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Quelle est la couleur du joyau ? (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



agate

Hommage aux anges
[13]

« Quelle est la couleur du joyau ? »
blanc-vert, opalescent,

avec sous-couche de bleu changeant,
avec veine rose ; une agate blanche

avec un pouls incalmé qui bat encore,
vague bleu-violet ;

il vit, respire,
il répand — fragrance ?

j’ignore ce qu’il dégage,
une vibration que nous ne pouvons nommer

car elle n’a pas de nom ;
mon patron a dit : « nomme-la » ;

j’ai dit, je ne peux pas la nommer,
il n’y a pas de nom ;

il a dit:
« invente-le ».

[14]

Je ne peux pas l’inventer,
j’ai dit que c’était agate,

j’ai dit qu’il vivait, qu’il donnait —
fragrance — j’étais assez proche

pour expliquer cette qualité
pour laquelle il n’est pas de nom ;

je ne veux pas le nommer,
je veux regarder sa vague

pulsation, battement de coeur
quand il frémit, je ne veux pas

en parler,
je veux minimiser la pensée,

me concentrer sur lui
jusqu’à rétrécir,

dématérialiser
et être entraînée en lui.

***

« What is the jewel colour? »
green-white, opalescent,

with under-layer of changing blue,
with rose-vein; a white agate

with a pulse uncooled that beats yet,
faint blue-violet;

it lives, it breathes,
it gives off—fragrance?

I do not know what it gives,
a vibration that we can not name

for there is no name for it;
my patron said, « name it »;

I said, I can not name it,
there is no name;

he said,
« invent it ».

I can not invent it,
I said it was agate,

I said, it lived, it gave
fragrance—was near enough

to explain that quality
for which there is no name;

I do not want to name it,
I want to watch its faint

heart-beat, pulse-beat
as it quivers, I do not want

to talk about it,
I want to minimize thought,

concentrate on it
till I shrink,

dematerialize
and am drawn into it.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Ainsi nous les saluons ensemble (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017



Aubépine de Glastonbury  [800x600]

Hommage aux anges
[17]

Ainsi nous les saluons ensemble,
l’un en contraste à l’autre,

deux des sept Esprits,
installés devant Dieu

tels des lampes sur le grand-autel,
car l’un doit inexorablement

prendre son feu à l’autre
comme le printemps à l’hiver,

et sûrement jamais, jamais
un printemps ne fut aussi abondant

que celui-là ; jamais, jamais
une saison ne fut aussi étonnante,

plus riche en feuille et couleur ;
dis-moi, dans quel autre endroit

trouveras-tu le murier qui fleurit
en mai et rose-pourpre ?

dis-moi, dans quelle autre ville
trouveras-tu l’aubépine de mai

si délicate, vert-blanc, opalescente
comme notre joyau dans le creuset ?

***

So we hail them together,
one to contrast the other,

two of the seven Spirits,
set before God

as lamps on the high-altar,
for one must inexorably

take fire from the other
as spring from winter,

and surely never, never
was a spring more bountiful

than this; never, never
was a season more beautiful,

richer in leaf and colour;
tell me, in what other place

will you find the may flowering
mulberry and rose-purple?

tell me, in what other city
will you find the may-tree

so delicate, green-white, opalescent
like our jewel in the crucible?

(Hilda Doolittle)

 Illustration

 

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