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Poésie

Posts Tagged ‘oiseau’

Telle qu’une pluie de fleurs (Mâgha)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2023




    
Telle qu’une pluie de fleurs,
il tombait une averse de perles
sur la poitrine d’un amant,
comme si le collier de la jeune maîtresse
avait dit en se rompant :
« Honneur à celle qui a vaillamment supporté
le choc de cette région des seins !

Des sons inarticulés, un murmure bas et doux,
des paroles sollicitant la pitié,
des expressions pleines d’amour,
des mots qui imposaient la défense,
les cris d’oiseau des parures, semblables à des rires :
tout s’élevait alors dans une jeune femme
à la puissance d’une incantation d’amour.

(Mâgha) (VIIe siècle)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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UNE NUIT AU PALAIS DES GROTTES CÉLESTES (Lin Bû) (967-1028)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2023



Illustration: Dai Dunbang
    
UNE NUIT AU PALAIS DES GROTTES CÉLESTES

D’automne les collines qu’on ne peut épuiser,
D’automne les rêveries aussi qui n’en finissent pas.
Le torrent de jadéite charrie des feuilles rougies,
Les bosquets verts se piquent de nuages blancs.

Dans l’ombre fraîche un oiseau descend,
Sous un jour défaillant les cigales se dispersent.
Cette nuit le bananier quand il pleuvra,
Qui sur l’oreiller l’entendra ?

***

(Lin Bû) (967-1028)

 

Recueil: Quand mon âme vagabonde en ces anciens royaumes Poèmes Song illustrés par Dai Dunbang
Traduction: du Chinois par Bertrand Goujard
Editions: De la Cerise

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Un jour lointain (Salih Diyab)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2023




    
Un jour lointain

Les oiseaux
se dépouillent
de leurs voix
sous les feuillages
la pluie
sur l’herbe
écrit tendrement la tulipe
dans les hautes lucarnes
où pousse l’hirondelle

un jour lointain
des larmes blanches
tressées comme une coiffure une odeur
retire l’étoile
du nid

***

(Salih Diyab)

 

Recueil: Poésie Syrienne contemporaine
Traduction:de l’Arabe par Saleh Diab
Editions: Le Castor Astral

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Poèmes de la rose (Umar Qaddur)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2023




    
Poèmes de la rose
(extrait)

La rose penchée au bord d’un verre
rêve des oiseaux
toi peut-être tu ne te souviens pas :
ta tête posée sur mon épaule
comme s’il s’agissait d’une lassitude extrême
comme s’il suffisait que je bouge ma main
pour que tes rêves tombent
feuille
après feuille
en ce midi lointain.

***

(Umar Qaddur)

 

Recueil: Poésie Syrienne contemporaine
Traduction:de l’Arabe par Saleh Diab
Editions: Le Castor Astral

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Solitude (Husayn Bin Hamzah)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2023




    
Solitude

Je n’oublie pas
une rivière
sur laquelle un arbre s’incline
avec tout son poids d’oiseaux
il lui parle depuis mille ans
tandis qu’elle poursuit en pure perte
sans comprendre.

***

(Husayn Bin Hamzah)

 

Recueil: Poésie Syrienne contemporaine
Traduction:de l’Arabe par Saleh Diab
Editions: Le Castor Astral

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Chimère (Adil Mahmud)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2023




    
Chimère

J’imaginais avoir beaucoup appris,
j’ai passé bien des années dans des rêveries,
et ai récolté maintes déceptions de mes chimères.
J’ai fait ce que j’étais incapable de faire :
j’ai déplacé les montagnes, fait rouler des trains
dans leur ventre.
Comme un roi content que ses volontés soient faites
j’étais satisfait,
et ma conscience s’envolait haut comme un oiseau et revenait à moi

Mais ce que j’ai raté,
la plus grande chose que j’ai ratée, c’est d’apprendre
à dire
au bon moment
à qui j’aime
je
t’aime.

(Adil Mahmud)

***

 

Recueil: Poésie Syrienne contemporaine
Traduction:de l’Arabe par Saleh Diab
Editions: Le Castor Astral

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Ne sachant pas quand l’Aube viendra (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2023



Illustration: Marc Chagal
    
Ne sachant pas quand l’Aube viendra,
J’ouvre toutes les Portes,
Peut-être a-t-elle des Plumes, comme un Oiseau,
Peut-être des Vagues, comme un Rivage —

***

Not knowing when the Dawn will come,
I open every Door,
Or has it Feathers, like a Bird,
Or Billows, like a Shore —

(Emily Dickinson)

 

Recueil: Ses oiseaux perdus
Traduction: de l’américain par François Heusbourg
Editions: Unes

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Un mégot de cigarette (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2023




    
Un mégot de cigarette

Un mégot de cigarette n’a rien de
joli.
Ce n’est pas comme les arbres imposants,
les prairies vertes ou les fleurs
de la forêt.
Ce n’est pas comme un faon délicat, un
oiseau chanteur ou un lapin
bondissant.
Mais tout cela a disparu maintenant,
Et, à la place de la fôret, se trouve
Un monde noirci d’arbres calcinés
et de chair pourrissante —
Les restes d’un autre feu de
forêt
Un mégot de cigarette n’a rien de
joli.

***

A Cigarette Butt

A cigarette butt is not a pretty
thing.
It is not like the towering trees,
the green meadows, or the for
est flowers.
It is not like a gentle fawn, a
singing bird, or a hopping
rabbit.
But these are all gone now,
And in the forest’s place is a
Blackened world of charred trees
and rotting flesh —
The remnants of another forrest
fire
A cigarette butt is not a pretty
thing.

(Richard Brautigan)

 

Recueil: C’est tout ce que j’ai à déclarer Oeuvres poétiques complètes
Traduction: Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard
Editions: Le Castor Astral

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Comètes (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2023




    
Comètes

Il y a des comètes
qui traversent en un éclair
nos bouches, elles portent
la grâce
d’océans et de galaxies.

Dieu sait
que nous essayons de faire de
notre mieux.

Il y a des comètes
liées à des produits chimiques
qui télescopent nos langues
pour se consumer dans
l’air.

Je sais
que nous essayons.

Il y a des comètes
qui se rient de nous
de derrière nos dents,
elles portent des habits
de poissons et d’oiseaux.

Nous essayons.

***

Comets

There are comets
that flash through
our mouths wearing
the grace
of oceans and galaxies.

God knows,
we try to do the best
we can.

There are comets
connected to chemicals
that telescope
down our tongues
to burn out against
the air.

I know
we do.

There are comets
that laugh at us
from behind our teeth
wearing the clothes
of fish and birds.

We try.

(Richard Brautigan)

 

Recueil: C’est tout ce que j’ai à déclarer Oeuvres poétiques complètes
Traduction: Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard
Editions: Le Castor Astral

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Le Retour des rivières (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2022




    
Le Retour des rivières

Toutes les rivières se jettent dans la mer ;
pourtant la mer n’est pas pleine ;
vers l’endroit d’où viennent les rivières,
là-bas elles retournent encore.

Il pleut aujourd’hui
dans les montagnes.

C’est une pluie verte et chaude
avec de l’amour
dans ses poches
car le printemps est là,
et ne rêve pas
de mort.

Des oiseaux tombe la musique
comme des horloges tic-taquent la houle
dans un pays
où les enfants aiment les araignées,
et les laissent dormir
dans leurs cheveux.

Une pluie lente grésille sur la rivière
comme une poêlée de fleurs frites,
et avec chaque goutte de pluie
l’océan
recommence.

***

The Return of the Rivers

All the rivers run into the sea;
yet the sea is not full;
unto the place from whence the rivers come,
thither they return again.

It is raining today
in the mountains.

It is a warm green rain
with love
in its pockets
for spring is here,
and does not dream
of death.

Birds happen music
like clocks ticking heaves
in a land
where children love spiders,
and let them sleep
in their hair.

A slow rain sizzles
on the river
like a pan
full of frying flowers,
and with each drop
of rain
the ocean
begins again.

(Richard Brautigan)

 

Recueil: C’est tout ce que j’ai à déclarer Oeuvres poétiques complètes
Traduction: Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard
Editions: Le Castor Astral

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