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Poésie

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Même en ouvrant bien les yeux (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
Même en ouvrant bien les yeux,
nous ne voyons le ciel qu’à travers de petits orifice
par où se déverse aussi l’enfer.

Le ciel, par contre, ne se déverse pas.
Il faut attendre le moment juste
et se déverser en lui
quand les petits orifices
ne sont pas obstrués par le flux de l’enfer.

Alors peut se produire l’inespéré,
que le ciel et l’enfer se rejoignent,
s’effacent comme deux saisons provisoires
et que surgisse enfin l’autre en son éclat,
le bouquet fait de toutes les fleurs,
le chemin qui va partout,
l’expression qui sert pour tous les gestes,
le repos qui soutient toutes les quiétudes,
la création sans la limite d’aucun créateur.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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Alors peut se produire l’inespéré, que le ciel et l’enfer se rejoignent (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2016



Même en ouvrant bien les yeux,
nous ne voyons le ciel qu’à travers de petits orifices
par où se déverse aussi l’enfer.

Le ciel, par contre, ne se déverse pas.
Il faut attendre le moment juste
et se déverser en lui
quand les petits orifices
ne sont pas obstrués par le flux de l’enfer.

Alors peut se produire l’inespéré,
que le ciel et l’enfer se rejoignent,
s’effacent comme deux saisons provisoires
et que surgisse enfin l’autre en son éclat,
le bouquet fait de toutes les fleurs,
le chemin qui va partout,
l’expression qui sert pour tous les gestes,
le repos qui soutient toutes les quiétudes,
la création sans la limite d’aucun créateur.

(Roberto Juarroz)

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Une guêpe maçonnière (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2016



eumenes-pomiformis-pot

Une guêpe maçonnière

Une guêpe maçonnière
vient se poser
sous l’aisselle
de la vieille balustrade de pierre
qui règne sur le jour

la tête enfoncée dans l’orifice
d’un nid de terre grise
avec la glaise
et la salive des fleurs

elle façonne la caverne
de la vie
une goutte de vie
pour le miel à venir
éternisant l’été

c’était donc ici
le creux de l’origine

un simple point
un nid enfoui
au fond des voies lactées.

(Jean Mambrino)

Illustration

 

 

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Eveillés par l’amour (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2015



Eveillés par l’amour, les animaux de ton corps veulent sortir.
Le serpent se déroule à la base de ta moelle.
Le lion s’étire dans ta poitrine.
L’éléphant heurte à la paroi de ton front.

Et mille autres animaux grouillent, se détendent,
s’élancent vers les orifices de cet homme.
Et leurs voix se résument en SOUFFLE,
en souffle encore chaos contenant tous rythmes,
en souffle souffrant encore d’être diffus et multiple.

(René Daumal)

 

 

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ÉNIGME POUR LES TOURMENTÉS (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2015



 

Mihai Criste   (5)

ÉNIGME POUR LES TOURMENTÉS

Un jour parmi les jours de l’année à venir
je trouverai une heure différente :
une heure à chevelure cataracte,
une heure jamais encore écoulée :
comme si le temps, se cassant,
ouvrait une fenêtre : un orifice
par où nous glisser vers le fond.

Bon, ce jour-là avec cette heure
arrivera et laissera tout transformé :
on ne saura plus si l’hier s’en est allé
ou si ce qui revient n’était jamais passé.

Lorsque de ce cadran une heure tombera
à terre, n’étant par quiconque recueillie,
lorsque, enfin, nous aurons le temps bien amarré,
nous saurons vraiment où commencent
ou encore où s’achèvent les destins
car dans le tronçon mort ou simplement éteint
nous verrons clairement la matière des heures
comme on voit clairement la patte de l’insecte.

Et nous disposerons d’un pouvoir diabolique :
reculer dans le temps ou activer les heures,
regagner la naissance ou rejoindre la mort
avec un moteur dérobé à l’infini.

(Pablo Neruda)

Illustration: Mihai Criste

 

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