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Poésie

Posts Tagged ‘oreille’

L’or du forsythia (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration
    
L’or du forsythia

Il faudra bien revenir un jour
quand la force de nos bras
aura chu dans les seaux
quand nos jambes seront de laine
et le sol plus mouvant que les eaux
quand l’oreille bourdonnera
comme un nid de frelons
frappé par l’orage et que l’oeil
cherchera l’aube en plein midi
il faudra revenir ici calmement
et s’asseoir au milieu de soi
pour voir le monde alentour
comme l’or du forsythia

(Guy Goffette)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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LA PLUIE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2019



LA PLUIE

La pluie et moi marchions
Bons camarades
Elle courait devant et derrière moi
Et je serrais notre trésor dans mon coeur
Elle chantait pour nous cacher
Elle chantait pour endormir mon coeur

Elle passait sur mon front sa peau mouillée
Et humaine ma chère pluie
Elle tendait l’oreille
Pour savoir si mon chant silencieux était anéanti

Elle me met les mains sur les épaules
Et court tant haut dans la plaine du ciel
Et tant me montre les diamants du soleil
Et tant toujours me caresse la peau
Et tant toujours me chante dans les os
Que je deviens un bon camarade

J’entonne une grande chanson
Qu’on entend et les cabarets et les oiseaux
Disent à notre passage Maintenant
Ils chantent tous les deux

(Pierre Morhange)

Illustration

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Je te parle tu n’entends pas (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2019



Illustration: Luc Thébault
    
Je te parle
tu n’entends pas
j’agite les bras
tu ne me vois pas.

Dos tourné
oreilles bouchées
déjà
tu m’as oublié.

Amour volage volatil
tu n’as fait que passer
mais dans mon coeur tu as laissé
ta marque indélébile.

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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L’INCESTE (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019


 


Igor Morski   (19) [1280x768]

 

L’INCESTE

J’aimais un arbre, il murmurait des feuilles
A mon oreille, et je connus l’inceste
Avec mon frère, arbre dans le vent froid.
Il en naquit des oiseaux par centaines,
D’étranges fruits qui rendaient la morsure
Et les baisers des lèvres s’y posant.

Je ne sais plus qui j’aime et qui j’attends.
De la nature à jamais j’ai le goût.
Passe la femme ainsi qu’une saison.
Moi je suis arbre et m’en vais comme tel
Dans la forêt de mon amour étrange.

(Robert Sabatier)

Illustration: Igor Morski 

 

 

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Le vacarme des plumes (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Le vacarme des plumes
Si tu t’approches de mes oreilles,
Ton sifflement qui entoure
Mon royaume de haies épaisses
Laisse un signe fugitif:
Le plaisir que tu m’apportes.

***

Lo strepito piume
Se ti accosti vicino agli orecchi,
Il tuo fischio che recinge
Il mio regno di fitte siepi
Lanscia un labile segno
La lusinga che mi rechi.

(Leonardo Sinisgalli)


Illustration

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Mon oreille (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2019


nymphe_coquillage

Mon oreille est un coquillage
Qui aime le bruit de la mer

(Jean Cocteau)

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Je suis triste (Gilles Weinzaepflen)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Je suis triste mon âme est triste
Malgré ce beau soleil qui brille pour rien
Tant mon âme est triste pour rien
De la désolation pure sans soulagement

Du désastre sans rien de cassé

Quelque chose est en morceaux
Quelque chose est plié comme un coin
Comme une oreille de chien trop longue
Qui se replie au sommet du crâne

Avec le tatouage à l’intérieur devenu visible

Ça gémit à l’intérieur comme si ça voulait sortir
Mais c’est pas capable de sortir
Ça sait d’avance que sortir ne sert à rien
Même dehors est encore du dedans retourné

(Gilles Weinzaepflen)

 

Recueil: Noël Jivaro
Traduction:
Editions: Le clou dans le fer

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Il n’y avait que le silence (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



Il n’y avait que le silence
Derrière chaque mot volé ;
La route expirait dans les pierres
Entre les murs écroulés.
Et pourtant le dernier poète
Tendait l’oreille vers la mer
Et cherchait encore à saisir
L’insaisissable oiseau de la parole.

(Jean Rousselot)

Illustration: Chantal Dufour

 

 

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PETIT CHIEN SOMBRE (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



Salvador Dali  [800x600]

PETIT CHIEN SOMBRE

Tu sais mes secrètes décombres,
Cette eau vaseuse et ces remous,
Mais tu t’endors sur mes genoux
Comme un petit chien sombre.

Ciel un peu trouble entre les feuilles,
Sous tes boucles ton front est blanc.
Mon oreille avide recueille
Le bruit que fait ton sang.

J’écoute ce battement grave
Du petit chien sombre endormi,
L’invisible courant du gave
Qui dans ton corps frémit.

Mais notre pensive alliance
N’est faite de sang ni de chair.
Tu ne crains pas les brefs éclairs
Brûlant dans mon silence.

Tu n’entends rien en moi qui gronde,
Ce vieux coeur hurlant à la mort.
Je suis ta douceur en ce monde,
Le havre où tu t’endors.

Du fond des songes où tu fus,
Se lèvent tes prunelles pures
Sur ma misérable figure
Où le masque n’est plus.

(François Mauriac)

Illustration: Salvador Dali

 

 

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TROIS NOTES (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2019




TROIS NOTES

J’ai attendu votre lever,
et vous baignez enfin de rouge et de bleu
ma main qui se tend.

Ciel, couleurs d’amour,
votre enfant ce matin
tient à la main la plus belle
rose rêvée.

*

Vieilli sur les routes du soir,
je m’étendais sur l’herbe sombre,
et je goûtais ce désir sans fin,
cri trouble et ailé
que retient une lumière,
quand elle se meurt.

*

L’été a tout brûlé,
mais le coquelicot retrouve
son sang dans l’ombre,
et voix de lune
est la voix qui s’égrène,
et la tristesse de l’homme
n’est qu’un roseau,
l’oreille au guet,
mais il est sans crainte et sans pitié.

(Giuseppe Ungaretti)

 

 

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