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Posts Tagged ‘oiseau’

UNE OUVERTURE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021



Illustration: ArbreaPhotos
    
UNE OUVERTURE

Comment dessiner si on ne fait que deviner
entre deux arbres, dans la rapidité des nuages
une vague lumière incertaine, fragile mais constante,
qui repose dans sa parfaite limpidité,
couronne d’écume ? C’est la terre, c’est peut-être le visage
de la terre et une offrande du ciel, le paradis épars
qui à travers ombres et branches a parcouru le champ entier
de la mémoire dans un vertige immobile. Comment être
l’oiseau fidèle de cet éclair ? Comment garder vivantes
les images concaves et aériennes, les germes de l’origine ?

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Le jardin extraordinaire (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021



 

Le jardin extraordinaire

C´est un jardin extraordinaire
Il y a des canards qui parlent anglais
Je leur donne du pain ils remuent leur derrière
En m´disant  » Thank you very much Monsieur Trenet  »
On y voit aussi des statues
Qui se tiennent tranquilles tout le jour dit-on
Mais moi je sais que dès la nuit venue
Elles s´en vont danser sur le gazon
Papa, c´est un jardin extraordinaire
Il y a des oiseaux qui tiennent un buffet
Ils vendent du grain des petits morceaux de gruyère
Comme clients ils ont Monsieur le maire et le Sous-Préfet

Il fallait bien trouver, dans cette grande ville maussade
Où les touristes s´ennuient au fond de leurs autocars
Il fallait bien trouver un lieu pour la promenade
J´avoue que ce samedi-là je suis entré par hasard
Dans dans dans

Un jardin extraordinaire
Loin des noirs buildings et des passages cloutés
Y avait un bal qu´donnaient des primevères
Dans un coin d´verdure deux petites grenouilles chantaient

Une chanson pour saluer la lune
Dès que celle-ci parut toute rose d´émotion
Elles entonnèrent je crois la valse brune
Une vieille chouette me dit:  » Quelle distinction!  »
Maman dans ce jardin extraordinaire
Je vis soudain passer la plus belle des filles
Elle vint près de moi et là me dit sans manières
Vous me plaisez beaucoup j´aime les hommes dont les yeux brillent!

Il fallait bien trouver dans cette grande ville perverse
Une gentille amourette un petit flirt de vingt ans
Qui me fasse oublier que l´amour est un commerce
Dans les bars de la cité :
Oui mais oui mais pas dans…
Dans dans dans

Mon jardin extraordinaire
Un ange du Bizarre un agent nous dit
Etendez-vous sur la verte bruyère
Je vous jouerai du luth pendant que vous serez réunis
Cet agent était un grand poète
Mais nous préférions Artémise et moi
La douceur d´une couchette secrète
Qu´elle me fit découvrir au fond du bois
Pour ceux qui veulent savoir où ce jardin se trouve
Il est vous le voyez au cœur de ma chanson
J´y vol´ parfois quand un chagrin m´éprouve
Il suffit pour ça d´un peu d´imagination
Il suffit pour ça d´un peu d´imagination
Il suffit pour ça d´un peu d´imagination!

(Charles Trenet)

Illustration

 

 

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AUBE DE PRINTEMPS (Meng Haoran)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



Illustration
    
AUBE DE PRINTEMPS

Printemps,
je dors,
insouciant de l’aurore.
Et maintenant
j’entends partout.
le chant des oiseaux.
Hier soir, c’était
le bruit du vent
et de la pluie…
Les fleurs sont tombées,
qui sait combien ?

(Meng Haoran)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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UNE COUPE À LA MAIN (Tao Yuanming)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



Illustration: Shi Yi 
    
UNE COUPE À LA MAIN

Ma maison est tout près de la route,
et pourtant le grincement des chars
et le piaffement des chevaux
n’y pénètrent guère.
Comment est-ce possible ?
Si le coeur est ailleurs,
tout lieu est une retraite.
Je cueille des chrysanthèmes
à la haie de l’est,
je me laisse captiver
par le jeu des ombres
et des lumières.
Au crépuscule
sur la montagne du Sud,
les oiseaux, deux par deux,
aile contre aile,
reviennent vers leur nid…
Je sais que dans toutes ces choses
est le vrai sens de la vie,
mais où trouver les mots
pour le dire ?

(Tao Yuanming)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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MON JARDIN (Denise Borlas)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2021




MON JARDIN

Mon jardin est une tartine bleue
qua les oiseaux picorent,
papa bêche la vigne,
un bruit simple comme si on se mouchait,

je jette à l’allée mon noyau de prune
et les cailloux pensent qu’ils ont la berlue,

la vie en tablier chantonne à l’ombre d’une pêche.

L’échelle hésite — ciel ou bois —
c’est une haute racine posée contre l’arbre,
elle tourne autour de lui
et fait la belle devant la branche la plus mûre,

l’oiseau fouille et chante rouge
– cerise prise —
le jardin est lourd après le vent.

(Denise Borlas)

 

 

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Eloge du bleu (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2021



Eloge du bleu

Les grandes ailes
Qui traversent la mer
Portent ton oiseau noir
Jusqu’à l’obscur
Etincelant

(Henry Bauchau)

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Celle qui est sans source (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2021




Nous pouvons entendre
traversant le jardin sans murs
celle qui est sans source
et chante sans oiseaux.

(Henry Bauchau)

Illustration

 

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Saisir (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2021



Saisir

Saisir, saisir le soir la pomme et la statue,
Saisir l’ombre et le mur et le bout de la rue.

Saisir le pied, le cou de la femme couchée
Et puis ouvrir les mains. Combien d’oiseaux lâchés

Combien d’oiseaux perdus qui deviennent la rue,
L’ombre, le mur, le soir, la pomme et la statue.

Mains, vous vous userez
A ce grave jeu-là.
Il faudra vous couper
Un jour, vous couper ras.

(Jules Supervielle)

 

 

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LA LUMIÈRE (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2021




    
LA LUMIÈRE

Il y a tant de lumière
aujourd’hui
que les aveugles
assis sur des pierres
l’entendent comme un chant d’oiseau.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: Mon soleil
Traduction: Traduit du grec par Ioannis Dimitriadis
Editions: ainigma.net

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ÉLOGE DU BLEU (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2021




ÉLOGE DU BLEU

Les grandes ailes
Qui traversent la mer
Portent ton oiseau noir
Jusqu’à l’obscur
Etincelant

(Henry Bauchau)

Illustration

 

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