Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ordre’

Dans la multiple rencontre (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Dans la multiple rencontre
faisons à tous sa part,
afin que l’ordre se montre
parmi les propos du hasard.

Tout autour veut qu’on l’écoute -,
écoutons jusqu’au bout;
car le verger et la route
c’est toujours nous!

(Rainer Maria Rilke)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , | 2 Comments »

Tout est en ordre (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Tout est en ordre : le poème
Se tait comme il convient à sa nature.
Mais quand le motif se détache,
Il frappe du poing à la vitre, —
Et l’on entend l’écho lointain
De cet appel, un bruit atroce, —
Un clapotis, un cri de rapace, une plainte,
Et l’on a la vision de mains en croix.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Danielle Decollonge

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

L’abîme n’admet pas l’ordre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019




    
L’abîme n’admet pas l’ordre,
le désordre non plus.
Et nous savons que tout est un abîme.

Pourtant,
le jeu de la feuille et du vent
s’achève toujours à l’endroit le plus exact.
Et aucune feuille ne souille
le lieu où elle tombe.

Il se peut qu’une feuille ordonne
ou peut-être désordonne
une autre face de l’univers.

***

El abismo no admite el orden,
pero tampoco el desorden.
Y sabemos que todo es un abismo.

Sin embargo,
el juego de la hoja y el viento
siempre acaba en el sitio más exacto.
Y ninguna hoja ensucia
el lugar donde cae.

Quizá una hoja ordene
o tal vez desordene
otra faz del universo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une rangée d’arbres (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




Une rangée d’arbres tout là-bas, là-bas vers les coteaux.
Mais qu’est-ce qu’une rangée d’arbres ? Il y a des arbres,
c’est tout.
Rangée et le pluriel arbres ne sont pas des choses, ce sont des noms.

Pitoyables, les âmes humaines, elles qui mettent tout en ordre,
Qui tracent des lignes de chose à chose,
Qui mettent des pancartes portant des noms sur les arbres absolument réels,
Et qui dessinent des parallèles de latitude et longitude
Sur la terre même, la terre innocente et plus verte et fleurie
que tout ça !

(Fernando Pessoa)

Illustration: Claude Monet

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AUTOMNE (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2019



Illustration: Maurice de Vlaminck
    
AUTOMNE

Un reflet du couchant grossit en colline,
Œil où le regard est sang.

A l’automne,
La pomme du monde est humide et ronde,
Frétille entre les dents,
Douce peau travaillée de soleil, de pluie, de vent
Puis humide de paix.

Mobiles dans l’ordre de la brume,
Les arbres près du village, roulant comme des bohémiens,
Content de longues histoires de voyage
Où nul ne comprend rien et que l’on craint.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Triangles (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019



triangles

Triangles

Isocèle

J’ai réussi à mettre
Un peu d’ordre en moi-même.

J’ai tendance à me plaire.

Equilatéral

Je suis allé trop loin
Avec mon souci d’ordre

Rien ne peut plus venir

Rectangle

J’ai fermé l’angle droit
Qui souffrait d’être ouvert
En grand sur l’aventure.

Je suis une demeure
Où rêver est de droit.

(Eugène Guillevic)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES PHÉNOMÈNES D’AMOUR (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



    

LES PHÉNOMÈNES D’AMOUR

depuis que je t’ai vu
les phénomènes décrits
comme phénomènes d’amour
connus classés ou non
arrivent
l’un après l’autre
demandant à venir
dans l’ordre exact

je les reconnais tous
même les nouveaux les inconnus

à leur arrivée je les compte
avec rire
et docilité

docilité extrême
prête à tout

à toute blessure extrême

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

EN GUISE DE FETE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



chandelels wi

EN GUISE DE FETE

Le soleil luit
Le soleil luit
Le monde est complet
Et rond le jardin.

J’ai allumé
Deux chandelles
Deux feux de cire
Comme deux fleurs jaunes.

Le jour pourrit
Les feux de nuit,
Deux fleurs fanées,
Aux blanches tiges d’église ;

Le monde est en ordre
Les morts dessous
Les vivants dessus.

Les morts me visitent
Le monde est en ordre
Les morts dessous
Les vivants dessus.

Les morts m’ennuient
Les vivants me tuent.

J’ai allumé
Deux fleurs tremblantes,
J’ai pris mes yeux
Dans mes mains
Comme des pierres d’eau

Et j’ai dansé
Les gestes des fous
Autour de mes larmes
En guise de fête.

(Anne Hébert)

Illustration

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Un Ordre existe au-delà (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018


ordre

Ce Monde n’est pas Conclusion.
Un Ordre existe au-delà –
Invisible, comme la Musique –
Mais réel, comme le Son –
Il attire, et il égare –
La Philosophie – ne sait –
Et par une Enigme, au terme –
La Sagacité doit passer –
Son concept, échappe aux savants –
Sa conquête, à des Hommes
A valu le Mépris de Générations
Et la Crucifixion –
La Foi glisse – rit, et se reprend –
Rougit devant témoin –
S’accroche à un fétu d’Evidence –
Et sur la Girouette, s’oriente –
Gesticulations en Chaire –
Grondements d’Alléluias –
Nul Opium ne peut calmer la Dent
Qui ronge l’âme –

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE SPECTRE INVISIBLE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



Illustration: Marc Chagall
    
LE SPECTRE INVISIBLE

Que j’apprenne, si je l’ose, l’ordre du vent,
Du feu, de la tempête, et de la mer.
Que j’apprenne si je l’ose dans quel mode de l’être
Tombe la feuille de l’arbre.

Partout
Il y a des brèches dans l’air,
Des tombes ouvertes pour nous recevoir,

Après la septième couleur
Et avant la première
C’est l’obscurité.

Au-delà du son, le silence
Qu’entendent les chauves-souris
Et le poisson des profondeurs qui perçoit le pouls des vagues,

Au-delà des sens, les sphères qui tournent, ces fileuses,
Atomes et étoiles
Qui tissent nos vies.

Les amants cherchent un refuge
Dans l’abîme
D’où ils s’élancent,

Car dans les profondeurs de l’amour nous sondons
Le vide
Derrière la vie mortelle,

Et à travers notre sommeil
Se meuvent des puissances cachées
Étranges comme des nébuleuses,
Les rêves qui ne sont pas les nôtres.

***

THE INVISIBLE SPECTRUM

Learn, if I dare, the order of the wind,
Fire, tempest and the sea.
Learn if I dare into what mode of being
The leaf falls from the tree.

Everywhere
There are bolet in the air,
Graves open to receive us,

After the seventh colour
And before the first
Lies darkness.

Beyond sound, silence
Audible to bats
And deep-sea fish that feel the throb of waves,

Beyond senne, the spinning spheres,
Atoms and stars
That weave our dives

Loyers seek sanctuary
In the abyss
From which they fly,

For in love’s depths we sound
The void
Beyond mortality

And through our sleep
Move latent powers
Strange as nebulae,
Dreams not ours.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :