Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ordinaire’

Un arrosoir (Hugo von Hofmannsthal)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Un arrosoir, une herse à l’abandon dans un champ,
un chien au soleil, un cimetière misérable,
un infirme, une petite maison de paysan,
tout cela peut devenir le réceptacle de mes révélations.

Chacun de ces objets, et mille autres semblables
dont un oeil ordinaire se détourne avec une indifférence évidente,
peut prendre pour moi soudain, en un moment qu’il n’est nullement en mon pouvoir de provoquer,
un caractère sublime et si émouvant,
que tous les mots, pour le traduire, me paraissent trop pauvres
[..]

Cherche, parmi tous ces objets misérables et grossiers de la vie paysanne,
celui, posé ou appuyé et n’attirant point l’oeil,
dont la forme insignifiante, dont la nature muette
peut devenir la source de ce ravissement énigmatique, silencieux, sans limite.

(Hugo von Hofmannsthal)

Illustration: Patrick Martin

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Agir et penser comme un chat (2) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les chats, les femmes et les grands criminels
ont ceci de commun,
ils représentent un idéal inaccessible
et une capacité à s’aimer soi-même
qui nous les rend attirants.

(Sigmund Freud)

Il n’y a pas de chat ordinaire.

(Sidonie-Gabrielle Colette)

A fréquenter les chats,
on ne risque que de s’enrichir.

(Sidonie-Gabrielle Colette)

Comme quiconque les a un tant soit peu fréquentés le sait bien,
les chats font preuve d’une patience infinie
envers les limites de l’esprit humain.

(Cleveland Amory)

Les chats savent très bien qui les aime
et qui ne les aime pas, mais s’en soucient trop peu
pour y remédier.

(Winifred Carrière)

Conquérir l’amitié d’un chat est chose difficile.
C’est une bête philosophique, rangée, tranquille, tenant à ses habitudes,
amie de l’ordre et de la propreté,
et qui ne place pas ses affections à l’étourdie:
il veut bien être votre ami,
si vous en êtes digne,
mais non pas votre esclave

(Théophile Gautier)

La différence entre un chien et un chat.

Le chien pense: ils me nourrissent,
ils me protègent,
ils doivent être des dieux.

Le chat pense: ils me nourrissent,
ils me protègent,
je dois être dieu.

(Ira Lewis)

Les chats sont malins
et conscients de l’être.

(Tomi Ungerer)

Les chiens ont des maîtres,
les chats ont des serviteurs.

(Dave Barry)

De tous les animaux,
seul le chat atteint
une vie contemplative.

(Andrew Lang)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

« Nature morte », quel drôle de nom ! (Christophe André)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

« Nature morte », quel drôle de nom !
L’appellation anglaise still life – vie immobile -,
et l’allemande, et la flamande, qui disent la même chose, sont bien plus proches de la réalité :
ces peintures montrent une vie silencieuse, calme, apaisée.
Qu’elles nous invitent et nous incitent à rejoindre.
Dans ce monde en mouvement, dans ce monde utilitaire,
la nature morte nous arrête : vie immobile, vie inutile.
Inutile ? Parce qu’elle n’a rien à montrer que de l’ordinaire ?
Mais justement : ce qu’elle nous montre, c’est l’ordinaire qu’on ne regarde jamais.

Et si l’on regarde, on voit : de la simplicité en majesté.
Une présence intense derrière l’immobilité.
Si l’on regarde, on voit que même ce qui ne clignote pas, ne bouge pas, ne scintille pas, ne fait pas de bruit,
peut avoir de l’intérêt et de l’importance.
Si l’on regarde, on voit qu’il y a de la beauté, de l’intelligence et même de la grâce
dans le simple, l’accessible, le disponible.

Je me souviens d’une discussion, un jour, avec un moine Zen qui me recommandait de toujours respecter l’inanimé.
Mais qu’est-ce que l’inanimé ? C’est, me disait-il «ce qui ne crie pas quand on le frappe».
Les choses, les objets, tous ces bouts de matière, qui ne crient pas, jamais.
Mais qui parlent parfois…

(Christophe André)

Son site ici

Illustration: Jean-Baptiste Chardin

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il y avait (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
— Il y avait la terre qu’un renard fouillait,
il y avait un arbre et ses branches brisées,
il y avait le ciel et ses nuages acides,
il y avait la pluie qui noyait les labours,
il y avait un fleuve et ses méandres de boue,
il y avait le froid qui censurait les gestes,
il y avait un corps qui observait le monde,
il y avait un jour d’une mort ordinaire ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La solitude souffre (Gaspard Hons)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



La solitude souffre,
elle écrit des poèmes très ordinaires,
la solitude descend au fond des mots,
ferme toutes les portes,
pleure doucement sur les malheurs du monde.

La solitude se détache du monde,
elle devient étrangère au monde, aux choses, aux êtres.

La solitude se tait, mâche le désespoir,
assiste impuissante à la destruction du monde.
L’odeur du café, le ricanement du tiroir, la présence de l’ange,
la température trop basse pour la saison, l’ombre des âmes mortes,
… tout cela aussi connaît la solitude

(Gaspard Hons)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Salvador Dali

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

GOUTTES DE ROSÉE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
GOUTTES DE ROSÉE

Les gouttes de rosée sur chaque tige d’herbe
ressemblent tant à des gouttes d’argent
que j’ai dû me pencher en marchant
pour voir si c’étaient des perles,
et celles qui parsèment les lits de primevères
entrelacés de lierre sous le noisetier l’aubépine et les érables
ressemblent tant à des perles d’or
que j’ai dû me pencher pour sentir si elles étaient dures,
mais elles ont fondu sous mon doigt.

Et lorsque la rosée repose sur les feuilles
des primevères, des violettes et des aubépines,
elles sont émeraude et béryl
sans être pourtant rien d’autre
que la rosée du matin sur les feuilles en bourgeon
— mieux encore les herbes de la route
sont couvertes de perles d’or et d’argent
et plus on va plus elles paraissent brillantes
comme de l’or ou de l’argent solide.

Ce n’est que l’effet du soleil et de l’ombre
sur elles par ce matin de rosée
— chaque pointe d’épine chaque tige de ronce
a sa tremblante parure —
jusqu’au moment où le vent se fait un peu plus vif,
alors tout est jeté bas
et l’étincelante joaillerie se mue en une commune matinée de printemps
pleine de feuilles en bourgeon de primeroses
de violettes de véroniques de jacinthes d’orchidées
et de choses ordinaires

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il n’y a pas (Colette)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2017



 

Il n’y a pas de chat ordinaire

(Colette)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

Posted in méditations | Tagué: , , | Leave a Comment »

NUIT D’AVRIL (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



NUIT D’AVRIL

Aujourd’hui, nuit d’avril, sans lune,
Ma rue
Est une autre rue.

Peut-être parce que sombre entre toutes
Et parce que danse le vent d’est
La nuit d’aujourd’hui habille
Du manteau de l’aventure les choses familières.

Une rue nouvelle détruisit la rue ordinaire.
Comme si elle avait toujours secrété ce parfum
De vent d’est et de printemps,
L’ombre des murs attend
Quelqu’un de reconnaissable.

Et parfois le silence tremble,
Comme si c’était l’heure du passage de celui
Qui aujourd’hui justement ne vient pas.

***

NOITE DE ABRIL

Hoje, noite de Abril, sem lua,
A minha rua
É outra rua.

Talvez por ser mais que nenhuma escura
E bailar o vento leste
A noite de hoje veste
As coisas conheci das de aventura.

Urna rua nova destruiu a rua do costume.
Como se sempre nela houvesse este perfume
De vento leste e primavera,
A sombra dos muros espera
Alguém que ela conhece.

E às vezes, o silêncio estremece
Como se fosse a hora de passar alguém
Que só boje não vem.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

En cette minute ordinaire (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017




    
En cette minute ordinaire
des feuilles bougent dans le bois
parce que du vent s’est détaché
d’une tempête passée par là

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ils devraient (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017




    

Ils devraient trouver bons leurs aliments grossiers ;
beaux, leurs simples habits, des asiles de paix
leurs pauvres demeures, et leur vie ordinaire
une source de joie.

(Lao Tseu)

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :