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PLAINTE DE LA JEUNE FILLE ABANDONNÉE (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



PLAINTE DE LA JEUNE FILLE ABANDONNÉE

Je ne sais plus si je suis moi
Ni pour combien de jours,
Un fin et tremblant souvenir
Est déjà ma place au soleil.

Plus fidèle à toi que toi-même
Je te raconte aux ombres.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

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CHAMP LIBRE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018




    
CHAMP LIBRE

L’océan bat son plein
La barrière est ouverte
On voit des chevaux d’or brouter les plantes vertes
Les deux bords du chemin
Les guirlandes de ciel qui passent par nos mains

Un visage se lève
Soir et matin le même rêve
La peau douce du vent
Je pars dans le soleil et tu marches devant
Le temps presse
A chaque pas vers toi je tombe de faiblesse
Le coeur ne répond plus
Je gagnais ton pardon si tu l’avais voulu

Sur le mur qui chancelle une ombre s’épanouit
Un reflet nous égare
Une voix dans la nuit

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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LE MIROIR DU SORT (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



LE MIROIR DU SORT

Ainsi lorsque je pars vers un nouveau séjour
Protégeant cet enfant que je berce et console,
Souvenir insoumis tu montes à mon bord
Et pour mieux incliner mon choix vers tes trésors
Tu tends à mes refus un peu de cette eau folle
Où je vois le passé délivré qui accourt.

Assoiffée à présent de ce flot hors d’atteinte
Je retourne au rivage où dansent mes témoins,
Je cherche à retrouver les ombres qui m’appellent,
Mais tandis que je crie où les sentiers se mêlent
La route et le ruisseau vont se rejoindre au loin
Et le silence est seul à épouser ma plainte.

Sur le pont suspendu quel est ce promeneur?
Ah! c’est lui : « Hâte-toi. Tourne les yeux. Je t’aime.
Je suis à demi morte et la nuit nous attend. »
Il est là, près de moi, mais ce n’est qu’un absent
Et le chagrin revient. L’image est un problème
Qui surgit de l’espoir et se noie en nos pleurs.

Appuyée à ton bras nous partons en voyage,
C’est la fin de septembre et le vent sent les feux.
Tu souris, et je vois au-delà des platanes
Passant à contre-jour un seul corbeau qui plane
Et pour nous saluer nous trouvons que c’est peu.
A Soudain le temps se ferme et me prend ton visage.

Un rire en robe blanche arrive du lointain
Je reconnais ces voix dont l’éclat m’encourage.
Oui ce sont trois enfants qui courent dans les bois
Et sous les champignons cherchent de petits rois
Pour venir partager le gâteau de leur âge.
Revenez. Revenez. Mais le gâteau s’éteint.

La soirée est là-bas au bout de l’avenue.
Une feuille tournoie et tombe sur ma main
Comme un baiser du ciel puis tremblante s’envole
Amour, oh! mon amour tu n’as qu’une parole
Elle est partie au vent qui la rapporte en vain
Au seuil de ces jardins où j’étais bien-venue.

Laissez-moi souvenirs, déliez mes genoux,
La vision du bonheur m’est trop grande dépense
Et le baiser vautour lorsqu’est passé le temps
Vient déchirer la lèvre où le désir attend
Et l’heure en ses filets ne pêche que l’offense
Et le miroir du sort ne reflète que vous.

(Louise de Vilmorin)

 

 

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Histoire de la Nonne (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2017



Histoire de la Nonne

Rebroussée par un vent brutal,
sa chevelure lui tomba
sur le visage,

l’aveugla, l’enivra.

C’était avril,
le temps des rages,
des errances.

La nuit soufflait des spectres,
de grandes mains mouvaient
des ombres de caresses.

Les yeux fermés,
dans le désir,
elle embrassa le vent,

vacante, s’égara,
connut la griffe,
la morsure,

enfin vit se lever
au plus obscur
un oeil géant.

Alors la chevelure fut tranchée,
le front voilé,
le corps serré dans un fourreau de glace.

(Jean Joubert)


Illustration:
Paul Hoecker

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Contre la façade du soir (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017


mur

 

Contre la façade du soir:
ombres, feu, et silence.
Pas vraiment le silence, mais son feu –
l’ombre
portée par un souffle.

Pour pénétrer le silence de ce mur,
je dois me dépouiller de moi-même

(Paul Auster)

 

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Le corps d’Eurydice (3/4) (Claude Adelen)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2017



Elle a relevé un instant les yeux, entrouvert
Ses lèvres comme pour dire quelque chose, tout haut.
Elle s’est appuyée sur son coude, la main
Qui écrivait, maintenant soutient la tête. Elle
Se sent déchirée par la joie et par la peur,
Et le désir, et l’agonie du désir. Encore obscure,
Pourtant dévorée par des flammes qui n’éclairent pas.
Les mots, consumés, resplendissent, redeviennent
Des lèvres brûlantes, ou les marques sur la peau
D’une bouche avide. Elle rêve en finir
Avec ce brasier d’images, en finir avec les jours
Noirs, la mise en page du noir. Finir en beauté
Dit-elle, l’éclat de ce geste, seul resterait:

« Regarde-moi encore, sous ton regard je vacille,
Sous ton souffle je danse. Et j’étais
Ce bois mort, cette bûche lourde,
Inerte et froide. Regarde-moi comme une émotion
Concrète, du bois pour la lumière. L’amour. »

Elle dit aussi qu’elle est venue de là,
De l’emplacement de la mort qui est en nous.
Qu’elle est entrée sans faire de bruit
Dans le corps amoureux de la parole, – que
Morte, elle est entrée dans cette vie des images
Plus belle que l’existence chatoyante
Du soleil au milieu des feuillages de juin,
Et désirable comme l’eau où plongent
Les reflets des branches fleuries,
Plus sombre que le milieu de la mer,
Et plus émouvante aussi que le mot Jardin,
Que le mot Pluie, et le mot Souvenir:

« A l’amant qui m’a regardée dans le contre-jour
De la porte, adossé aux couleurs nombreuses,
Comme à la force de son désir, je n’aurais donc confié
Ni mon corps ni ma danse, le nom propre
De l’amour, seulement. La poésie? »

Répondant à l’appel, venant à pas furtifs
Vers lui, l’amant à la lyre. Ecoutant déjà
Par la porte entrouverte le bruissement des fontaines,
Et jouissant par avance de la fraîcheur
Des linges parmi les ombres bariolées
Et les parfums de la terrasse, – ce n’était pas
Pour un acte d’amour, pour la folle idée d’une étreinte
Quelle allait ainsi, sans crainte, vers son désir.
Elle le savait bien: l’acte projeté
C’était son propre meurtre. Elle allait entrer
Avec l’amant dans ce mausolée d’ailes
Et de fleurs envolées. Cruellement il allait
La distraire de sa chair, de sa vie,
Du destin qu’elle portait en elle:

« Telle fut notre façon de nous regarder,
De nous parler, de nous toucher.
Faites-moi l’amour, nous deux nous
Joignant dans l’adultère mort, et demeure
L’enfer vide, après moi. »

(Claude Adelen)

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O banyan séculaire (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016



 

O banyan séculaire, avec tes racines enchevêtrées accrochées à tes branches,
immobile, debout jour et nuit, tel un ascète faisant pénitence,
te souviens-tu de l’enfant dont l’imagination jouait avec tes ombres ?

(Rabindranath Tagore)

 

 

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Aller où s’en allaient les ombres (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



Pour t’avoir vue me quitter
sans cesse
j’ai cru que seule
valait l’absence
que sans poids étaient les choses offertes
sans goût le monde d’ici
qu’il fallait
chasseur enfièvré
aller où s’en allaient les ombres.

(Jean-Paul Hameury)

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Aller où s’en allaient les ombres (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2016



Pour t’avoir vue me quitter
sans cesse
j’ai cru que seule
valait l’absence
que sans poids étaient les choses offertes
sans goût le monde d’ici
qu’il fallait
chasseur enfiévré
aller où s’en allaient les ombres.

(Jean-Paul Hameury)

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La tête en bas (Câline Henry-Martin)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2015



Si tu viens au bas de mon chêne
Capter mes ombres et ma langueur,
Si tu tends vers mon ciel
Un regard de douceur sous tes cils,

Caresse le vent des feuilles
Au souffle de mes vers.
Il te dira le rêve, et la mer qui m’emporte.

Si tu viens en ami, douloureux en solitude,
Ensemble nous écrirons à l’envers de ma plume.
De nos gestes poèmes, claire magie de l’aube,
Nous peindrons l’horizon – et le bas de mon chêne –
Et couvrirons la terre d’un feu de joie immense.
Nommerons-nous l’Amour ?
La Paix est à nos pieds
«Carpe Diem»

(Câline Henry-Martin)

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