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Le merisier sème sa neige (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
Le merisier sème sa neige,
verdure de fleurs et de rosée.
Les freux penchés sur de jeunes pousses
se promènent dans le champ.

Ondoiement de l’herbe soyeuse,
effluves de pin résineux.
Aïe ! prairies et chênaies !
le printemps m’a tourné la tête.

Comme l’arc-en-ciel mon âme
s’éclaire de choses mystérieuses
et je songe à ma fiancée,
mon chant n’est que pour elle.

Sème donc, merisier, ta neige,
oiseaux des bois chantez, trillez.
Ma course houleuse à travers prés
sèmera de même la fleur écumeuse.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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D’EN HAUT TOMBAIT LE CRÉPUSCULE… (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



 

D’EN HAUT TOMBAIT LE CRÉPUSCULE…

D’en haut tombait le crépuscule,
Ce qui fut proche est loin déjà;
Mais, première en sa clarté douce,
S’élève l’étoile du soir.
Tout n’est qu’ondoiement dans le vague,
Des brumes gagnent les hauteurs ;
Le lac, reflétant des ténèbres
D’un noir profond, est immobile.
Mais à l’orient je devine
La lueur, l’éclat de la lune;
Les fins rameaux de saules sveltes
Se bercent sur les eaux prochaines.
Parmi des jeux d’ombres mouvantes
Tremblent de magiques reflets,
Et par les yeux une fraîcheur
Entre, apaisante, jusqu’à l’âme.

***

DAMNRUNG SENKTE SICH VON OBEN…

Dämnrung senkte sich von oben,
Schon ist aile Nähe fern;
Doch zuerst emporgehoben
Holden Lichts der Abendstern!
Alles schwankt ins Ungewisse,
Nebel schleichen in die HM;
Schwarzvertiefte Finsternisse
Widerspiegelnd ruht der See.

Nun im östlichen Bereiche
Ahn ich Mondenglanz und —glut,
Schlanker Weiden Haargezweige
Scherzen auf der nächsten Flut.
Durch bewegter Schatten Spiele
Zittert Lunas Zauberschein,
Und durchs Auge schleicht die Kühle
Sänftigend ins Herz hinein.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

Illustration: Caspar David Friedrich

 

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Danses sacrées (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Danses sacrées

DE leurs tendres pieds les femmes de la Crète
Ont pressé la fleur de l’herbe du printemps…
Je les vis livrer à la brise inquiète
Leurs cheveux flottants.
Leurs robes avaient l’ondoiement des marées.
Elles ont mêlé leurs chants de clairs appels
En rythmant le rire et les danses sacrées
Autour des autels.

(Renée Vivien)

Illustration: William-Adolphe Bouguereau

 

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A la Femme aimée (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2016



A la Femme aimée

LORSQUE tu vins, à pas réfléchis, dans la brume,
Le ciel mêlait aux ors le cristal et l’airain.
Ton corps se devinait, ondoiement incertain,
Plus souple que la vague et plus frais que l’écume.
Le soir d’été semblait un rêve oriental
De rose et de santal.

Je tremblais. De longs lys religieux et blêmes
Se mouraient dans tes mains, comme des cierges froids.
Leurs parfums expirants s’échappaient de tes doigts
En le souffle pâmé des angoisses suprêmes.
De tes clairs vêtements s’exhalaient tour à tour
L’agonie et l’amour.

Je sentis frissonner sur mes lèvres muettes
La douceur et l’effroi de ton premier baiser.
Sous tes pas, j’entendis des lyres se briser
En criant vers le ciel l’ennui fier des poètes
Parmi des flots de sons languissamment décrus,
Blonde, tu m’apparus.

Et l’esprit assoiffé d’éternel, d’impossible,
D’infini, je voulus moduler largement
Un hymne de magie et d’émerveillement.
Mais la strophe monta bégayante et pénible,
Reflet naïf, écho puéril, vol heurté,
Vers ta Divinité.

(Renée Vivien)

Illustration: Alexandru Darida

 

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Dans l’ondoiement du vent (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2015



Dans l’ondoiement du vent
Ma demande ne fut
Que rêverie
Et sourire
Ce que seul tu donnas.
Dans l’humide nuit
L’embrasement d’un éclat –
Maintenant le mai subjugue
Maintenant je dois bien
Pour ton oeil tes cheveux
Toutes les journées
Vivre dans la peine.

(Stefan George)


Illustration: John William Waterhouse

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