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Posts Tagged ‘oripeau’

DE L’HOMME SEUL (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018




    
DE L’HOMME SEUL

Seul dans le tout, seul dans l’immensité,
Seul sur la terre
Et seul dans la cité,
Seul sur la Place et seul dans la tanière,
Et seul sous l’oripeau,
Seul dans la peau.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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SUR DES CHRYSANTHEMES (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



 

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SUR DES CHRYSANTHEMES

Des chrysanthèmes,
Secouant leurs oripeaux,
Hagards de vent et saoulés d’eau,
Tanguent, roulent de la tête.

Cheveux éplorés, — et si mouillés ! —
La vieille s’en va, la tête nue,
Par les chemins gris et par les rues,
Gros mouchoir en boule à son poing crispé…

Drame… deuil… douleur… La vieille est folle ;
Et ses cheveux blancs s’emmêlent, s’envolent,
Ét ses cheveux blancs se plaquent, se collent,
Quelques-uns verdis, d’autres rouillés.

*

Des chrysanthèmes,
Lassés de vent, bavant l’eau,
Dodelinent de la tête.

L’étique roulotte est embourbée…
Diaphane de faim, grise de crasse,
En vieilles savates, une finasse
S’attèle à la roue, et sa tignasse
Jaune égoutte au long de son grand nez…

De très nobles chrysanthèmes,
Profanés de vent et d’eau,
Sont prostrés par leur défaite…

Les grands oiseaux blancs en gris exil,
Plantés sur leur patte, corail frêle,
La tête en sommeil au fond de l’aile,
Rêvent à des Gange ou à des Nil…

Mais ce parc ! ce parc alentour grelotte ;
Oh le fond boueux des flaques d’eau
Où piteux, si long ! trempe et clapotte
Le plumage déchu de ces oiseaux…

*

Oh cueillez et recueillez
Le chrysanthème au coeur noyé !

Quoi, elle est tombée à la mare !
Ah dans quel état, ses longs rubans !
Voici qu’elle en sort en claquant les dents :
Ét son chapeau ! Et son écharpe !

— C’est qu’elle a voulu aller en barque
Malgré les claques de la bourrasque :
Elle a glissé sur la banquette.

(Charles Vildrac)

 

 

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PIERRE LAVÉE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



PIERRE LAVÉE

Sensible par ses feuillets disjoints,
cette dalle de mer
se calcine dans sa solitude.

Houle proche, mousseuse lessive.

Un torse en mouvement s’en imprègne,
et soudain il ruisselle.

Oripeaux tissés d’un or indéfinissable : vrais ou faux ?
Qu’importe !
Le soleil d’octobre achève de tordre ses derniers linges.

Défroque glissant à vau-l’eau, écharpe nouée au cou du vent,
il donne libre cours à sa phobie lavandière.

Flux et reflux. L’acte et le geste.

Puis cette surprise des yeux.

Dans un brassage d’écume,
la pierre lavée n’est plus désormais
qu’un corps effervescent.

(Jules Tordjman)

Illustration: Dominique Van den Broeck

 

 

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LAISSE ICI TON BAGAGE D ESPOIR… (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration
    
LAISSE ICI TON BAGAGE D’ESPOIR…

Laisse ici ton bagage d’espoirs,
De peurs secrètes, de ténèbres,
Tes oripeaux d’enfance, tes ferveurs,
Et tous les morts qui t’accompagnent
De leurs paisibles voix aimées.
Tu dois poursuivre seul,
Lourd de tes mots, de tes silences,
Sans autre recours que ton dénuement,
Pour mesurer ta vie
A l’abandon des êtres et des rêves,
Pour que ton âme s’illumine
De ce qu’elle a quitté.

Ce qui est écrit sur la pierre
Ne t’apprend rien que tu ne saches.
Méfie-toi de ces mots qui voudraient
Te parler de toi. Ils sont leurres.
Ce qu’ils cherchent à dire
Demeure en deçà des paroles.
Fouille en toi plus profond,
Jusqu’à cette lueur qui tremble
En ce miroir embué de ténèbres
Où ton visage dort encore.
Ne désespère pas, tout est si proche,
Ta lumière ici fait silence.

Toutes les routes sont promises
A qui les rêve sans les voir.
L’une s’ouvre à tous les voyages,
L’autre avec toi s’enfonce au coeur du temps,
La troisième fait don d’une enfance
A celui qui n’en avait plus,
Une autre encore à l’errance t’incite
Vers une terre en friche où naisse enfin
L’espoir sous la parole et toute paix
Dans le regard des hommes.
Tu t’inventes, les yeux fermés,
Le seul chemin qui ne mène qu’à toi.

Ce que le monde te raconte,
Préserve-le comme un secret
Scellé sous l’écorce de la chair.
Au fond de tes yeux veille encore
L’innocence du premier regard.
Chaque syllabe en toi fait don
De sa lumière au jour qui la suscite
Et, d’un souffle, renait pour mourir
D’une autre vie, d’elle-même jaillie.
L’été, la nuit, tout t’habite à jamais,
La neige, le galet, l’oiseau perdu
Et cette flaque où le ciel nu respire.

(Pierre Gabriel)

 

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L’inerte chanson (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
L’inerte chanson

Combien de baisers en suspens
Au bord des lèvres affamées
Et parmi les palais absents
De princesses inanimées
Dormant à jamais embrumées
Sous l’or de leurs cheveux dolents.

Combien à l’ancre au fond du port,
Et malgré les voiles vermeilles,
Souplement arquant leur essor,
De bateaux captifs qui sommeillent
Et qui jamais n’appareillent
Que vers ce havre noir, la Mort.

Combien de lys n’ont point éclos
Dont l’aube dédaigna l’offrande;
Et, sur des îles de coraux
Où leurs bras vainement se tendent,
Combien d’exilés qui t’attendent,
O Mort, sous tes verts oripeaux!

(Marie Dauguet)

 

 

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Malgré les oripeaux (Gilbert Langevin)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2016




Entre l’éclair que je porte

et la terre que je piétine

malgré les oripeaux subsiste le sublime

(Gilbert Langevin)

Illustration

Poète découvert chez Lara

 

 

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Dans des rêves clos j’ai bâti mon rêve (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



Dans des rêves clos j’ai bâti mon rêve
rêve de brèves sèves au jardin magique
magie des fleurs closes aux rêves nostalgiques
aux jardins d’été j’ai bâti mon rêve.

Aux jardins d’automne j’ai vécu mon rêve
le cœur de mon rêve saignait dans les armées :
ah d’ignorées partances et de venues inconnues
l’oripeau de mon rêve gisait à mes pieds nus.

Au désert d’hiver je suis mort en mon rêve
essor découronné vers les brèves sèves ;
au seuil du jardin, glaive emphatique et nu
un sourire connu, fleuri dans les années.

(Gustave Kahn)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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