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Poésie

Posts Tagged ‘orgueilleuse’

A vous que je ne peux nommer (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019




A vous que je ne peux nommer
Comme à mon gré je l’aimerais,
Ce jour de l’an, de biens et joie
Que Dieu veuille vous faire étrennes !

Vous appeler amie serait
Vous décerner un nom trop simple,
À vous que je ne peux nommer
Comme à mon gré je l’aimerais.

Vous donner comme nom: ma dame,
Ce serait vous rendre orgueilleuse ;
Je récuse en vous la maîtresse:
Comment faut-il que je m’adresse
À vous que je ne peux nommer

(Charles d’Orléans)

Illustration: Fabienne Contat

 

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Oh! c’était un jour de fraîcheur (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




Oh! c’était un jour de fraîcheur
Dans la merveilleuse ville de Pierre.
Le couchant semblait un bûcher de pourpre
Et l’ombre lentement s’épaississait.

Tu as caressé ma poitrine
Comme autrefois on caressait la lyre,
Pour entendre une humble réponse
À un «je t’aime» conquérant.

Tu n’as que faire de mes yeux,
Qui sont prophétiques et constants.
Mais tu voudrais te saisir de mes vers,
Prière de mes lèvres orgueilleuses.

(Anna Akhmatova)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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SONNET (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

Alberto Donaire CA27STYR

SONNET
À Mademoiselle S. de L. C.

Les saphirs durs et froids, voilés par la buée
De l’orgueilleuse chair, ressemblent à ces yeux
D’où jaillissent de bleus rayons silencieux,
Inquiétants éclairs d’un soir chaud, sans nuée.

Couvrant le front, comme au hasard distribuée,
La chevelure flotte en tourbillons soyeux.
La bouche reste grave et sans moue, aimant mieux
S’ouvrir un peu, de sa fraîcheur infatuée.

Cette bouche immuable et ces cheveux châtains,
Ces yeux, suivant dans l’air d’invisibles lutins,
Ont l’implacable attrait du masque de la Fable.

Mais non ; car dans ces traits placides rien ne ment ;
Et parfois ce regard révèle, en un moment,
La vérité suprême, absolue, ineffable.

(Charles Cros)

Illustration: Alberto Donaire

 

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Inconnue (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017


Nous avons fait la nuit, je tiens ta main, je veille
Je te soutiens de toutes mes forces
Je grave sur un roc l’étoile de tes forces

Sillons profonds où la bonté de ton corps germera
Je me répète ta voix cachée, ta voix publique
Je ris encore de l’orgueilleuse
Que tu traites comme une mendiante
Des fous que tu respectes, des simples où tu te baignes
Et dans ma tête qui se met doucement d’accord avec
la tienne, avec la nuit
Je m’émerveille de l’inconnue que tu deviens
Une inconnue semblable à toi, semblable à tout ce que j’aime
Qui est toujours nouveau

(Paul Eluard)

Illustration

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Chanson (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



De ta robe à longs plis flottants
Ruissellent toutes les chimères,
Et tu m’apportes le printemps
Dans tes mains blondes et légères.

J’ai peur de ce frisson nacré
De tes frêles seins, je ne touche
Qu’en tremblant à ton corps sacré,
J’ai peur du charme de ta bouche.

Je me sens grandir jusqu’aux Dieux
Quand, sous mon orgueilleuse étreinte,
Le doux bleu meurtri de tes yeux
S’évanouit, fraîcheur éteinte.

Mais quand, si blanche entre mes bras,
À mon cri d’amour qui se pâme
Tu souris et ne réponds pas,
Tes yeux fermés me glacent l’âme…

J’ai peur – c’est le remords spectral
Que l’extase ne saurait taire –
De t’avoir peut-être fait mal
D’une caresse involontaire.

(Renée Vivien)

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