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Poésie

Posts Tagged ‘orage’

L’ORAGE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Illustration:Ana Cruz
    
L’ORAGE

Tout à coup l’orage accourt
avec ses grosses bottes mauves
il piétine les bégonias les blés les prés
il marche sur les chênes
il emplit les rus de son urine
il crache de la boue
il broie l’air entre ses bras
et puis il s’en va
content de lui

(Raymond Queneau)

 

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Il est des instants (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Rafal Olbinski
    
Il est des instants où s’apaise
Le funeste orage de la vie.
C’est quelqu’un qui vous touche l’épaule,
Ou qui pose un regard radieux…

Et alors le quotidien s’effondre
Dans un sombre gouffre sans fond…
Et lentement, au-dessus du gouffre,
L’arc-en-ciel du silence se lève…

Et la mélodie naissante et sourde,
Dans le silence qui retient son souffle,
Frôle les cordes, engourdies par la vie,
De l’âme tendue comme une harpe.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Il ne nous reste guère plus de temps (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017




    
Il ne nous reste guère plus de temps
Pour admirer les festins d’ici-bas :
Bientôt, les énigmes se dévoileront,
Et resplendiront des mondes lointains.

Nous vivons dans une cellule antique,
À l’orée des crues.
Au printemps la joie bouillonne,
Et le fleuve chante.

Mais, présage de la joie,
Au printemps d’orages,
Par la porte de la cellule
L’azur clair se glisse.

Et pleins du frisson sacré
Des années d’attente,
Nous irons par les routes en débâcle,
Vers l’indicible lumière.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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LES SECRETS DE L’ÉCRITURE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017




    
LES SECRETS DE L’ÉCRITURE

Je n’écris pas pour quelques-uns retirés sous la lampe
Ni pour les habitués d’une cité lacustre
Pour l’écolier attentif à son coeur
Non plus pour cet enfant paresseux qui sommeille
Entre mes bras depuis cent ans
Mais pour cet homme qui dépassé par l’orage
N’entend pas la rumeur terrestre de son sang
Ni l’herbe le flatter doucement au visage
J’écris pour divulguer ce qui vient des saisons
La neige pure ainsi qu’une main féminine
Et le pollen éparpillé sur les gazons
Aussi l’agneau qui fait le calme des montagnes
J’écris pour dépasser la crue noire du temps
Tandis que les oiseaux et les fleurs me précèdent
À cette auberge au bord du ciel où les passants
Trouvent des couches étoilées et des vaisselles
Pleines de fruits et des soleils encourageants
Mais reste au fond de moi le plus clair de ma vie
Qui ne supporte pas le poids de la parole
Ces mots d’amour qui ne seront jamais écrits
Et la lumière de mon coeur toujours plus haute
Aveuglante comme une poignée de sel gris.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Le coeur s’est refermé (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Magdala fe [800x600]

Le coeur s’est refermé
Les mains se sont éteintes
Sous le toit défleuri
La misère qui tinte
Mais les oiseaux sauvés
La dernière clé d’or allumée sur la porte
Et les chiens d’aube qui rapportent
Quelques lambeaux d’été
Des plumes de lumière
Les cloches réveillées au fond de la rivière
Tout le ciel de côté

Chacun reprend courage
Et la route est partie sous l’aile de l’orage
L’homme sur sa chanson
Que le plus clair de nous éclaire ton visage

(René Guy Cadou)

 Illustration

 

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Je ne sais pas ce que cela veut dire (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Je ne sais pas ce que cela veut dire :
aimer la terre, aimer le ciel trompeur,
aimer l’orage, aimer la jeune chair
plus navigable qu’une étoile, aimer.
Je ne sais pas ce que cela veut dire :
haïr une gazelle qui grelotte,
haïr comme un sorcier le vieux soleil
qui déshérite l’équateur, haïr.
Aimer, haïr, ce sont paroles d’homme,
et moi je suis un être élu des dieux :
tournesol au matin, sable à midi
et, vers le soir, une araignée heureuse.

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pourquoi, pourquoi (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



    
Quel squelette choisir
celui que la montagne
dépose au bord du fleuve
le dimanche à midi,
ou celui que l’oiseau
a volé à l’azur
lorsqu’ivre il embrassait
le palmier de l’orage ?
Pourquoi, pourquoi les dieux
plus méchants que des loups,
m’ont-ils ordonné d’être ?

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il est trop tard maintenant pour t’appeler (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Il est trop tard maintenant pour t’appeler —
Je ne veux plus bercer à nouveau ce rêve
Car toute joie qui illumina mon front
Ferait lever un orage de douleur —

Et puis la brume n’est qu’à demi dissipée,
Nue s’étend la montagne stérile,
Et le soleil ni l’aube à son réveil
N’y peignent plus de visions dorées —

Mais dans mon sein reconnaissant
À jamais vivra ton ombre (aimée)
Car Dieu seul sait combien bénies
Furent en toi mes premières années !

***

It is too late to call thee now —
I will not nurse that dream again
For every joy that lit my brow
Would bring its after storm of pain —

Besides the mist is half withdrawn,
The barren mountain-side lies bare
And sunshine and awaking morn
Paint no more golden visions there —

Yet ever in my grateful breast
Thy darling shade shall (cherished) be
For God alone doth know how blest
My early years have been in thee !

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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Ô Rêve, où es-tu à présent ? (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Ô Rêve, où es-tu à présent ?
De longues années ont passé
Depuis que sur ton visage d’ange
J’ai vu la lumière s’altérer —

Hélas, hélas pour moi,
Si radieuse était ta beauté,
Je ne savais pas que ton souvenir
Ne me livrerait que tourment !

Le rayon de soleil et l’orage,
La soirée d’été divine,
La nuit silencieuse au calme solennel,
La clarté pure de la pleine lune

Jadis entrelacés à toi
Le sont aujourd’hui au lourd chagrin —
Vision perdue ! il me suffit —
Tu ne peux plus resplendir —

***

O Dream, where art thou now ?
Long years have past away
Since last, from off thine angel brow
I saw the light decay —

Alas, alas for me
Thou wert so bright and fair,
I could not think thy memory
Would yield me nought but care !

The sun-beam and the storm,
The summer-eve divine,
The silent night of solemn calm,
The full moon’s cloudless shine

Were once entwined with thee
But now, with weary pain —
Lost vision ! tis enough for me —
Thou canst not shine again —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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VOICI S’OUVRIR LES FLEURS DE MAI (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration
    
VOICI S’OUVRIR LES FLEURS DE MAI

Voici s’ouvrir les fleurs de mai,
S’éployer librement les feuilles;
Dans chaque corolle une abeille
Et sur chaque branche un oiseau.

Le ruisseau chante avec bonheur,
Le soleil rayonne avec joie,
Je suis la seule à me languir
Et tout est ténèbre pour moi.

Ô de glace est mon coeur, de glace!
Il ne veut, ne peut s’exalter;
Il est sans sympathie aucune
Pour ce ciel baigné de clarté.

Ô défunte est ma joie, défunte!
Il me tarde d’être en repos
Et que la terre humide couvre
Cette poitrine désolée.

Fussé-je entièrement seule,
Peut-être serait-ee moins sombre :
Une fois tout espoir perdu,
Je n’aurais plus sujet de craindre.

Mais les yeux ravis qui m’entourent
Devront pleurer comme les miens,
Je devrai voir le même orage
Éclipser leur radieux matin.

Si le ciel déversait sur moi
Cette pluie de futurs malheurs
En épargnant leurs tendres âmes,
Je la souffrirais de bon coeur.

Hélas, comme l’éclair dessèche
Tant le vieil arbre que le jeune,
Eux et moi nous devrons subir
Un inéluctable destin.

***

MAY FLOWERS ARE OPENING

May flowers are opening
And leaves opening free;
There are bees in every blossom
And birds on every tree.

The sun is gladly shining,
The stream sings merrily,
And I only am pining
And all is dark to me.

D cold, cold is my heart!
It will not, cannot rise;
It feels no sympathy
With those refulgent skies.

Dead, dead is my joy,
I long to be at rest;
I wish the damp earth covered
This desolate breast.

If I were quite alone,
It might not be so drear,
When all hope was gone,
At least I could not fear.

But the glad eyes around me
Must weep as mine have done,
And I must see the same gloom
Eclipse their morning sun.

If heaven would rain on me
That future storm of care,
So their fond hearts were free
1’d be content to bear.

Alas! as lightning withers
The young and agèd tree,
Both they and 1 shall fall beneath
The fate we cannot flee.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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