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Poésie

Posts Tagged ‘oiseaux’

On apprend l’Eau par la soif (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



On apprend l’Eau par la soif
Et la Terre par les Voyages en mer –
La Passion – par les affres
Et la Paix – par les récits de guerre –
L’Amour – par la Mort
Et les oiseaux – par l’Hiver.

(Emily Dickinson)


Illustration: Michel Ogier

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CONTEMPLATION (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




CONTEMPLATION

Les formes épouvantées moururent et il n’y eut plus
ni au-dehors ni au-dedans. Nul n’écoutait l’endroit
car cet endroit n’existait plus.
A seule fin d’écouter les voici qui écoutent l’endroit.
A l’intérieur de ton masque la nuit lance des éclairs.
On te transperce de croassements.
On te martèle avec des oiseaux noirs.
Des couleurs ennemies s’unissent dans la tragédie.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Caspar David Friedrich

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LES TRIANGLES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



LES TRIANGLES

Trois triangles d’oiseaux ont traversé
le ciel sur l’énorme océan
allongé dans l’hiver comme une bête verte.
Tout n’est qu’inertie de mort, le silence,
le déploiement gris, la lourde clarté
de l’espace, la terre intermittente.

Au-dessus de tout est passé
un vol
et puis un autre vol
d’oiseaux noirs, de corps hivernaux,
triangles tremblants dont les ailes
battant à peine
transportent d’un endroit à l’autre
des côtes du Chili
le froid gris, les jours désolés.

Je suis ici tandis que le tremblotement
des oiseaux migrateurs glissant de ciel en ciel
me laisse plongé en moi et en ma matière
comme en un puits d’éternité
creusé par une spirale immobile.

Ils ont maintenant disparu :
plumes noirâtres de la mer,
métalliques oiseaux
de rocs et de falaises,
maintenant, à midi
me voici face au vide : c’est l’espace
de l’hiver déployé
et la mer a posé
sur son visage bleu
un masque d’amertume.

(Pablo Neruda)

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Je suis arbre par tant d’oiseaux (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018


oiseau

Tout murmurant de mots à naître
Je suis arbre par tant d’oiseaux,
Rivière par tant de roseaux,
Village par tant de fenêtres
Que j’ai peine à me reconnaître.

(Maurice Carême)

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Les oiseaux chantent (Françoise Naudin)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2018



Les oiseaux
chantent
quand on les écoute

(Françoise Naudin)


Illustration

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Le chêne (André Rochedy)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2018



La vie est belle, dit le chêne,
chaque printemps, j’agrandis
ma maison d’oiseaux.

(André Rochedy)


Illustration

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Mais ces oiseaux (Vincent Muselli)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



 

maureen-ida-farley  four-birds-flying-high-

Mais ces oiseaux qui volaient haut dans le soir,
En chantant malgré le vent et malgré l’ombre.
Disaient-ils point, ah, si fiers en ce décombre!
L’inexorable dureté de l’espoir.

La peur entrait dans la bête et dans la plante,
Les angoisses peuplaient l’air alentour, mais
Ces oiseaux, alors, chantèrent à jamais,
Ignorants de la lumière fléchissante.

Déjà le jour noircissait dans les roseaux,
Un deuil froid poignait les choses de la plaine,
Tout mourait, dans quel secret ! et cette peine
Était longue sur l’étang.
Mais ces oiseaux…

(Vincent Muselli)

Illustration: Maureen Ida Farley

 

http://fineartamerica.com/profiles/maureenidafarley.html

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PÉRILLEUSE PROMENADE (Motoo Andô)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



feuille qui vole

 

 

PÉRILLEUSE PROMENADE
MUZUKASHII SANPO

Se rappeler une feuille
Poursuivre une feuille
Ensuite plus au fond
Pénétrer vers la voix enfermée en larmes
Tordre le gouvernail
Glisser sur la pente
Imitant les arbres qui grandissent avec ruse et raison
Aspirer à une variante plus complexe
Quand on empile des cartes qu’elles s’écroulent alors
Traverser la rivière cette rivière
Qui a l’air de n’avoir ni commencement ni fin
Sans avoir encore oublié les glaces flottantes d’il y a dix ans
Jusqu’à ce qu’elles fondent
Les réchauffer de la paume en sentir l’odeur
Captivé par l’oreille des jeunes filles
Disséminer du sable
Que des oiseaux s’en viennent pour le saisir les attendre
Attendre un témoignage
Ne pouvant admettre une misérable consolation
Verser de l’herbe verser de la voix
Ensuite encore une fois
Sans même relever la tête après avoir traversé la rivière s’en retourner

(Motoo Andô)

Illustration

 

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L’oiselier (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



L’oiselier

Le marchand d’oiseaux
avait sa boutique au bord de l’eau.
J’entrai ayant en tête
les noms de deux ou trois sortes d’oiseaux que,
maladroitement, je tentai d’imiter,
ce qui fit rire le marchand
qui n’en reconnaissait aucun.
« Vous avez des lèvres faites pour imiter les merles »,
me dit-il en plissant les yeux à la chinoise ;
« c’est leur chant que vous auriez du choisir de préférence ».
Il me montra plusieurs modèles de cages,
dont une avait des barreaux
en forme de gouttes de pluie.
« Placez la cage ouverte, à la tombée du jour,
dans les branches basses d’un arbre, et sifflez.
Il se pourrait qu’au matin deux ou trois oiseaux
s’y furent laissé prendre ».
Il avait de beaux yeux dorés
comme certains rossignols d’Espagne.
« C’est une question d’habitude », me répétait-il doucement,
tout en fermant sur moi la porte de la plus grande de ces cages.
« Vous verrez, vous vous y ferez. »

(Luc Decaunes)


Illustration

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Comme il fait blanc (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018


moutons[1]neige

Comme il fait beau, comme il fait blanc!
Il a neigé.
sur les jardins et sur les bancs,
Il y a des milliers de moutons.
Ils ont brouté
Tout l’horizon.
Le ciel est tombé sur les champs.
Comme il fait blanc, comme il fait beau!
Mais où vont venir se poser
Les oiseaux qui tournent là-haut?
On ne distingue même plus
Un fossé d’un arbre abattu.

(Maurice Carême)

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