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Posts Tagged ‘oindre’

Credo (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



Illustration: Ira Mitchell-Kirk
    
Credo

Au fond de la lumière, la joie qui me frôle;
Je sais bien qu’il n’y a pas de différence entre elle et mon âme.
Dans les flots de conscience
Issus de la même source incandescente
J’avais été oint,
sur mon front j’ai reçu les marques du triomphe
on m’a appris que je suis l’héritier de l’immortalité;
dans ce monde du multiple
je peux m’identifier avec le suprême Moi,
j’ai le droit de poursuivre la voie de l’extase !

***

Credo

The touch of joy I sense at the core of light,
I know it for ce rtain that my soul is not distinct from it.
From the same ori ginal luminous source
With the holy current of consciousness
I have been baptised,
Victory has anointed my forehead,
Intimating my heritage of immortality;
I have the right to be identified
With the supreme Self
In a marvelous world,
I have access to the way of Joy.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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DANSE DES FLAMMÈCHES (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Berthe Morisot
    
DANSE DES FLAMMÈCHES

Meule de feu, je voltige
Autour de toi, en flammèches.
En boitillant je jaillis
De tes douces tiges courbes.
Et hop ! du bout de ton nez,
Je te souris, mon amour.
Et le crépuscule arrive,
Drapé dans sa houppelande,
Gardant en sa pipe fraîche
Tes fretins de flammes qui
Me giflent sur les deux joues.
Accroupie es-tu, coquine ?
Et voilà que le buisson
Jette au loin ta jupe rouge
Dont tu l’as, impertinente,
Couvert pour te joindre à moi.
Rentre tes cornes de feu,
Étends-toi sur l’herbe tendre,
Pour que ton corps brun je puisse
L’oindre d’entière blancheur.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Elles ne demandent que de l’aide (Salvador Espriu)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration: Fra Angelico
    
Elles ne demandent que de l’aide
pour la tâche compatissante :
oindre d’arômes ce corps
qu’elles savent au tombeau.

« Quels doigts bougeraient
le grand poids de la dalle
à l’arrivée de l’aube ? Que viennent
nous consoler
de ce vide par nous veillé
des voix pleines de pitié ».

Immobiles, épouvantées,
elles regardent, écoutent et après
s’en retournaient à la ville.
Mais celle qui l’aime le plus
ressent soudain subtile douleur
en perdant, le voyant devant elle,
de fins alambics de solitude.

***

Elles demanen sols ajut
per acomplir la pietat
d’ungir d’aromes aquell cos
que dins el vas saben posat.

« Quins dits mourien
el gran pes de la liosa,
quan es l’alba ? Que vinguin
a consolar-nos
de la buidor vetllada
unes veus compassives. »

Del tot immòbils, amb espant
miren, escolten i després
ja se’n tornaven a ciutat.
Però la qui l’estima més
sent un subtil dolor sobtat
quand perd, veient-lo al seu davant,
fins alambins de soledat.

(Salvador Espriu)

 

Recueil: Cimetière de Sinera
Traduction: Mathilde et Albert Bensoussan et Denise Boyer
Editions: Ibériques

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Ah! Toi l’autre amour dans l’amour (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



Ah!
Toi l’autre amour dans l’amour
Toi la dimension qui commence après les dimensions
Ô mon aimée

Comme je t’ai créée tu m’as désiré
Comme je t’ai voulue tu as bondi en moi

Tu entres dans mon rythme
Tu oins tes deux seins de mes mots, tu te noies
dans l’abîme de l’amour

Là où j’élève ma ville et vis
Nous vivons, et des bas-fonds de la haine nous annonçons l’amour
Nous rêvons que nos cils sont écritoires et le jour livre ouvert

(Adonis)

Illustration: Otto Mueller

 

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Sous nos yeux, ce monde passe (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2016



Toute chose naît, s’épanouit, puis se résorbe,
Sous nos yeux, ce monde passe.
N’as-tu pas honte de dire: « ma maison »?
A l’instant suprême, rien n’est plus à toi!
Ce corps que tu as nourri avec tant de soin,
Après ta mort, il brûlera au feu!

Tu as oint tes membres de parfums et de santal,
Mais ton corps brûlera entre des fagots!

O excellences, écoutez, dit Kabîr:
Votre forme sera anéantie aux yeux du monde entier!

(Kabîr)

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