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Poésie

Posts Tagged ‘orme’

Le vieil orme (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Lentement
Disparaît
Le vieil orme
Dans le noir de la nuit

(Abbas Kiarostami)

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MOT (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Illustration: Amedeo Modigliani
    
MOT

Tu ris que je m’écharne pour des mots
que j’assemble ciels et collines en haie d’azur
autour de moi, et le bruissement des ormes
et les voix des eaux tremblantes;
que je trahisse ma jeunesse
pour les nuages et les couleurs
qui se diluent dans la lumière.

Je te connais : en toi tout égarée
la beauté rehausse tes seins,
creuse tes reins et en un mouvement suave
inonde ton sexe timide,
puis redescend en courbes harmonieuses
jusqu’aux dix coquillages de tes beaux pieds.

Mais voilà: si je te prends
tu seras toi aussi pour moi un mot, et la tristesse.

***

PAROLA

Tu ridi che per sillabe mi scarno
e curvo cieli e colli, azzurra siepe
a me d’intorno, e stormir d’olmi
e voci d’acque trepide;
che giovinezza inganno
con nuvole e colori
che la luce sprofonda.

Ti so. In te tutta smarrita
alza belleza i seni,
s’incava ai lombi e in soave moto
s’allarga per il pube timoroso,
e ridiscende in armonia di forme
ai piedi belli con dieci conchiglie.

Ma se ti prendo, ecco:
parola tu pure mi sei e tristezza.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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VERLAINE (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2018



 

VERLAINE

Je ne puis te donner fruit ni fleur. Feuille ou branche,
Si. Feuille d’orme, non, ni d’agreste glycine.
Feuille de la forêt, parfumée de résine,
A ta gloire apportant la rosée du matin.

(Manuel Bandeira)

 

 

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La demoiselle (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



La demoiselle.
Sur la bruyère arrosée
De rosée ;
Sur le buisson d’églantier ;
Sur les ombreuses futaies ;
Sur les haies
Croissant au bord du sentier ;

Sur la modeste et petite
Marguerite,
Qui penche son front rêvant ;
Sur le seigle, verte houle
Qui déroule
Le caprice ailé du vent ;

Sur les prés, sur la colline
Qui s’incline
Vers le champ bariolé
De pittoresques guirlandes ;
Sur les landes ;
Sur le grand orme isolé,

La demoiselle se berce ;
Et s’il perce
Dans la brume, au bord du ciel,
Un rayon d’or qui scintille,
Elle brille
Comme un regard d’Ariel.

Traversant, près des charmilles,
Les familles
Des bourdonnants moucherons,
Elle se mêle à leur ronde
Vagabonde,
Et comme eux décrit des ronds.

Bientôt elle vole et joue
Sur la roue
Du jet d’eau qui, s’élançant
Dans les airs, retombe, roule
Et s’écoule
En un ruisseau bruissant.

Plus rapide que la brise,
Elle frise,
Dans son vol capricieux,
L’eau transparente où se mire
Et s’admire
Le saule au front soucieux ;

Où, s’entr’ouvrant blancs et jaunes,
Près des aunes,
Les deux nénuphars en fleurs,
Au gré du flot qui gazouille
Et les mouille,
Étalent leurs deux couleurs ;

Où se baigne le nuage ;
Où voyage
Le ciel d’été souriant ;
Où le soleil plonge, tremble,
Et ressemble
Au beau soleil d’Orient.

Et quand la grise hirondelle
Auprès d’elle
Passe, et ride à plis d’azur,
Dans sa chasse circulaire,
L’onde claire,
Elle s’enfuit d’un vol sûr.

Bois qui chantent, fraîches plaines
D’odeurs pleines,
Lacs de moire, coteaux bleus,
Ciel où le nuage passe,
Large espace,
Monts aux rochers anguleux,

Voilà l’immense domaine
Où promène
Ses caprices, fleur des airs,
La demoiselle nacrée,
Diaprée
De reflets roses et verts.

Dans son étroite famille,
Quelle fille
N’a pas vingt fois souhaité,
Rêveuse, d’être comme elle
Demoiselle,
Demoiselle en liberté ?

(Théophile Gautier)

 

 

 

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CHANSON D’AMOUR (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

orme

CHANSON D’AMOUR

BALAIE la maison,
suspends de frais rideaux
aux fenêtres
mets une robe neuve
et viens avec moi !

L’orme éparpille
ses miettes
d’odeurs douces
du haut d’un ciel blanc !

Qui entendra parler de nous
dans les temps à venir ?
Que l’on dise qu’il y eut
un éclat de parfum
émané de branches noires.

***

LOVE SONG

SWEEP the house clean,
hang fresh curtains
in the windows
put on a new dress
and come with me !

The elm is scattering
its little loaves
of sweet smells
from a white sky !

Who shall hear of us
in the time to come ?
Let him say there was
a burst of fragrance
from black branches.

(William Carlos Williams)

Illustration

 

http://www.livegalerie.com/Peinture,l_orme_de_St-Rodrigue,fortin_paysagiste,105181.html

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UN LONG COULOIR DANS LA SERRURE (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



 Illustration: Amnesty International
    
UN LONG COULOIR DANS LA SERRURE

Bruit de pas. Du long couloir dans la serrure
Un homme vient
L’homme est effroyable

Par le nez de la serrure, l’eau assombrie de la montagne
Coule et entre. Dans mes méninges flotte ma lointaine
Enfance; l’araignée d’eau,
Les plantes marines, le bruissement de l’eau
Qui tourbillonne une ou deux fois à mes oreilles,
Soudain tout s’arrête et m’ordonne
«Avoue!»

Par l’oesophage de la serrure, ardemment
Le téléphone sonne encore.
Dans la gorge, d’un seul trait
J’avale un couteau glacial.
Le couteau enfoncé,
Répondre à la question.
«Nous ne sommes plus des hommes»

Par le trou de la serrure, souffle le vent sonore.
Les feuilles de l’orme s’agitent
Quelqu’un le prend à la gorge et le secoue
branche par branche,
Les papiers à deux faces flottent
Le dernier saisit l’empreinte
De mon doigt.
Je voudrais dormir.
«Ah, ce corps, pourquoi existe-t-il?»

Craquement de la porte â l’extérieur ;
Bruit de pas ; du long couloir dans la serrure
Un homme sort.
En tombant,
Demandant grâce, il dit enfin
Aux mouches «ONLY WAY TO FLY »

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes __..
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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DANS LE PARC (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

DANS LE PARC

Allant à nouveau dans le vieux parc,
O calme des fleurs jaunes et rouges.
Vous aussi êtes en deuil, vous, dieux de douceur,
Et l’or automnal de l’orme.
Immobiles, près de l’étang bleuté pointent les roseaux.
Le soir la grive se tait.
Oh ! Baisse alors le front, toi aussi,
Devant le marbre déchu des aïeux.

***

IM PARK

Wieder wandelnd im alten Park,
O ! Stille gelb und roter Blumen.
Ihr auch trauert, ihr sanften Götter,
Und das herbstliche Gold der Ulme.
Reglos ragt am bläulichen Weiher
Das Rohr, verstummt am Abend die Drossel.
O ! dann neige auch du die Stirne
Vor der Ahnen verfallenem Marmor.

(Georg Trakl)

Illustration: Henri Martin

 

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PATERNITÉ VÉGÉTALE (Jean-Paul Klee)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2017




PATERNITÉ VÉGÉTALE

J’aurais passé le dernier été de ma jeunesse
à soigner un tilleul de hollande
et un rossignol du japon
malades à compter leurs feuilles leurs secondes
l’un n’était-il pas ma beige lenteur
l’autre ma muse fleurie nourrie d’éphémères
mais tous les deux ont crevé !
Pour ma console j’élève depuis ce temps-là
en chemise à carreaux dingo chapeau pompadour
des noyers miraculés
des bébés magnolias gâtés d’or.
Et souvent triste à mourir à vingt ans déjà
je me retournerai devant la porte étroite de la vieillesse
sans femme-les-enfants-d’abord
la verge vierge la feuille de vigne sans fruits !
avec seulement des souvenirs d’ombres d’arbres à tous les doigts de la main
et la poterie de ma tête fêlée par la force d’un lierre intérieur
orange et violâtre
Mais que de fois j’aurais recueilli la bruine du lyrisme des choses
et joui de nuits roses

O mourir au sein de la pelouse de trèfles en fleurs blanches
pleines d’abeilles blondes
comme devant le blason de mon oncle
à genoux devant l’orme pleureur d’or de toute poésie
le coeur cuit de soleil bleu
l’air parfumé de musique ancienne.

(Jean-Paul Klee)

Illustration

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Alors que nous nous effaçons… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




    
Alors que nous nous effaçons…

Alors que nous nous effaçons,
Ainsi qu’au penchant des saisons
L’or des éphémères moissons;

Que sous les paupières qui saignent
Et dans les larmes qui les baignent
Tant de regards blessés s’éteignent;

Que, du soleil abandonnés,
Cendreux bleuets embruinés,
Tant d’yeux humains se sont fanés;

Que pareilles aux flots qui roulent,
Leur cours aux grèves qui s’écroulent,
Les générations s’écoulent,

Et qu’à l’abîme qu’il pressent
Chaque homme va disparaissant,
Tel un naufragé pâlissant,

Pendant qu’aux pentes des vallées
Filtrent, des tombes descellées,
Et du marbre des mausolées,

Et des sépulcres crevassés
Sous les vieux ormes délaissés,
Tourbillons par le vent poussés,

Tant d’ombres et de cendre vaine,
O Nature calme et sereine,
Tu te dresses comme une reine,

Et debout à travers le temps,
Toujours jeune et sans changement,
Subsistant invinciblement,

Tu souris, entre tes mains pures
Tenant, aux riches ciselures,
La clef d’or des aubes futures,

Et moi qui fuis comme le vent,
– Vers quel horizon décevant? –
Atome d’infini rêvant;

Emporté par quel noir quadrige
Que l’heure hâtivement fustige,
Il me reste, dans ce vertige,

Et du néant sombre guetté,
Ce bonheur d’avoir reflété,
Nature, et compris ta Beauté,

Cet espoir profond de renaître
Aux bourgeons emmiellés des hêtres,
Aux chansons des huppes champêtres,

Au cours des ruisseaux opalins,
Aux frissons bleuissants des lins,
Au rire emperlé des matins!…

(Marie Dauguet)

 

 

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La sagesse des parfums (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




    
La sagesse des parfums

Vieilles écorces nécrosées
Que des suintements verts enduisent,
Lichens, mousses décomposées
Où des baves d’argent reluisent,

Vernes au ciel de pluviôse
Emmêlant, spectres affolés,
Vos troncs aux pourpres ecchymoses
Et que la serpe a mutilés,

Dispersant vos branches moisies,
Répandez vos philtres, ma chair
Réclame votre anesthésie,
Allégeante morphine, éther.

Que loin des langueurs bestiales
Et du vouloir-vivre importun,
Me plonge en une paix claustrale
Votre torpeur morne, ô parfums.

Bouquets d’anémiques astères
Brouillant au cours des eaux flétries
Des pâleurs mauves de paupières
Que l’ardent amour a meurtries,

Rosiers diaphnéisés,
Blêmes comme des fronts de nonnes,
Qui tendrement agonisez
Aux humides vergers d’automne,

Distillez dans le soir qui meurt
Vers nos coeurs la subtile essence,
Ainsi qu’un opium endormeur,
De vos fleurs en déliquescence;

Prodiguez, troncs velus des ormes
Qu’ont abattus les bûcherons,
Vos sourds relents de chloroforme
Et nos blessures se tairont.

(Marie Dauguet)

 

 

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