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Poésie

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Si nous avions une vision (George Eliot)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019


 


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Si nous avions une vision et un sentiment aigus de toute la vie humaine ordinaire,
cela équivaudrait à entendre l’herbe pousser
et le coeur de l’écureuil battre,
et alors, nous mourrions de cette clameur
située de l’autre côté du silence.
Les choses étant ce qu’elle sont,
les plus rapides d’entre nous circulent bien emmitouflés
dans une épaisse couche de stupidité.

(George Eliot)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Sentir pleinement (Virginia Woolf)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019


 


 

Van Gogh s Chair. 1888-1889 jpg

Au niveau de l’expérience ordinaire,
sentir pleinement que ceci est une chaise,
que ceci est une table
mais en même temps,
que c’est un miracle, une extase.

(Virginia Woolf)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

http://images.google.fr/search?hl=fr&site=imghp&tbm=isch&source=hp&biw=1600&bih=745&q=van+gogh&oq=van+gogh&gs_l=img.3..0l10.2049.3798.0.4085.8.5.0.3.3.0.137.523.1j4.5.0…0.0…1ac.1.9.img.b6tirPGrF44

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Vraie vie (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019



Illustration: Carrie Vielle
    
Vraie vie

Il n’y a pas d’ailleurs,
la vraie vie est ici.

La vraie vie
c’est les nuages qui nous fuient,
l’amour qui nous néglige,
les soleils à contretemps
et les ciels à moitié dépolis.

C’est les ongles rongés
dans les salles d’attente combles,
et vouloir le plein jour
au milieu de la nuit.

La vraie vie,
c’est d’ignorer l’avenir,
d’oublier le passé,
de passer à travers le présent trop friable
sans pouvoir en garder une miette.

La vraie vie,
cette corvée, c’est du plein et du vide,
des plages de silence,
des parasites et des interférences,
et parfois le miracle ordinaire
d’une joie pure.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Anthologie La Poésie cent ans après Apollinaire
Traduction:
Editions: Proverbe lamaisondepoesie@gmail.com

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Ainsi tu me diras (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2019



Ainsi tu me diras

Ainsi tu me diras
si j’ai veillé en vain
au plus fort de ton âme

Je fermerai les yeux
écoutant seulement
le toucher des silences

Ce sera ma vie ordinaire
ma lumière visible
mon soleil quotidien

(Jean Lavoué)

 

 

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Dans certains états de l’âme (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Illustration: Raipun
    
Dans certains états de l’âme presque surnaturels,
la profondeur de la vie se révèle tout entière
dans le spectacle, si ordinaire qu’il soit,
qu’on a sous les yeux.

Il en devient le Symbole.

(Charles Baudelaire)

 

Recueil: Fusées
Traduction:
Editions:

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Ce qui meurt nous reste sur les bras (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



ce qui meurt
nous reste
sur les bras
mais nous
on n’a rien à voir avec la mort
c’est elle qui vient
nous serrer
du dehors
seulement un jour de plus
au bout d’un jour
au jour le jour
ainsi
des années durant
l’apprivoiser
simplement et sans bruit
elle se tait et croît doucement
même au soleil
d’une journée de printemps
dans le remuement des corps
lui faire sa part
la banaliser autant que possible
pour parvenir à croire un peu
qu’elle fait partie des choses
et que cela est bon
ainsi
au moins
tout le monde sait ce que cela veut dire
il est mort
c’est simple
elle recule encore
plus au fond
et nous ne verrons guère les visages
que par accident
remous
un pas lourd un rire une poigne
puis
un peu d’eau ou de temps
recouvrent le peu
puis
rien
mais de façon presque claire
on entend ce qu’on ne voit plus
tomber profond
loin
dedans
on rôde autour d’un manque
une zone devenue d’ombre
vite
cela tient mal à la mémoire
on reste autour du creux
les bords s’éboulent dedans
bientôt on ne verra plus
qui pleure
on dort avec elle au fond de soi
comme un chien roulé en boule
on sait que montera un jour ou l’autre
un vent de terre
et on attend les yeux ouverts
un corps infusé d’encre
une éponge gorgée
et dans la bouche la terre
au lieu des mots
les mots pesant enfin leur poids exact
terre et corps
dehors et dedans
et plus rien d’autre
que de l’herbe ou des arbres
d’ordinaire
les choses vont
et nous aussi
nous allons avec les choses
c’est clair
mais parfois il y a ce qui s’arrête
ou s’abat
en bloquant
et on est brutalement à nouveau
où il faut rire
fou
tout seul
on racle encore
entre le mensonge ancien
et ce qui vient
on a du mal à rester debout
à la fin
qu’est-ce qu’on a donc à voir avec la vie
la mort
on bouge avec ce qui bouge
on se tait avec ce qui reste
il n’y a pas grand-chose d’autre

(Antoine Emaz)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: Mathieu Triolet

 

 

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Fourmi (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



Fourmi

Une fourmi
Fait un trajet
De cette branche
A cette pierre,
Une fourmi,
Taille ordinaire
Sans aucun si-
Gne distinctif,
Ce matin, juin,
Je crois le sept;
Elle porte un
Brin, un fétu.
Cette fourmi,
taille ordinaire,
Qui n’a pas la
Moindre importance
passe d’un trot
Simple et normal.
Il va pleuvoir,
Cela se sent.
Et je suis seul;
Moi, seul au monde
Ai vu passer
Cette fourmi.

(Norge)

Illustration

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MATIN ORDINAIRE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018



MATIN ORDINAIRE

C’est un matin ordinaire
Tout gris de nuit
Comme une taupe secoue la terre
Sur son pelage d’argent
Cligne des yeux au sortir
D’un long souterrain noir
Se remet à vivre
Lentement
Comme à regret
Tandis qu’une boule de feu
Derrière les nuages
Prépare sa lumière crue
Sans ménagement
Aiguise mille couteaux flamboyants.

(Anne Hébert)

 

 

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De nouveau (Hubert Antoine)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



    

de nouveau
ouvrir le dictionnaire imaginaire
inventer des sens et des sons
mélanger l’inconnu de toutes les casseroles
aux ingrédients du fou
punir l’ordinaire
par des châtiments de charme sauvage
voler les oeufs des nuages
sous la paille des rayons
et écrire tous les vents
dans les trêves du rire

(Hubert Antoine)

 

Recueil: tohu-bohu et brouhaha
Editions: Le Cormier

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Un arrosoir (Hugo von Hofmannsthal)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Un arrosoir, une herse à l’abandon dans un champ,
un chien au soleil, un cimetière misérable,
un infirme, une petite maison de paysan,
tout cela peut devenir le réceptacle de mes révélations.

Chacun de ces objets, et mille autres semblables
dont un oeil ordinaire se détourne avec une indifférence évidente,
peut prendre pour moi soudain, en un moment qu’il n’est nullement en mon pouvoir de provoquer,
un caractère sublime et si émouvant,
que tous les mots, pour le traduire, me paraissent trop pauvres
[..]

Cherche, parmi tous ces objets misérables et grossiers de la vie paysanne,
celui, posé ou appuyé et n’attirant point l’oeil,
dont la forme insignifiante, dont la nature muette
peut devenir la source de ce ravissement énigmatique, silencieux, sans limite.

(Hugo von Hofmannsthal)

Illustration: Patrick Martin

 

 

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