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Posts Tagged ‘orbite’

Il faut s’établir à l’extérieur de soi (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



 Christian Schloe  382493306_b

Il faut s’établir à l’extérieur de soi,
au bord des larmes
et dans l’orbite des famines,
si nous voulons
que quelque chose
hors du commun se produise,
qui n’était que pour nous.

(René Char)

Illustration: Christian Schloe

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L’être (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



 


    
L’être,
astre errant
qui cherche à se mettre sur orbite.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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LES HOMMES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



LES HOMMES

Nous sommes arrivés très loin, très loin
pour entendre les orbites de pierre,
les yeux éteints qui continuent de regarder,
les grands visages en place pour l’éternité.

(Pablo Neruda)

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J’espère m’éloigner sous peu (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2018



J’espère m’éloigner sous peu :
D’abord sur une planète,
De là sur l’orbite solaire,
De là encore sur une orbite galactique,
Et encore encore, sur l’orbite
Où courent des essaims de galaxies ;
Puis me perdre dans des nébuleuses inconnues.
Loin, bien sûr, mais pas au point
Que ne me joignent plus ta main
Et ton humide langue.

***
Spero tra poco lontanare :
Dapprima su una planetaria
Indi su un’orbita solare,
Indi ancora su un’orbita galattica,
E ancora ancora, sull’orbita
Che corrona gli sciami di galassie ;
E perdermi tra ignote nebulose.
Lontano certo, ma non tarito
Che non mi giunga la tua mano
E l’umida tua lingua.

(Tommaso Landolfi)


Illustration

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À COMPLIES (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018




    
À COMPLIES
In manus tuas, Domine.
(Office de Complies.)

Ton ange a pris le bien et le mal que j’ai faits,
Ô Père, tes moissons exactes sont rentrées.
Les routes de salut se sont enchevêtrées…
Ferme le jour stérile ou plein, bon ou mauvais.

Mon âme en vain cherche le fil de sa mémoire
Et se heurte dans l’ombre à des pensers confus,
Démesurés, béants et comme un bois touffus,
Ou si petits que je les perds en la nuit noire.

C’est l’heure où lentement des orbites sans yeux
S’ouvrent comme des puits fixes dans les ténèbres,
Où le ver des tombeaux ondoie en nos vertèbres.
Délivre-nous du mal, notre Père des cieux.

Aux quatre murs les navettes des araignées
Tissent à petits coups l’ombre en mille filets.
Une à une j’entends derrière les volets,
Une à une mourir les lampes éloignées.

Que reste-t-il du soir ? À quand le jour nouveau ?
Sans le savoir vais-je aux ténèbres éternelles ?
Je ne vois rien, plus rien qu’au bord de mes prunelles
Le reflet tournoyant de mon propre cerveau.

J’entre dans le sommeil, aveugle et sans défense.
O mon Père, voici la clef de ma maison.
Garde tout ce que j’ai, ma vie et ma raison,
Et ta Grâce : le Ciel dont tu me fais l’avance.

Bonsoir Père ! J’ai mis mes deux mains dans ta main.
Le sommeil — ou la mort — traverse la nuit brève.
Souffle un peu sur la bulle errante de mon rêve
Pour qu’elle apporte en moi mes roses de demain.

Bonsoir Père ! Tes doigts ont scellé mes paupières,
Le sommeil — ou la mort — s’en vient à pas légers
Et vers minuit m’appelleront douze dangers.
Mais je m’endors sans crainte en chantant mes prières.

Car je te sais, ô Père, assis à mon chevet
Et si quelque vertige affole et perd mon âme,
Tu la retourneras vers Toi, comme une femme
Retourne dans le lit son petit qui rêvait.

Je ne suis pas un saint, mon Dieu, pour que tu veuilles
Me bercer dans tes bras et chasser mes frissons.
Je ne suis qu’un enfant, je n’ai que mes chansons
Et je ne vaux pas mieux qu’un oiseau sous les feuilles.

Et je ne sais pourquoi tu m’aimes… Les chemins
Me mènent tous à Toi, sans lutte, sans secousse ;
Le sommeil — ou la mort — glisse dans la nuit douce…
Bonsoir Père, reçois mon âme entre tes mains.

(Marie Noël)

 

Recueil: Les Chansons et les Heures / Le Rosaire des joies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sur la place (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



Sur la place dans l’ombre la mousse
croît, et sur la pierre vieille et sainte
de l’église. Sous le porche il y a un mendiant…
Son âme est plus vieille que l’église.

Très lentement, par les matinées froides,
il monte les marches de marbre,
jusqu’à un coin de pierre. Et là on voit
sa main toute sèche dans les trous de sa cape.

Ses yeux aux orbites creusées
ont vu comme passent
les blanches ombres, dans les jours clairs,
les blanches ombres des heures saintes.

(Antonio Machado)

Illustration

 

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Qui Quoi (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Atsushi Suwa z9v0to1_500 [1280x768]

Qui Quoi

Il y a si longtemps que tu n’existes pas
Visage quelquefois célèbre et suffisant
Comment je t’aime Je ne sais Depuis longtemps
Je t’aime avec indifférence Je t’aime à haine
Par omission par murmure par lâcheté
Avec obstination Contre toute vraisemblance
Je t’aime en te perdant pour perdre
Ce moi qui refuse d’être des nôtres entraîné
De poupe (ce balcon chantourné sur le sel)
Ex-qui de dos traîné entre deux eaux
Maintenant quoi
Bouche punie
Bouche punie coeur arpentant l’orbite
Une question à tout frayant en vain le tiers

(Michel Deguy)

Illustration: Atsushi Suwa

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Le possible (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
Le possible п’est qu’une province de l’impossible,
une zone réservée
pour que l’infini
s’exerce à être fini.

Pourtant,
chaque exercice ou expérience
de l’infini dans le fini,
de l’impossible dans le possible,
découvre derrière un creux
et tôt ou tard se retourne,
se met à l’envers,
comme le manche ou le revers d’un habit mal coupé.

Vivre n’est possible que pour un instant
et mourir aussi n’est possible qu’un instant.
Mais dans le fond vivre est impossible
de même que mourir.

De même que penser ou aimer.

Ne demeure dès lors
qu’une voie praticable :
que l’infini s’exerce directement dans l’infini,
que l’impossible s’exerce immédiatement dans l’impossible.
Et que les habits se portent à l’envers dès le début,
que la rose transfère son parfum à la pensée,
que l’amour troque pour des roses ses mains farouches
et que la mort grimpe au mât de cocagne
et de là-haut annonce rudement
que tout ceci a été un essai maladroit
et que pauvre nouvelle maintenant commence
avec un seul personnage et plusieurs titres.
Premièrement : Le possible est copie de l’impossible.
Deuxièmement : L’impossible n’est égal qu’à lui-même.
Troisièmement : Le possible cesse de l’être.

Et que, dans l’orbite de l’être,
à l’instar de la juridiction du non-être,
soient abolies pour toujours
les zones réservées
et leurs exercices furtifs.
Alors la pièce pourra peut-être
porter un titre unique :
Seul est possible l’impossible.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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LA ROUE DANS LA ROUE (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



    

LA ROUE DANS LA ROUE

Première prise sur le monde :
L’art de faire tourner à la main
Les pédales d’un vélo renversé, imprimant
À la roue arrière une vitesse surnaturelle.
J’aimais en voir disparaître les rayons,
Et le bourdon translucide de l’espace
Entre la jante et le moyeu. Quand on y lançait
Une pomme de terre, le tournoiement de l’air
Vous renvoyait au visage une purée vaporeuse ;
Quand on la frôlait avec une paille,
La paille se mettait à vibrer.
Les pédales avaient une manière de résister
D’abord de façon très tangible
Avant d’entraîner la main
Dans un nouvel élan — et je m’en absorbais
Comme d’un pouvoir soudain absolu: la certitude
Avait rattrapé, relancé l’objet de ma certitude
Dans l’orbite même où tournait le désir.

***

WHEELS WITHIN WHEELS

The first real grip I ever got on things
Was when I learned the art of pedalling
(By hand) a bike turned upside down, and drove
Its back wheel preternaturally fast.
I loved the disappearance of the spokes,
The way the space between the hub and rim
Hummed with transparency. If you threw
A potato into it, the hooped air
Spun mush and drizzle back into your face;
If you touched it with a straw, the straw frittered.
Something about the way those pedal treads
Worked very palpably at first against you
And then began to sweep your hand ahead
Into a new momentum — that all entered me
Like an access of free power, as if belief
Caught up and spun the objects of belief
In an orbit coterminous with longing.

(Seamus Heaney)

 

Recueil: La lucarne
Traduction: Patrick Hersant
Editions: Gallimard

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Chaque heure, chaque instant possède son Esprit gardien spécifique (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Hommage aux anges
[24]

Chaque heure, chaque instant
possède son Esprit gardien spécifique ;

l’aiguille du réveil, minute après minute,
clique autour de son orbite prescrite ;

mais cette étrange perfection mécanique
ne devrait pas séparer, plutôt relier,

notre vie, cette éclipse temporaire
à cette autre…

***

Every hour, every moment
has its specific attendant Spirit;

the clock-hand, minute by minute,
ticks round its prescribed orbit;

but this curious mechanical perfection
should not separate but relate rather,

our life, this temporary eclipse
to that other …

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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