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Poésie

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Ô la grande apposition du monde (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Illustration
    
Ô la grande apposition du monde

un champ de roses
près d’un champ de blé et deux enfants rouges dans le
champ voisin du champ de roses et un champ de maïs
près du champ de blé et deux saules vieux à la jointure;
le chant de deux enfants roses dans le champ de blé
près du champ de roses et deux vieux saules qui veillent
les roses les blés les enfants rouges et le maïs

Le bleu boit comme tache
L’encre blanche des nuages
Les enfants sont aussi mon
Chemin de campagne

(Michel Deguy)

 

Recueil: Donnant Donnant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Parlant du camp (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018




    
(Parlant du camp)
Et c’est à vous couper le souffle – on y retrouve toutes les facettes, les classes, les « ismes »,
les oppositions et les chapelles qui divisent la société.(…).

Ils se retrouvent désormais dans un espace vide, seulement délimité par le ciel et la terre
et qu’il leur faudra meubler de leurs propres ressources intérieures.(…).

La solide armure que leur avait forgée position sociale, notoriété et fortune est tombée en pièces,
leur laissant pour tout vêtement la mince chemise de leur humanité

(Etty Hillesum)

 

 

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EN HIVER A LA CAMPAGNE (Maurice De Guérin)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2015



EN HIVER A LA CAMPAGNE

Il a neigé toute la nuit.
Les volets mal fermés m’ont laissé entrevoir dés mon lever,
cette grande nappe blanche qui s’est étendue en silence sur la campagne.
Les troncs noirs des arbres s’élèvent comme des colonnes d’ébène sur un parvis d’ivoire ;
cette opposition dure et tranchée et l’attitude morne des bois attristent éminemment.
On n’entend rien ; pas un être vivant,
sauf quelques moineaux qui vont se réfugier en piaulant dans les sapins qui tendent leurs longs bras chargés de neige.
L’intérieur de ces arbres touffus est impénétrable aux frimas ;
c’est un asile préparé par la Providence, les petits oiseaux le savent bien.

J’ai visité nos primevères chacune portait son petit fardeau de neige, et pliait la tête sous le poids.
Ces jolies fleurs, si richement colorées, faisaient un effet charmant sous leurs chaperons blancs.
J’ai vu des touffes entièrement recouvertes d’un seul bloc de neige ;
toutes ces fleurs riantes. ainsi voilées et se penchant les unes sur les autres,
semblaient un groupe de jeunes filles surprises par une ondée
et se mettant d l’abri sous un tablier blanc.

(Maurice De Guérin)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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