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Posts Tagged ‘oiseau’

Le Guet (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020


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Sur le fin taillis des ramilles
à contre-jour du ciel d’hiver
longtemps l’oiseau en silhouette
noire surveillait l’horizon.

Te voyait-il à ta lucarne
vieil homme incertain de lui-même
entre lassitude et bonheur
d’un oeil inquiet le contemplant?

De l’oiseau corneille ou corbeau
guetteur à la cime des branches,
du rêveur perdu dans la neige
de l’âge et des pensées frileuses

lequel des deux inventait l’autre
lequel à la vie démentielle,
somptueuse, éparse en l’univers,
serait messager du futur?

(Georges-Emmanuel Clancier)

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Un dur labeur le souffle (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Pas un soleil l’oiseau
Pas une femme l’amour
pas une plage le jour
Pas une voile la vie.
Que des mots les mots,

Le ciel pas un palais
Pas un songe les yeux
Ni l’ami un bonheur
Ni l’enfant un royaume.

Un dur labeur le souffle.

(Georges-Emmanuel Clancier)

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BALTIQUE (Herri Gwilherm Kerouredan)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Florence Coquais Foucault mouette

BALTIQUE

I
L’oiseau emporté dans les vagues
jamais de son vol ne revient
la gerbe du vainqueur le réprouve

s’il échoue parfois sur les grèves
nul dans ce plumage flétri
n’invente les jeux de la lumière

seul l’abandon forme pour lui
ce rechant roulé dans les sables
d’oiseau par l’aile et le cri venu.

II
Bec de coquille rejeté
palme bleue dans le bleu
des plages de glace
oiseau recouvert

sauvage dit-on par bande
au repos sur la plaine
des neiges et de neige
pour l’oeil étendu

à grands gestes vers le nord
par le silence du gel
un cygne de la brume.

(Herri Gwilherm Kerouredan)

Illustration: Florence Coquais Foucault

 

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LES ÎLES DE L’ENFANCE (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



LES ÎLES DE L’ENFANCE

Les îles de l’enfance
Dorment sur l’eau du Temps.
On ne saurait y revenir
Qu’avec des pas d’enfant.
On ne saurait les retenir,
L’eau et le vent
S’en vont devant
Sans emporter un souvenir.

Le calme des eaux,
Le bruit des roseaux,
Le chant des oiseaux
Habitent ma tête.

Les couleurs du Temps,
Les odeurs du Vent,
Les soleils levants
Habitent mon coeur.

Les îles de l’enfance
Dorment sur l’eau du Temps.
On ne saurait y revenir
Qu’avec des pas d’enfant.
On ne saurait les retenir,
L’eau et le vent
S’en vont devant
Sans emporter un souvenir.

puisque c’est ton tour,
Vogue, rêve et cours
Dans les anciens jours
Et remplis ta tête.

Regarde avec soin
Secrets et grands foins…
Prends-en plus que moins
Et remplis ton coeur.

Les îles de l’enfance
Dorment sur l’eau du Temps.
On ne saurait y revenir
Qu’avec des pas d’enfant.
On ne saurait les retenir,
L’eau et le vent
S’en vont devant
Sans emporter un souvenir.

(Gilles Vigneault)

Illustration

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Ressemblance (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Ressemblance

Toi tu ressembles
Au grain de la moisson
Aux fruits de la saison
Sur l’horizon qui tremble

Toi tu ressembles
Au miracle d’amour
Qui partage toujours
Le pain aux mains qui tremblent

Toi tu ressembles
Au chant d’un oiseau
Posé sur le roseau
De ta taille qui tremble

Toi tu ressembles
Au jardin de l’été
Où fleurit la beauté
Sur un arbre qui tremble

Toi tu ressembles
A l’amour enfantin
Dont les deux pieds mutins
Font des ombres qui tremblent

Toi tu ressembles
A ce que j’attendais
Tes bras tu les tendais
Et de bonheur je tremble.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Marie Hérail Ponchot

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Dans les branches dénudées (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2020



Dans les branches dénudées,
l’oiseau
visible de loin

(Anne Tardy)

 

 

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LYS (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020


 


 

LYS

Gerbe de temps, cheveux de lune
Qu’une main de nuit importune
Aux linières de la rosée
Un rossignol chantait pour l’une
Ou l’autre de ses bien-aimées.

Le bruit blanc du vent dans les feuilles
L’horizon s’ouvrait comme un oeil
Et déjà de jeunes lumières
Aux souplesses de chèvrefeuille
Lavaient l’aube dans la rivière

Et les eaux pâles de la Lys
Charriant d’éteintes étoiles
De la nuque au tréfond des moelles
Mélangeaient l’aurore aux pétales
Des femmes de cygne et de lys.

Aube à la margelle des saules
Où se turent les rossignols
Redevenus d’autres oiseaux
je me désaltérais aux geôles
Charnelles de ton sable chaud.

Et quand les fenêtres bleuirent
Aux vannes d’azur du soleil
J’essayais en vain de traduire
La chair de femme qui soupire
De rossignol et de sommeil.

(Robert Goffin)

Illustration: Pascal Renoux

 

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En marchant la nuit dans un bois (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2020



    

En marchant la nuit dans un bois

I

Il grêle, il pleut. Neige et brume ;
Fondrière à chaque pas.
Le torrent veut, crie, écume,
Et le rocher ne veut pas.

Le sabbat à notre oreille
Jette ses vagues hourras.
Un fagot sur une vieille
Passe en agitant les bras.

Passants hideux, clartés blanches ;
Il semble, en ces noirs chemins,
Que les hommes ont des branches,
Que les arbres ont des mains.

II

On entend passer un coche,
Le lourd coche de la mort.
Il vient, il roule, il approche.
L’eau hurle et la bise mord.

Le dur cocher, dans la plaine
Aux aspects noirs et changeants,
Conduit sa voiture pleine
De toutes sortes de gens.

Novembre souffle, la terre
Frémit, la bourrasque fond ;
Les flèches du sagittaire
Sifflent dans le ciel profond.

III

– Cocher, d’où viens-tu ? dit l’arbre.
– Où vas-tu ? dit l’eau qui fuit.
Le cocher est fait de marbre
Et le coche est fait de nuit.

Il emporte beauté, gloire,
Joie, amour, plaisirs bruyants ;
La voiture est toute noire,
Les chevaux sont effrayants.

L’arbre en frissonnant s’incline.
L’eau sent les joncs se dresser.
Le buisson sur la colline
Grimpe pour le voir passer.

IV

Le brin d’herbe sur la roche,
Le nuage dans le ciel,
Regarde marcher ce coche,
Et croit voir rouler Babel.

Sur sa morne silhouette,
Battant de l’aile à grands cris,
Volent l’orage, chouette,
Et l’ombre, chauve-souris.

Vent glacé, tu nous secoues !
Le char roule, et l’oeil tremblant,
A travers ses grandes roues,
Voit un crépuscule blanc.

V

La nuit, sinistre merveille,
Répand son effroi sacré ;
Toute la forêt s’éveille
Comme un dormeur effaré.

Après les oiseaux, les âmes !
Volez sous les cieux blafards.
L’étang, miroir, rit aux femmes
Qui sortent des nénuphars.

L’air sanglote, et le vent râle,
Et, sous l’obscur firmament,
La nuit sombre et la mort pâle
Se regardent fixement.

(Victor Hugo)

 

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A propos d’Horace (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2020




    
A propos d’Horace

[…]

Un jour, quand l’homme sera sage,
Lorsqu’on n’instruira plus les oiseaux par la cage,
Quand les sociétés difformes sentiront
Dans l’enfant mieux compris se redresser leur front,
Que, des libres essors ayant sondé les règles,
On connaîtra la loi de croissance des aigles,
Et que le plein midi rayonnera pour tous,
Savoir étant sublime, apprendre sera doux.

[…]

(Victor Hugo)

 

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A celle qui est voilée (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2020



    

A celle qui est voilée

Tu me parles du fond d’un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l’écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.

Je suis l’algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l’ombre
Couvre sans éteindre son coeur.

Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l’habitant tranquille
De la foudre et de l’ouragan.

Je suis le proscrit qui se voile,
Qui songe, et chante, loin du bruit,
Avec la chouette et l’étoile,
La sombre chanson de la nuit.

Toi, n’es-tu pas, comme moi-même,
Flambeau dans ce monde âpre et vil,
Ame, c’est-à-dire problème,
Et femme, c’est-à-dire exil ?

Sors du nuage, ombre charmante.
O fantôme, laisse-toi voir !
Sois un phare dans ma tourmente,
Sois un regard dans mon ciel noir !

Cherche-moi parmi les mouettes !
Dresse un rayon sur mon récif,
Et, dans mes profondeurs muettes,
La blancheur de l’ange pensif !

Sois l’aile qui passe et se mêle
Aux grandes vagues en courroux.
Oh, viens ! tu dois être bien belle,
Car ton chant lointain est bien doux ;

Car la nuit engendre l’aurore ;
C’est peut-être une loi des cieux
Que mon noir destin fasse éclore
Ton sourire mystérieux !

Dans ce ténébreux monde où j’erre,
Nous devons nous apercevoir,
Toi, toute faite de lumière,
Moi, tout composé de devoir !

Tu me dis de loin que tu m’aimes,
Et que, la nuit, à l’horizon,
Tu viens voir sur les grèves blêmes
Le spectre blanc de ma maison.

Là, méditant sous le grand dôme,
Près du flot sans trêve agité,
Surprise de trouver l’atome
Ressemblant à l’immensité,

Tu compares, sans me connaître,
L’onde à l’homme, l’ombre au banni,
Ma lampe étoilant ma fenêtre
A l’astre étoilant l’infini !

Parfois, comme au fond d’une tombe,
Je te sens sur mon front fatal,
Bouche de l’Inconnu d’où tombe
Le pur baiser de l’Idéal.

A ton souffle, vers Dieu poussées,
Je sens en moi, douce frayeur,
Frissonner toutes mes pensées,
Feuilles de l’arbre intérieur.

Mais tu ne veux pas qu’on te voie ;
Tu viens et tu fuis tour à tour ;
Tu ne veux pas te nommer joie,
Ayant dit : Je m’appelle amour.

Oh ! fais un pas de plus ! Viens, entre,
Si nul devoir ne le défend ;
Viens voir mon âme dans son antre,
L’esprit lion, le coeur enfant ;

Viens voir le désert où j’habite
Seul sous mon plafond effrayant ;
Sois l’ange chez le cénobite,
Sois la clarté chez le voyant.

Change en perles dans mes décombres
Toutes mes gouttes de sueur !
Viens poser sur mes oeuvres sombres
Ton doigt d’où sort une lueur !

Du bord des sinistres ravines
Du rêve et de la vision,
J’entrevois les choses divines… –
Complète l’apparition !

Viens voir le songeur qui s’enflamme
A mesure qu’il se détruit,
Et, de jour en jour, dans son âme
A plus de mort et moins de nuit !

Viens ! viens dans ma brume hagarde,
Où naît la foi, d’où l’esprit sort,
Où confusément je regarde
Les formes obscures du sort.

Tout s’éclaire aux lueurs funèbres ;
Dieu, pour le penseur attristé,
Ouvre toujours dans les ténèbres
De brusques gouffres de clarté.

Avant d’être sur cette terre,
Je sens que jadis j’ai plané ;
J’étais l’archange solitaire,
Et mon malheur, c’est d’être né.

Sur mon âme, qui fut colombe,
Viens, toi qui des cieux as le sceau.
Quelquefois une plume tombe
Sur le cadavre d’un oiseau.

Oui, mon malheur irréparable,
C’est de pendre aux deux éléments,
C’est d’avoir en moi, misérable,
De la fange et des firmaments !

Hélas ! hélas ! c’est d’être un homme ;
C’est de songer que j’étais beau,
D’ignorer comment je me nomme,
D’être un ciel et d’être un tombeau !

C’est d’être un forçat qui promène
Son vil labeur sous le ciel bleu ;
C’est de porter la hotte humaine
Où j’avais vos ailes, mon Dieu !

C’est de traîner de la matière ;
C’est d’être plein, moi, fils du jour,
De la terre du cimetière,
Même quand je m’écrie : Amour !

(Victor Hugo)

 

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