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Poésie

Posts Tagged ‘orge’

Sur ses genoux (Jean-Baptiste Para)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2019



Illustration
    
Sur ses genoux l’homme a brisé la miche d’orge.
Le plus pauvre des hommes qui fut jamais sur la terre.
Comme un bouleau sous le vent, j’ai frissonné sous son regard.

(Jean-Baptiste Para)

 

Recueil: La faim des ombres
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Annie (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Cecile Veilhan _400

Annie

La lune n’était point ternie,
Le ciel était tout étoilé ;
Et moi, j’allai trouver Annie
Dans les sillons d’orge et de blé.
Oh ! les sillons d’orge et de blé !

Le coeur de ma chère maîtresse
Etait étrangement troublé.
Je baisai le bout de sa tresse,
Dans les sillons d’orge et de blé !
Oh ! les sillons d’orge et de blé !

Que sa chevelure était fine !
Qu’un baiser est vite envolé !
Je la pressai sur ma poitrine,
Dans les sillons d’orge et de blé.
Oh ! les sillons d’orge et de blé !

Notre ivresse était infinie,
Et nul de nous n’avait parlé…
Oh ! la douce nuit, chère Annie,
Dans les sillons d’orge et de blé !
Oh ! les sillons d’orge et de blé !

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: Cecile Veilhan

 

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L’exil de la beauté (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



L’exil de la beauté

Va, cherche dans la vieille forêt humaine
L’abri que je destine à ta vie incertaine.
Ne tremble pas trop quand le soir resserrera tes veines ;
Songe que les chairs fanées ne peuvent refleurir
Et garde aux coins de ta bouche pâle l’ombre d’un sourire.
Prends un bâton, si tu veux, et aussi une besace,
Marche, en suivant, le long des champs, la trace
Que font les bœufs qui s’en vont au labour
Et les enfants en quête des fleurs nouvelles de l’amour.
Tu trouveras peut-être l’amour sur ton chemin
Ou la mort, ou des pauvres qui tendront la main
Vers ton cœur ou bien vers ta gorge ;
Tu leur donneras ce que tu as, un morceau de pain d’orge,
Mais ils diront des injures
Et des larmes te viendront aux yeux d’entendre des paroles impures.
Ne pleure pas, lève la tête, les dieux,
Quand ils sont en exil, marchent encore dans les cieux.
Dérobe aux hypocrites ta noble nudité,
Sois pour eux la laideur, toi qui es la beauté.

(Remy de Gourmont)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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LE PÉRIPLE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
LE PÉRIPLE
pour Winifred Nicholson

En gravissant la colline de fossiles
J’ai recueilli des petites pierres soudées:
Je me suis souvenue de la mer archaïque
Où jadis ces cailloux furent mes os.

Je marchais le long du mur d’Hadrien;
Le vent du nord soufflait, venant du pôle.
Oh, je fus cet assaut de violence
Contre les remparts du monde!

Au crépuscule, dans une crypte déserte,
J’ai éprouvé la peur de toutes mes morts :
Des formes que j’avais vues avec des yeux de bête
Peuplaient l’obscurité de mystères.

Je suis restée près d’un torrent
Et d’un tertre où poussaient des chardons;
Ce lieu qui si longtemps avait été mon lieu,
Maintenant mon coeur y pourrit sous terre.

J’ai été la truite qui hante le lac,
L’ombre, la présence qui traverse l’eau.
Tant et tant de vies dont je laisse
Les os épars, les ailes brisées !

J’ai été l’animal qui meurt,
Œil qui se ferme sur l’aubépine dentelée,
Carcasse étouffée bientôt par la mousse,
Crâne englouti sous les fougères.

Les traces de mes pas s’enfoncent dans les sables mouvants
Et les champs d’orge ont bu mon sang, .
Ma sagesse a tracé la spirale d’un coquillage,
Mon labeur a dressé un tumulus de pierres sur une colline.

De loin je suis venue et je dois aller loin,
Il y a tant de tombes qu’habite ma douleur,
Mais toujours les doigts morts font naître
Les fleurs que je bénis de mes yeux vivants.

***

THE JOURNEY
For Winifred Nicholson

As I vent over fossil hill
I gathered up small jointed stones,
And I remembered the archaic sea
Where once these pebbles moere my bons.

As I walked on the Roman wall
The wind blew southward from the pole.
Oh I have been that violence hurled
Against the ramparts of the world.

At nightfall in an empty kirk
I felt the fear of all my deaths:
Shapes I had seen with animal eyes
Crowded the dark with mysteries.

I stood beside a tumbling beck
Where thistles grew upon a mound
That man, a day had been my home,
Where now my heart rots in the ground.

I was the trout that bannis the pool,
The shadowy presence of the stream.
Of many many lives I leave
The scattered bone and broken wing.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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PHIDYLÉ (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



Jean-Francis Auburtin d [800x600]

PHIDYLÉ

Offre un encens modeste aux Lares familiers,
Phidylé, fruits récents, bandelettes fleuries ;
Et tu verras ployer tes riches espaliers
Sous le faix des grappes mûries.

Laisse, aux pentes d’Algide, au vert pays Albain,
La brebis, qui promet une toison prochaine,
Paître cytise et thym sous l’yeuse et le chêne ;
Ne rougis pas ta blanche main.

Unis au romarin le myrte pour tes Lares.
Offerts d’une main pure aux angles de l’autel,
Souvent, ô Phidylé, mieux que les dons plus rares,
Les Dieux aiment l’orge et le sel.

Plus de neiges aux prés. La Nymphe nue et belle
Danse sur le gazon humide et parfumé ;
Mais la mort est prochaine; et, nous touchant de l’aile,
L’heure emporte ce jour aimé.

Un vent frais amollit l’air aigu de l’espace;
L’été brûle ; et voici, de ses beaux fruits chargé,
L’Automne au front pourpré; puis l’hiver, et tout passe
Pour renaître, et rien n’est changé.

Tout se répare et chante et fleurit sur la terre ;
Mais quand tu dormiras de l’éternel sommeil,
O fier patricien, tes vertus en poussière
Ne te rendront pas le soleil!

(Leconte de Lisle)

Illustration: Jean-Francis Auburtin

 

 

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Va-t-elle s’éteindre la lumière de mes yeux (Ephraïm)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Tout ce que j’ai pressenti
Et que je n’ai pas pu dire
Parce que les moissonneurs sont venus trop tôt
Et le souffle du vent dans les blés mûrs
Et mon cou tendu et la veine qui attend
Tu ne prends nul plaisir
Aux colombes qu’on égorge
O ma tendresse étouffée
Mon ardeur immaculée
Blé broyé seigle et orge
Et froment offert
Devant ta face d’éternité-

Va-t-elle s’éteindre la lumière de mes yeux
perdue dans une constellation morte depuis des millénaires?

(Ephraïm)

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Coupez ces orges (Buson)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



Illustration: Imao Keinen

    

Coupez ces orges devant la fenêtre !
Que je revoie
Les montagnes lointaines !

(Buson)

 

Recueil: Haïku
Traduction: Philippe Jaccottet
Editions: Fata Morgana

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FIN DE PRINTEMPS (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



Illustration
    
FIN DE PRINTEMPS
Heu-Yu

Les herbes et les arbres,
savent-ils que le printemps, n’est pas long à s’enfuir ?

De cent façons, toujours,
les rouges et les violets des floraisons embaumées, rivalisent de beauté.

Mais ni les fleurs des peupliers,
ni les graines de l’orme, ne peuvent penser.

Elles ne savent que s’effeuiller, et s’envoler,
en emplissant le ciel, comme une neige.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Jadis (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018




    
Jadis vous ouvriez très grande la fenêtre
Afin que les oiseaux soient là et pour permettre
Aux mains de se poser un instant sur vos mains
Le temps n’est plus vous n’avez plus de lendemain
Parfois vous regrettez les conditions premières
Beaux hommes soûlez-vous d’orges et de lumière
Dressez les merles apprivoisez les chevaux
Mais n’allez plus oh n’allez plus sur les tréteaux
Du monde avec vos flammes
Beaux hommes vous faites pleurer les femmes

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Courante (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



 

 

Illustration: Pierre Corratgé
    
Courante

Mon coeur est lourd comme un caillou;
Le vent souffle on ne sait d’où
Piquant comme un buisson de houx;
Au bord de l’étang qui frissonne,
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Soleil couchant sur un champ d’orge,
Il est rouge autant qu’une forge
Mon coeur brûlant dedans ma gorge
Et qui, telle une enclume, sonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Fleurant la mousse et la bourdaine,
J’ai mis ma jupe de futaine
Et chaussé mes sabots d’ébène.
Au vent âpre qui tourbillonne
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Mon coeur est lourd! Ma gorgerette
Est de fin chanvre, ma cornette
D’indienne, mon épinette
Du Val d’Ajol vibre et résonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Las, mé! mon corps est en lambeaux
Aussi pantelant que l’agneau
Qu’un loup déchire en son liteau,
Car mon bon ami m’abandonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

(Marie Dauguet)

 

 

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