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Poésie

Posts Tagged ‘oiseau’

Sur la rivière de Jo-yeh (Tsoui-hao)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Sur la rivière de Jo-yeh

Comme elle fuit cette barque légère !
Nous voici déjà dans le charmant pays
des blanches vapeurs et des vertes forêts.
On avance, on se repose,
toujours au milieu des oiseaux et des nuées ;

Tandis que l’image tremblante des montagnes suit,
sur les eaux limpides, tous les mouvements du bateau.
Tantôt l’écho vous répond,
sortant de quelque roche profonde,
Tantôt l’on arrive à quelque vallon tranquille,
dont le silence même invite à élever la voix.

Ici, tout semble fait pour inspirer à l’homme
l’amour de la solitude.
De grâce, laissez là vos rames,
que je jouisse de ce site admirable !
à peine en ai-je encore entrevu les beautés.

(Tsoui-hao)

 

 

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La pluie venue (Song Tche-Wen)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017




La pluie venue du mont Ki-chan avait passé rapidement avec le vent impétueux.
Le soleil se montrait pur et radieux au-dessus du pic occidental,
les arbres de la vallée du Midi semblaient plus verdoyants et touffus.

Je me dirigeai vers la demeure sainte
où un bonze vénérable me fit un accueil bienveillant.
Le religieux et moi nous nous sommes unis dans une même pensée ;
nous avions épuisé ce que la parole peut rendre
et nous demeurions silencieux.

Je regardais les fleurs immobiles comme nous,
j’écoutais les oiseaux suspendus dans l’espace,
et je comprenais la grande vérité.

(Song Tche-Wen)

 

 

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Jeunes bambous de mon jardin de Tch’ang-Kou (Li Ho)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Jeunes bambous de mon jardin de Tch’ang-Kou

Les bambous antiques, de leur pointe durcie,
frôlent les nuages d’azur.

Comme Siang-jou, je rentre dans mon pays, indolent ;
la pauvreté noble est mon seul désir.

Mille arpents de bambous s’agitent au vent
et sifflent sous la pluie…

Une branche, sous le poids d’un oiseau,
se recourbe et entre dans mon amphore.

(Li Ho)

 

 

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Ces oiseaux que tu vois voler sur le mur (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



 

Ces oiseaux que tu vois voler sur le mur
ne sont que l’ombre de mes paroles
des îles
des tempêtes
des paysages éphémères
même les souvenirs d’un long voyage
apparaissent sur la pierre lisse du mur
parmi d’autres choses attirées
par le regard de la pensée

ce couple de poissons volants
qui vient de frôler ta chevelure
n’a jamais existé hors d’ici

nous n’avons pas besoin du ciel
nous n’avons pas besoin de la
neige ou de la mer
nous avons déjà allumé un feu de joie
sur la côte sauvage de notre chambre
à peine avons-nous besoin d’avoir un nom

(Luis Mizón)

Illustration

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SAINT-SEBASTIEN (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



 

Alfred Courmes   Saint Sebastien 40 [1280x768]

SAINT-SEBASTIEN

Je suis inutile et je suis nuisible ;
Ma peau a les tons qu’il faut pour la cible.
Valets au pouvoir public attachés
Tirez, tirez donc, honnêtes archers !

La première flèche a blessé mon ventre,
La seconde avec férocité m’entre
Dans la gorge, aussi mon sang précieux
Jaillit, rouge clair, au regard des cieux.

Je meurs et là-haut sont dans les platanes
Des oiseaux charmeurs. En bas de bons ânes
Mêlés à des ours, brutes qu’il ne faut
Jamais occuper des choses d’en haut.

(Charles Cros)

Illustration: Alfred Courmes

 

 

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Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur (Anna Gréki)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur
C’est ma manière d’avoir du cœur à revendre
C’est ma manière d’avoir raison des douleurs
C’est ma manière de faire flamber des cendres
A force de coups de cœur à force de rage
La seule façon loyale qui me ménage
Une route réfléchie au bord du naufrage
Avec son pesant d’or de joie et de détresse
Ces lèvres de ta bouche ma double richesse

A fond de cale à fleur de peau à l’abordage
Ma science se déroule comme des cordages
Judicieux où l’acier brûle ces méduses
Secrètes que j’ai draguées au fin fond du large
Là où le ciel aigu coupe au rasoir la terre

Là où les hommes nus n’ont plus besoin d’excuses
Pour rire déployés sous un ciel tortionnaire
Ils m’ont dit des paroles à rentrer sous terre
Mais je n’en tairai rien car il y a mieux à faire
Que de fermer les yeux quand on ouvre son ventre

Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur
Avec la rage au cœur aimer comme on se bat
Je suis impitoyable comme un cerveau neuf
Qui sait se satisfaire de ses certitudes
Dans la main que je prends je ne vois que la main
Dont la poignée ne vaut pas plus cher que la mienne
C’est bien suffisant pour que j’en aie gratitude
De quel droit exiger par exemple du jasmin
Qu’il soit plus que parfum étoile plus que fleur
De quel droit exiger que le corps qui m’étreint
Plante en moi sa douceur à jamais à jamais
Et que je te sois chère parce que je t’aimais
Plus souvent qu’a mon tour parce que je suis jeune
Je jette l’ancre dans ma mémoire et j’ai peur
Quand de mes amis l’ombre me descend au cœur
Quand de mes amis absents je vois le visage
Qui s’ouvre à la place de mes yeux – je suis jeune
Ce qui n’est pas une excuse mais un devoir
Exigeant un devoir poignant à ne pas croire
Qu’il fasse si doux ce soir au bord de la plage
Prise au défaut de ton épaule – à ne pas croire…

Dressée comme un roseau dans ma langue les cris
De mes amis coupent la quiétude meurtrie
Pour toujours – dans ma langue et dans tous les replis
De la nuit luisante – je ne sais plus aimer
Qu’avec cette plaie au cœur qu’avec cette plaie
Dans ma mémoire rassemblée comme un filet

Grenade désamorcée la nuit lourde roule
Sous ses lauriers-roses là où la mer fermente
Avec des odeurs de goudron chaud dans la houle
Je pense aux amis morts sans qu’on les ait aimés
Eux que l’on a jugés avant de les entendre
Je pense aux amis qui furent assassinés
A cause de l’amour qu’ils savaient prodiguer

Je ne sais plus aimer qu’avec la rage au cœur

A la saignée des bras les oiseaux viennent boire

(Anna Gréki)

Illustration: Frida Kahlo

 

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VISAGE D’AVRIL (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



VISAGE D’AVRIL

J’aime entrouvert
le velours vert
de ton col de collines
pour y poser
un nid de baisers,
une aile d’églantine

J’aime fondant
entre mes dents
sucer ce lobe
de sucre vermeil
où boucle d’or,
boucle d’oreille,
tu pinces le soleil

Caresser ta joue,
ronde et lisse ombelle,
visage d’avril,
et d’un doigt subtil
suivre le tracé
de ton sourcil en
vol d’hirondelle

Monter en ballon
dans le bleu de tes yeux,
sous l’ombre des cils
léger dans les cieux,
monter si haut
que dans la nacelle
pris de vertige
mon coeur chancelle

Et suspendu ainsi jusqu’au soir
à trembler de peur
et d’espoir,
j’attends , avec mes oiseaux-rêves
qui dans ton ciel
tournent en rond ,
à la frange fleurie
des branches sur ton front…

(Christiane Barrillon)

Illustration: Dina Shubin

 

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Dans un coin bleu de mon enfance (Jean-Hugues Malineau)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Dans un coin bleu de mon enfance
il y a le rêve d’un tapis
grand comme le ciel
avec des oiseaux en petit.
Maman est là en vrai et en semblant
elle me dit oui et elle m’attend
j’ai peur de la voir trop belle
sans son tablier bleu et blanc
je voudrais toujours être avec elle
et me salir sans qu’elle gronde
même quand elle est en trop beau
et qu’elle ne veut pas faire la ronde.

(Jean-Hugues Malineau)

Illustration: Alex Alemany

 

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Au fond de moi (Nicolas Diéterlé)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Au fond de moi,
j’ai l’impression d’être immobile,
d’une immobilité suspendue, magique,
à la façon dont un oiseau
planant très haut dans les airs
nous semble immobile,
à nous qui le regardons
depuis la terre.

(Nicolas Diéterlé)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

Illustration

 

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Quand tu écris « oiseau » (Nicolas Diéterlé)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Quand tu écris « oiseau »,
rien qu’« oiseau »,
imagine quel oiseau bariolé
se met à respirer en toi,
te brûle les poumons.

(Nicolas Diéterlé)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

Illustration

 

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