il fait nuit dans vos cheveux

Arbres plantés comme l’espoir
au bord des routes en rang d’oignons
pluie qui protège la pensée
petites sources infatigables dormez-vous

Au matin gris suivi de tous les escargots
de la veille et du lendemain
j’avance au son des trompettes
Dormez-vous dormons-nous
dormirons-nous encore comme les sacristains

Les rêves ne finissent jamais vous dormez
les yeux ouverts et les membres en désordre
On a frappé à votre porte
C’est déjà le matin
c’est toujours le matin

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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DAME EN NOIR (Françoise Coulmin)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020



Illustration: Marilyne Bertoncini
    

DAME EN NOIR

Maigres oignons
offerts à personne

Hospitalité précaire d’un coin d’immeuble
et dallage aseptisé
pour inhumanité urbaine à l’œuvre

Vertige que cette solitude

Petite dame
en noir
vieillie courbée

Courbée
de tant d’années
à préserver sa dignité.

(Françoise Coulmin)

 

Recueil: DE QUOI SE SOUVENIR ?
VAGABONDAGES dans BUCAREST À l’occasion du FESTIVAL INTERNATIONAL DE POÉSIE mai 2019
Traduction:
Editions:

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Cher coeur, reine du céleri et de la huche (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



Cher coeur, reine du céleri et de la huche,
petite panthère du fil et de l’oignon,
que j’aime voir briller ton minuscule empire,
les armes de la cire et de l’huile et du vin,
de l’ail, et de ce sol que tes mains ont ouvert,
de la substance bleue qu’elles ont allumée,
de la transmigration du songe à la salade,
du serpent enroulé du tuyau d’arrosage.
De ta faucille tu soulèves les senteurs,
je te vois présider au savon dans la mousse,
tu gravis mes échelles et mes escaliers fous,
et tu découvres dans le sable du cahier,
fouillant les symptômes de ma calligraphie
les lettres égarées qui ont cherché ta bouche.

***

Corazón mío, reina del apio y de la artesa :
pequeña leoparda del hilo y la cebolla :
me gusta ver brillar tu imperio diminuto,
las armas de la cera, del vino, del aceite,
del ajo, de la tierra por tus manos abierta,
de la substancia azul encendida en tus manos,
de la transmigración del sueño a la ensalada,
del reptil enrollado en la manguera.
Tú, con tu podadora levantando el perfume,
tú, con la dirección del jabón en la espuma,
tú, subiendo mis locas escalas y escaleras,
tú, manejando el síntoma de mi caligrafía
y encontrando en la arena del cuaderno
las letras extraviadas que buscaban tu boca.

(Pablo Neruda)

Illustration

 

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Je t’aime passionnément (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019




    
Je t’aime
passionnément
gourmandement

Je t’aime
à la framboise
à la banane
à l’abricot

Je t’aime
à la vanille
à la cannelle
au gingembre confit

Je t’aime
à la moutarde
au vinaigre
et aux petits oignons

Je t’aime
en sauce ou sur du pain grillé
en papillote
ou à la croque-au-sel
oh oui jolie demoiselle

Je t’aime aussi nature
toute crue
toute nue !

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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Othis (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Othis

C’était un peintre
qui cherchait des sujets
dans un village-souris
si-il-vi si-il-vi
s’il vit.

Le boucher souilla de sang
une robe bise
une robe grise
une robe de vent une robe de brise
dans le village-souris
si-il-vi si-il-vi
s’il va.

La laveuse portait des torchons
en tas sur sa fatigue
la digue
comme des pelures d’oignon
si-il-vi si-il-vi
s’il vit.

Ils les mirent un peu partout
la robe bise et les chiffons
le vent sécha le sang du mouton
puis se baisèrent la bouche à doux
dans leur village-souris
si-il-vi si-il-vi
s’il va.

Le boucher partit
la laveuse aussi
le peintre peignit
le village en gris souris
puis s’endormit.
Voilà tout ce que l’oiseau vit
si-il-vi si-il-vi
tireli la fontaine
barbela marjolaine
s’il vit
Sylvie.

(Armand Lanoux)


Illustration

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CHEZ MOI (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



CHEZ MOI

Chez moi, dit la petite fille
On élève un éléphant.
Le dimanche son oeil brille
Quand Papa le peint en blanc.

Chez moi, dit le petit garçon
On élève une tortue.
Elle chante des chansons
En latin et en laitue.

Chez moi, dit la petite fille
Notre vaisselle est en or,
Quand on mange des lentilles
On croit manger un trésor.

Chez moi, dit le petit garçon
Nous avons une soupière
Qui vient tout droit de Soissons
Quand Clovis était notaire.

Chez moi, dit la petite fille
Ma grand-mère a cent mille ans.
Elle joue encore aux billes
Tout en se curant les dents.

Chez moi, dit le petit garçon
Mon grand-père a une barbe
Pleine pleine de pinsons
Qui empeste la rhubarbe.

Chez moi, dit la petite fille
il y a trois cheminées
Et lorsque le feu pétille
On a chaud de trois côtés.

Chez moi, dit le petit garçon
Passe un train tous les minuits.
Au réveil, mon caleçon
Est tout barbouillé de suie.

Chez moi, dit la petite fille
Le Pape vient se confesser.
il boit de la camomille
Une fois qu’on l’a fessé.

Chez moi, dit le petit garçon
Vit un Empereur chinois.
il dort sur le paillasson
Aussi bien qu’un Iroquois.

Iroquois ! dit la petite fille,
Tu veux te moquer de moi!
Si je trouve mon aiguille
Je vais te piquer le doigt!

Ce que c’est d’être une fille
Répond le petit garçon.
Tu es bête comme une anguille
Bête comme un saucisson.

C’est moi qu’ai pris la Bastille
Quand t’étais dans les oignons.
Mais à une telle quille
Je n’en dirai pas plus long!

(René de Obaldia)

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Retouche à l’immobilité (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
retouche à l’immobilité

Le couteau, les oignons, le chaudron
l’ombre est en croix sur le mur
celui qui entrera dans ma maison
dira le mot pur
prendra ma main
mes façons
ô feu de la pudeur
plan du vin dans le verre

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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Et quand je pense qu’après ma mort (Charles Bukowski)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



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et quand je pense qu’après ma mort,
il y aura encore des jours pour les autres, d’autres jours, d’autres nuits,
des chiens en maraude, des arbres tremblant dans le vent.

Je ne laisserai pas grand-chose.
Quelque chose à lire, peut-être.

Un oignon sauvage
sur la route écoeurée.

Paris dans le noir.

***

and to think, after I’m gone,
there will be more days for others, other days, other nights,
dogs walking, trees shaking in the wind.

I won’t be leaving much.
something to read, maybe.

a wild onion
in the gutted road.

Paris in the dark.

(Charles Bukowski)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 Illustration

 

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La reine de tulipe (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



La reine de tulipe

à Florence
Sous le toit c’est le grenier
sous le grenier la maison.
Au-dessus le ciel ses oiseaux
et autour
le bourg
ses porches
ses cloches
ses colombiers la rivière ses roseaux
les fourches les huches
les sources les roches les ruches…
Et autour
du bourg
dort le Valois
qui est une île en France.
Et autour de la France
c’est la tête ronde
de la terre ses plateaux ses déserts
ses vallons ses volcans
ses savanes ses mers
ses roses des vents
ses archipels ses océans…
Mais sous le toit c’est le grenier
où la terre
demeure enfermée
dans le coeur les yeux les mains
les dix doigts merveilleux d’un gamin
où la terre gît enfermée
à côté des chapeaux des nacres des ors des nippes
des jais des Arlequins des illustrés des pipes

comme l’été dort entier
dans un oignon de tulipe
dans un oignon séché
de la Reine de Tulipe.

(Armand Lanoux)

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Le Jour De L’an (La Bolduc)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017




    
Le Jour De L’an

Préparons-nous son père pour fêter l’jour de l’an
J’vas faire des bonnes tourtières, un bon ragoût d’l’ancien temps

C’est dans l’temps du jour de l’an, on s’donne la main, on s’embrasse
C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année

Peinture ton cutter, va ferrer ta jument
On ira voir ta soeur dans l’fond du cinquième rang

C’est dans l’temps du jour de l’an, on s’donne la main, on s’embrasse
C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année

Va t’acheter une perruque, fais toi poser des dents
C’est vrai que t’as rien que moi à plaire mais tu s’rais plus ragoûtant

C’est dans l’temps du jour de l’an, on s’donne la main, on s’embrasse
C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année

Dis bien à ton n’onc’ Nazaire douè ben v’nir au jour de l’an
Mont’-z-y ton savoir faire comme tu dansais dans ton jeune temps

C’est dans l’temps du jour de l’an, on s’donne la main, on s’embrasse
C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année

Tâche pas de perdre la tête comme t’as fait il y a deux ans
T’as commencé à voir clair quand t’avais pus d’argent

C’est dans l’temps du jour de l’an, on s’donne la main, on s’embrasse
C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année

Y en a qui vont prendre un verre, y vont profiter de c’temps-là
Aujourd’hui, ça coûte si cher, y a pas d’monde qui travaille pas

C’est dans l’temps du jour de l’an, on s’donne la main, on s’embrasse
C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année

Il y en a qui sentent la pipe et d’autres qui sentent les oignons
J’aime bien mieux vous le dire tout de suite, la plupart sentent la boisson

C’est dans l’temps du jour de l’an, on s’donne la main, on s’embrasse
C’est l’bon temps d’en profiter, ça arrive rien qu’une fois par année

(La Bolduc)

 

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