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SEUL DEVANT LA COUPE SOUS LA LUNE ESTIVALE (Yang Wanli)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2019



SEUL DEVANT LA COUPE SOUS LA LUNE ESTIVALE

Qui dit que cet été est caniculaire ?
Cette nuit me paraît exceptionnellement fraîche
Sous le vent venu des bambous je me croirais déjà au neuvième mois
Au clair de lune le ruisseau est aussi éclatant qu’en plein jour
Le ciel est parcimonieux de nous accorder un tel temps
Seul je m’offre un gobelet de vin
Demain matin le soleil dardera son feu sur mon ombrelle
Il est toujours préférable de le prévoir

(Yang Wanli)

 

 

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TE SOUVIENS-TU DU JOUR (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



TE SOUVIENS-TU DU JOUR

Te souviens-tu du jour où je te disais que tu es belle,
Du jour où, les yeux scintillants, les lèvres couleur de sang,
Tu t’arrêtais tremblante d’émoi, sous l’automnale ombrelle
Des arbres, en rêvant à l’amour entrevu si souvent ?…

Tu attendais qu’enfin je sois le poète audacieux
Qui te fasse entendre l’écho glacé d’étreintes brûlantes ;
Tu te portais sans cesse vers quelque ombre obscure, obsédante
Comme une pâle vision, se détachant d’autres cieux.
Tu m’as dit — oh combien simplement ! — que tu as soif d’amour,

Et n’écoutant en la forêt déserte que son murmure,
De la main tu comprimais ton coeur, souriais alentour,
Ne pouvant plus — loin l’un de l’autre — endurer cette torture.

— Ha, ha, ha ! riait l’écho et je riais de ton plaisir,
Tu m’as dit l’ancienne haine entre l’homme et la femme lasse.
Je t’ai laissée alors, là-bas, m’égrener tes souvenirs
Douloureux, mystérieux, comme à un inconnu qui passe.
Te souviens-tu du jour où je te disais que tu es belle,
Du jour où, peut-être, je t’ai embrassée en la forêt,
Écoutant l’écho glacé de cet automne froid, rebelle,
Qui donnait à notre rencontre un goût d’adieu, de regret ?

(George Bacovia)

Illustration: Irina Kotova

 

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La Seine (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



La Seine a pavoisé ses avirons ses belles
ses oiseaux ses pontons ses bains froids ses ombrelles
sous le Trocadéro s’en vont les bateaux-mouches
les ans gris les ans blonds les baisers sur les bouches

(Armand Lanoux)

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SPHINX (Germain Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Gustave Moreau
    
SPHINX

Toutes les femmes sont des fêtes,
Toutes les femmes sont parfaites,
Et dignes d’adoration,
Sous les fichus ou sous les mantes
Toutes les femmes sont charmantes,
Oui, toutes, sans exception;

Toutes les femmes sont des Belles
Sous les chapeaux ou les ombrelles
Et sous le petit bonnet blanc;
Toutes les femmes sont savantes,
Les princesses et les servantes,
Les ignorantes… font semblant;

Toutes les femmes sont des reines :
Impératrices souveraines
Et grisettes de magasin,
Et premières communiantes,
Avant comme après si liantes
Avec les lèvres du cousin;

Toutes les femmes sont honnêtes,
Le coeur loyal et les mains nettes,
En sabots, ou sur les patins;
Adorables prostituées,
Nous mériterions vos huées :
C’est nous qui sommes les… pantins.

Toutes les femmes sont des saintes,
Surtout celles qui sont enceintes
Tous les neuf mois sans perdre un jour,
Et qui de janvier à décembre
Se pâment la nuit dans leur chambre
Par la volonté de l’Amour.

Toutes, toutes, sont bienheureuses
D’élargir leurs grottes ombreuses
D’où l’amour a fichu la peur
Par la fenêtre… déchirée,
« Et la fille déshonorée »?
Rit dans sa barbe… de sa peur,

Plus fines que nous et meilleures,
Efles nous sont supérieures…
Chaque Français, dans tous les cas,
S’il les aborde se découvre
Et c’est le plus grand, dans le Louvre,
Qui sait saluer… le plus bas,

Belle, parfaite, reine, sainte,
Honnête si ce n’est enceinte,
Tout cela s’applique fort bien
A la femme que tu veux être…
Mais… si l’on pouvait Vous connaître,
Ah!… quant à moi… je ne sais rien…
Devant Vous je songe, immobile,
Tel, droit, sur son cheval Kabyle,
Bonaparte, au regard de lynx,
Sans suite, seul, un grand quart d’heure,
Au soleil des sables, demeure
Fixe et rêveur, devant le Sphinx!

(Germain Nouveau)

 

Recueil: La Doctrine de l’Amour Valentines
Traduction:
Editions: Gallimard

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Elles brodent (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



 

Alexandr Sulimov -    (14)

Elles brodent des artichauts et des soleils
Que sais-je et mon coeur mécontent les leur lapide
Ô demoiselles aux sous-entendus limpides
Boucles d’organza vieux, châteaux des bleus sommeils
Vos paniers, vos héros, vos rires insipides
En ces villages d’autrefois purs et vermeils

Quand les lents troupeaux
Roux et blancs reviennent

Elles inventent des tisons dans leurs regards
Minces ombrelles à rebours folles des jupes
J’avais au moins dix fois mon âge, mol étendard
Doux cadavres que flanquent encore leurs huppes
Enigmatiquement, s’il advient par hasard

Que de lents troupeaux
Roux et blancs reviennent

(Louis Calaferte)

Illustration: Alexandre Sulimov

 

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Je m’aperçois que je me suis laissé partout (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018




    
Je m’aperçois que je me suis laissé
Partout où je suis passé depuis que je suis né
Et je traîne derrière moi un film déjà bien long
Alors si nous achetions une ombrelle japonaise
Nous venons de l’ouvrir en arrivant
La joie qui a jailli de ses violets
A repoussé les six parois de la chambre
Comprenez-vous maintenant pourquoi le monde est plus grand l’été

(Pierre Albert-Birot)

 

Recueil: Poèmes à l’autre moi précédé de La Joie des sept couleurs et suivi de Ma morte et de La Panthère noire
Editions: Gallimard

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Couplet du verre de vin (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



verre-de-vin

Couplet du verre de vin

Quand le train partira n’agite pas la main,
Ni ton mouchoir, ni ton ombrelle,
Mais emplis un verre de vin
Et lance vers le train dont chantent les ridelles
La longue flamme du vin,
La sanglante flamme du vin pareille à ta langue
Et partageant avec elle
Le palais et la couche
De tes lèvres et de ta bouche.

(Robert Desnos)

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A MA MÈRE (Mahmoud Darwich)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Oskar Kokoschka
    
A MA MÈRE

J’ai la nostalgie du pain de ma mère,
Du café de ma mère,
Des caresses de ma mère…
Et l’enfance grandit en moi,
Jour après jour,
Et je chéris ma vie, car
Si je mourais,
J’aurais honte des larmes de ma mère !

Fais de moi, si je rentre un jour,
Une ombrelle pour tes paupières.
Recouvre mes os de cette herbe
Baptisée sous tes talons innocents.
Attache-moi
Avec une mèche de tes cheveux,
Un fil qui pend à l’ourlet de ta robe…
Et je serai, peut-être, un dieu,
Peut-être un dieu,
Si j’effleurais ton coeur !

Si je rentre, enfouis-moi,
Bûche, dans ton âtre.
Et suspends-moi,
Corde à linge, sur le toit de ta maison.
Je ne tiens pas debout
Sans ta prière du jour.
J’ai vieilli. Ramène les étoiles de l’enfance
Et je partagerai avec les petits des oiseaux,
Le chemin du retour…
Au nid de ton attente !

(Mahmoud Darwich)

 

Recueil: La terre nous est étroite
Traduction: Elias Sanbar
Editions: Gallimard

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Ce sera l’Été — tôt ou tard (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Ce sera l’Été — tôt ou tard.
Des Dames — avec ombrelles —
Des Messieurs flânant — avec Cannes —
Des Fillettes — avec Poupées —

Coloreront le paysage blême —
Comme un éclatant Bouquet –
Bien que le Bourg, sous du Paros –
En ce jour — soit enseveli —

Les Lilas — ployant depuis mainte année —
Balanceront leur fardeau pourpre –
Les Abeilles — ne bouderont pas le chant –
Qu’ont bourdonné — leurs Ancêtres —

L’Églantine — rougira au Marais —
L’Aster — sur la Colline
Lancera — sa mode éternelle —
La Gentiane — ses plissés —

Puis l’Été repliera son miracle —
Comme les Femmes — plient — leur Robe –
Ou les Prêtres — rangent les Symboles —
Le Sacrement — administré —

***

It will be Summer — eventually.
Ladies —- with parasols —
Sauntering Gentlemen — with Canes —
And little Girls — with Dolls —

Will tint the pallid landscape –
As ’twere a bright Boquet —
Th0’ drifted deep, in Parian —
The Village lies — today —

The Lilacs — bending many a year —
Will sway with purple load —
The Bees — will not despise the tune —
Their Forefathers — have hummed —

The Wild Rose — redden in the Bog —
The Aster — on the Hill
Her everlasting fashion — set —
And Covenant Gentians — frill —

Till Summer folds her miracle —
As Women — do — their Gown —
Or Priests — adjust the Symhols —
When Sacrement — is done —

(Emily Dickinson)


Illustration: Claude Monet

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Il m’a quittée à la nouvelle lune, mon ami, mon amour (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



Il m’a quittée à la nouvelle lune,
Mon ami, mon amour. Tant pis !
Il m’a dit: «Jolie funambule,
Comment vivras-tu jusqu’au mois de mai?»

J’ai répondu comme on parle à son frère.
Pas de jalousie. Pas de scène.
Quatre manteaux tout neufs
Ne pourront pas me consoler.

Oui, je marche au milieu de terribles dangers;
Mais marcher dans l’angoisse est plus terrible encore…
Mon ombrelle chinoise est d’un beau rouge.
J’ai frotté à la craie mes semelles.

L’orchestre joue des choses gaies.
Partout je vois des lèvres sourire.
Mais mon coeur, mon coeur sait trop bien
Que la loge cinq est vide.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Pierre Bonnard

 

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