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Poésie

Posts Tagged ‘oiseaux’

Il tremblait (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2019



 

Il tremblait devant la lumière
Et tremblait devant les rameaux.

Il n’était pas content des fenêtres
Et se méfiait des oiseaux.

Il n’avait pu
Etre davantage.

Pourtant quand il fut clair
Que la ville flambait
Dans le fracas des bombes,

Il osa tutoyer,
Pour la première fois,
Les choses qu’il touchait
Sur la table et les murs.

(Guillevic)

 

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Renouveau (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2019



Renouveau

Mon cœur s’insurge
Devant un ciel blessé
Le froid engourdit le pays
La rivière se marbre de glace
L’herbe se brise comme du verre
Mais il arrive un moment
Où le sol secoue son corset de givre

Quand l’eau chante sur l’écho du matin
Que les fleurs se parlent entre elles
Que les arbres rient d’eux-mêmes
Que les cailloux crient sous les pieds des marcheurs
Et que la maison danse dans la lumière
Quand le soleil sort de sa torpeur
Que le sable tressaille sous la caresse de la mer
Et que les oiseaux jouent avec les nuages
Je communie avec le renouveau

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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LA CIGALE ET LE GRILLON (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

LA CIGALE ET LE GRILLON

La Poésie de la Terre jamais ne meurt :
Quand tous les oiseaux défaillent sous le soleil brûlant,
Et se cachent dans la fraîcheur des arbres, une voix court
De haie en haie par la prairie fraîche fauchée ;
C’est la voix de la cigale ; elle mène le branle
Dans la féerie d’été puis — car il n’est point de terme
A ses enchantements — épuisée de plaisir,
S’enivre d’indolence sous une herbe accueillante.
La Poésie de la Terre ne s’achève jamais :
Dans la désolation d’un soir d’hiver, quand le gel
A tissé son silence, de l’âtre monte
Le chant aigu du grillon, dont la chaleur sans cesse croît,
Apportant à celui que gagne la torpeur
Le chant de la cigale parmi les monts herbeux.

(John Keats)

 

 

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La femme émiette un pain friable (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019




…la femme
émiette un pain friable
au cercle des oiseaux bénis

(Jean Follain)

Illustration: Jean-Honoré Nicolas Fragonard

 

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Il dessinait partout des fenêtres (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2019



Il dessinait partout des fenêtres
Sur les murs trop hauts,
sur les murs trop bas,
sur les parois obtuses, dans les coins,
dans l’air, et jusque sur les plafonds.

Il dessinait des fenêtres
comme s’il dessinait des oiseaux.
Sur le sol, sur les nuits,
sur les regards tangiblement sourds,
sur les environs de la mort,
sur les tombes, les arbres.

Il dessinait des fenêtres
jusque sur les portes.
Mais jamais il ne dessina une porte.
Il ne voulait ni entrer ni sortir.
Il savait que cela ne se peut.

Il voulait seulement voir: voir.
Il dessinait des fenêtres.
Partout.

(Roberto Juarroz)

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Quand cessera cet attrait du mystère? (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



A l’heure pâle du couchant
Les oiseaux délirent au long du torrent.
La route du ravin plonge en tournoyant –
Quand cessera cet attrait du mystère?

(Wang Wei)


Illustration: Christophe Sidamon-Pesson

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On apprend l’Eau par la soif (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



On apprend l’Eau par la soif
Et la Terre par les Voyages en mer –
La Passion – par les affres
Et la Paix – par les récits de guerre –
L’Amour – par la Mort
Et les oiseaux – par l’Hiver.

(Emily Dickinson)


Illustration: Michel Ogier

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CONTEMPLATION (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




CONTEMPLATION

Les formes épouvantées moururent et il n’y eut plus
ni au-dehors ni au-dedans. Nul n’écoutait l’endroit
car cet endroit n’existait plus.
A seule fin d’écouter les voici qui écoutent l’endroit.
A l’intérieur de ton masque la nuit lance des éclairs.
On te transperce de croassements.
On te martèle avec des oiseaux noirs.
Des couleurs ennemies s’unissent dans la tragédie.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Caspar David Friedrich

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LES TRIANGLES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



LES TRIANGLES

Trois triangles d’oiseaux ont traversé
le ciel sur l’énorme océan
allongé dans l’hiver comme une bête verte.
Tout n’est qu’inertie de mort, le silence,
le déploiement gris, la lourde clarté
de l’espace, la terre intermittente.

Au-dessus de tout est passé
un vol
et puis un autre vol
d’oiseaux noirs, de corps hivernaux,
triangles tremblants dont les ailes
battant à peine
transportent d’un endroit à l’autre
des côtes du Chili
le froid gris, les jours désolés.

Je suis ici tandis que le tremblotement
des oiseaux migrateurs glissant de ciel en ciel
me laisse plongé en moi et en ma matière
comme en un puits d’éternité
creusé par une spirale immobile.

Ils ont maintenant disparu :
plumes noirâtres de la mer,
métalliques oiseaux
de rocs et de falaises,
maintenant, à midi
me voici face au vide : c’est l’espace
de l’hiver déployé
et la mer a posé
sur son visage bleu
un masque d’amertume.

(Pablo Neruda)

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Je suis arbre par tant d’oiseaux (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018


oiseau

Tout murmurant de mots à naître
Je suis arbre par tant d’oiseaux,
Rivière par tant de roseaux,
Village par tant de fenêtres
Que j’ai peine à me reconnaître.

(Maurice Carême)

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