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Poésie

Posts Tagged ‘oreiller’

La marmotte (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



La marmotte

«J’aime l’automne quand tout le monde
rentre dans sa maison
on a fait ses provisions
moi j’ai ramassé du fourrage

pour en faire des oreillers
bien secs j’ai beaucoup mangé
pour être grasse sous ma fourrure
et maintenant bonsoir m’sieurs dames. »

La marmotte dort dans son trou
les feuilles tombent puis la neige
le vent souffle les bois gémissent
la marmotte ferme ses petits
poings sur son oreiller
( *)

* Un vers de silence, très long

(Jacques Roubaud)

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UNE NUIT AUSSI LONGUE QU’UNE ANNEE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022




    
UNE NUIT AUSSI LONGUE QU’UNE ANNEE
Sur l’air du  » Souvenir de la capitale impériale »
— Liu Yong

La couverture mince
et l’oreiller petit,
par le froid qui s’en vient

je me sens désolé
d’avoir dû te quitter.
Je me tourne
et retourne au fond du lit,
Mais le sommeil me fuit
bien que la nuit soit avancée.

Je me lève
et me couche
à n’en plus finir,
la nuit est aussi longue
qu’une année.

Oh ! Je voudrais m’en retourner chez toi,
mais je suis loin, très loin déjà.
Mille pensées de toi ne me consolent pas.
Comme je me sens seul et las !
Mon coeur reste toujours attaché à ton coeur;
Je te dois un ruisseau de pleurs.

(Anonyme)

***

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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Quelle fraîcheur! (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022



Chaleur nocturne,
oreiller retourné.
Quelle fraîcheur!

(Anne Tardy)

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Les affaires du monde ne sont que désordre (Wang Fanzhi)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022




    
Les affaires du monde ne sont que désordre,
Mieux valent les montagnes et collines.
Des pins qui cachent le soleil,
Une rivière encaissée, un long automne,
Les nuages sur les crêtes qui forment un rideau,
La lune qui dans la nuit dessine un crochet
Et moi allongé sous des plantes grimpantes,
La tête sur une pierre qui me sert d’oreiller.
Je ne suis pas un homme qui se plie au pouvoir,
Pourquoi donc envierais-je les prestiges des nobles !
Si la vie et la mort me laissent indifférent,
De quoi pourrais-je encore encombrer mon esprit!

(Wang Fanzhi)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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Poème d’amour en état de guerre (Mohammed El Amraoui)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



    

Poème d’amour en état de guerre

Je hume dans tes seins
l’odeur de la terre
la terre que mes pas ont quittée

Je hume l’oreiller de tes rêves
quand tu dors avant moi
et quand tu dors
après moi

Je hume la brise de ton souffle
quand l’air devient fumée

car leurs maisons détruites
les gens habitent leurs rêves

Et moi
depuis quarante ans
je n’habite
que le vent de ton parfum

Je n’ai d’autre maison
d’autre toit
que ton coeur

car l’amant
quand les guerres le chassent
que les exils le poursuivent
se jette dans les bras de l’aimée

Et si je voulais monter au pays
je laisserais mon poème grimper
à tes nattes

Si je voulais voyager
je chevaucherais tes sandales
sous la pluie, sous les arbres
et nuitamment sous la lumière de la lune

Si je voulais dormir
je déplierais les lignes de ta dernière lettre

Gloire à celui qui a étreint l’amour
sous la mitraille

Gloire à celui qui a dit
que la paix
est une herbe
qui pousse
dans le coeur
de l’aimée

(Mohammed El Amraoui)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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LA NUIT DERNIÈRE (Wei Zhuang)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



Illustration: Chai Qiu Nong
    
LA NUIT DERNIÈRE

La nuit dernière,
dans mon rêve
je l’ai vue clairement
sur l’oreiller.
Longtemps nous avons chuchoté.
Son visage toujours frais
comme une fleur de pêcher,
souvent elle baissait les paupières
pareilles aux feuilles de saules.
Moitié timide, moitié gaie,
prête à partir, elle s’attardait.
En me réveillant, j’ai su
que ce n’était qu’un rêve.
Une tristesse infinie
a inondé mon coeur.

(Wei Zhuang)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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JOUR DE SOMMEIL (Bai Juyi)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



 


    
JOUR DE SOMMEIL

La tête enfoncée
dans mon oreiller,
dans la chambre vide
je me tais.
Qui sait pourquoi
je reste ainsi,
le jour entier,
sans être malade
ni dormir ?

(Bai Juyi)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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L’oreiller d’un enfant (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021



 

Aron Wiesenfeld   Immigrant

L’oreiller d’un enfant

Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,
Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi !
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !

Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir ;
Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère !
Maman ! douce maman ! cela me fait gémir …

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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L’air autour de tes lèvres est léger (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2020



L’air
Autour de tes lèvres
Est léger

Tant il y flotte peu
De mots

A peine
Comme un ou deux
Cheveux
Laissés sur l’oreiller

Puis sur la baignoire

Qui disent combien
Tu étais nue

Détendue en ce bain
Où nos baisers
Faisaient des bulles

Je pense à ta bouche
Sur ma peau
Chaque fois que dans

Le parc sous la neige
Je vois traverser
L’écureuil

Qui vient pour jouer
Avec moi
Quand je rentre seul

(Werner Lambersy)

Illustration: Bec Winnel

 

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On ne se couchait jamais (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



 

Rockwell Kent 34 [1280x768]

On ne se couchait jamais sans glisser un chemin sous l’oreiller.
Pour que dès le réveil on continue sa marche.

(Pascal Commère)

Illustration: Rockwell Kent

 

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