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Si tu veux que je meure… (Rémy Belleau)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019



 

Giampaolo Ghisetti -  (1)

Si tu veux que je meure…

Si tu veux que je meure entre tes bras, m’amie,
Trousse l’escarlatin de ton beau pellisson
Puis me baise et me presse et nous entrelassons
Comme, autour des ormeaux, le lierre se plie.

Dégraffe ce colet, m’amour, que je manie
De ton sein blanchissant le petit mont besson :
Puis me baise et me presse, et me tiens de façon
Que le plaisir commun nous enivre, ma vie.

L’un va cherchant la mort aux flancs d’une muraille
En escarmouche, en garde, en assaut, en bataille
Pour acheter un nom qu’on surnomme l’honneur.

Mais moy, je veux mourir sur tes lèvres, maîtresse,
C’est ma gloire, mon heur, mon trésor, ma richesse,
Car j’ai logé ma vie en ta bouche, mon coeur.

(Rémy Belleau)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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Elle (Xavier Forneret)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



 

Andrius Kovelinas

Elle

Vous ne savez son nom ? – Celle pour qui je chante
La vie d’amour de feu, puis après est mourante :
C’est un arbre en verdeur, un soleil en éclats,
C’est une nuit de rose ou languissants ébats.
C’est un torrent jeté par un trou de nuage ;
C’est le roi des lions dégarni de sa cage :
C’est l’enfant qui se roule et qui est tout en pleurs,
C’est la misère en cris, – c’est la richesse en fleurs.
C’est la terre qui tremble et la foudre qui tonne,
Puis le calme du soir, au doux bruit qui résonne ;
C’est un choc qui renverse en tuant de frayeur,
Puis un pauvre qui donne, – ou le soupir qui meurt.
C’est un maître qui gronde, – un amant qui caresse ;
C’est la mort, désespoir, deuil, bonheur, allégresse.
C’est la brebis qui bêle en léchant son agneau,
Puis la brise aux parfums, ou le vent dans l’ormeau. –
Bien sûr elle a deux coeurs : l’un qui vit et palpite ;
L’autre, frappé, battu, qui dans un coin habite.

On pense que son pied ne la soutiendra pas,
Tant il se perd au sol, ne marquant point de pas.
Ses cheveux sont si beaux qu’on désire se pendre
Avec eux, si épais qu’on ne peut pas les prendre.
Si petite est la place où l’entoure un corset
Qu’on ne sait vraiment pas comment elle le met.
Quelque chose en sa voix arrête, étreint, essouffle.
Des âmes en douceur s’épurent dans son souffle.
Et quand au fond du coeur elle s’en va cherchant,
Ses baisers sont des yeux, sa bouche est leur voyant.

(Xavier Forneret)

Illustration: Andrius Kovelinas

 

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La Forêt (François-René de Châteaubriand)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018




La Forêt

Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude !
Prestige de mon coeur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons, une douce tristesse.
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse,
Et dans le fonds des bois semble encor m’appeler.
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, dans ce lieu solitaire,
Qu’ignoré, je sommeille à l’ombre des ormeaux !
Forêts ! agitez-vous doucement dans les airs !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D’autres vous confieront des amours étrangères ;
Moi, de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.

(François-René de Châteaubriand)

 

 

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BRUNETTE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



BRUNETTE

Qu’il est doux d’aller sous l’Ormeau,
Danser au son du Pipeau,
Et de la Musette !
Mais il est cent fois plus charmant
D’être seulette
Dessus l’herbette,
Avec son Amant.

(Anonyme)

Illustration: William Bouguereau

 

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LES GARS QUI VONT A LA FÊTE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Aymeric Noa

    

LES GARS QUI VONT A LA FÊTE

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Pour y boire chopinette,
Y goûter le vin nouveau,

Y tirer la carabine,
Y sucer le berlingot.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Sont rasés à la cuiller,
Sont raclés dessous la peau,

Ont passé la blouse neuve,
Le faux-col en cellulo.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Y faire danser les filles,
Chez Julien le violoneur,

Des polkas et des quadrilles
Et le pas des patineurs.

Le piston, la clarinette
Attendrissent les costauds.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau.

On boit à la riginglette
Si le branle donne chaud.

Quand ils ont bu, se disputent
Et se cognent sur la peau,

Puis vont culbuter les filles
Au fossé sous les ormeaux.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Reboivent puis se rebattent
Jusqu’au chant du premier jô,

Le lendemain on en trouve :
Sont couchés dans le ruisseau…

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le mort que je serai (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



 

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Le mort que je serai s’étonne d’être en vie,
du chat sur ses genoux qui ronronne pour rien,
du grand ciel sans raison, du gros vent malappris
Qui bouscule l’ormeau et se calme pour rien

(Claude Roy)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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LE MARCHAND D’ETOILES (Franck Gérald)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018



 

Ivailo Petrov - Tutt'Art@ - (15)

LE MARCHAND D’ETOILES

C’était un marchand d’étoiles
Et d’aurores boréales
Qui a posé sur ton lit
Tous les fantasmes de la nuit
Il allait de ville en ville
Cherchant un esprit docile
Il t’a bien vite ébloui
Et comme une ombre tu l’as suivi

Moi je croyais au ruisseau
Je croyais à l’ormeau
Qui se couvre de lierre
Moi je croyais au jardin
Que revêt de satin
La rosée du matin

C’était un marchand d’étoiles
Et de phrases magistrales
Il a glissé dans ta vie
Tous les mensonges de la nuit
Dans les reflets d’une eau grise
Il t’a fait croire à Venise
Tu as cru voir du pays
Tu as cru voir le paradis

Moi je disais que l’oiseau
Nous fait signe là-haut
Que s’éloigne l’orage
Moi je disais qu’au réveil
Sur la vigne vermeille
Brillerait le soleil

Mais ton beau marchand d’étoiles
En changeant de cathédrale
A changé de compagnie
Dans le miroir de son ennui
Je t’attends, petite fille
L’arbre n’était que brindille
Qui sera bien vite enfouie
Sous le manteau de l’oubli

(Franck Gérald)

Illustration: Ivailo Petrov

 

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LA SOLITUDE (Théophile De Viau)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



LA SOLITUDE

Dans ce val solitaire et sombre
Le cerf qui brame au bruit de l’eau,
Penchant ses yeux dans un ruisseau,
S’amuse à regarder son ombre

Un froid et ténébreux silence
Dort à l’ombre de ces ormeaux,
Et les vents battent les rameaux
D’une amoureuse violence …

(Théophile De Viau)

 

 

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Dans le vieil ormeau mort debout (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2017



 

orme 1 [1280x768]

Dans le vieil ormeau mort debout,
Dans ce squelette à contre-ciel
Qui tient tête au vent noir,
Notre mémoire bat toujours.

Il avait charge de ce monde,
Nous mêlait à l’enfance des fables,
A ses viviers d’étoiles tutélaires,
A ces milliers d’oiseaux enfuis
Par la brèche du temps.

Il nous garde vivants
Dans sa houle de songes.

Il nous aide à tenir
Encore un peu.

(Pierre Gabriel)

Illustration

 

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Si tu veux que je meure (Rémi Belleau)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Si tu veux que je meure entre tes bras, m’amie,
Trousse l’escarlatin de ton beau pellisson
Puis me baise et me presse et nous entrelassons
Comme, autour des ormeaux, le lierre se plie.

Dégraffe ce colet, m’amour, que je manie
De ton sein blanchissant le petit mont besson :
Puis me baise et me presse, et me tiens de façon
Que le plaisir commun nous enivre, ma vie.

L’un va cherchant la mort aux flancs d’une muraille
En escarmouche, en garde, en assaut, en bataille
Pour acheter un nom qu’on surnomme l’honneur.

Mais moy, je veux mourir sur tes lèvres, maîtresse,
C’est ma gloire, mon heur, mon trésor, ma richesse,
Car j’ai logé ma vie en ta bouche, mon coeur.

(Rémi Belleau)

 Illustration:  John Buckland Wright

 

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