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Poésie

Posts Tagged ‘ornement’

CHOSES (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
CHOSES

I
Les objets ont l’immortelle tranquillité
Et l’immortel amour quand les relient les nombres
Entre l’antique ton la belle majesté
Du temps et le lieu pur l’espace en clair et sombre

Quand les formes sont nues ainsi la pleine chair
Consentante aux frissons, quand ressortent les songes
Des ornements secrets, quand un rayon d’éclair
Pressant chaque mémoire entre eux les fait répondre

Quand leur calme sortant pareil à l’oraison
Ils donnent au coeur d’homme avant qu’il ne les perde
Tout à coup sécurité consolation

Chacun est au plus haut dans les êtres qui sont
L’achèvement de leur mariage est leur superbe
Où Dieu pose la main sur la condition.

II
Chacun soucieux d’être tant
Ne prit sa fonction sa forme
Que de ce lieu où le présent
Le plaça le soumet l’informe

Sa valeur en Dieu est ce fruit
Qu’il est ici et non point la
Ne rayonnant là mais ici.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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SILENCE ABSOLU (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



 

Mario Sanchez Nevado

SILENCE ABSOLU

Quand la lumière éternelle nous enveloppera, où nous
trouverons-nous.

Oh ! nudité de tous les très beaux vêtements,
Les ornements brillants inestimables du soleil.
Nudité de l’amour et de la mort.

Sang figé pour toujours, sang cristallin,
Sang angélique, fragile,
Sang d’azur, immobile, pur,
Au-dessus de toutes les solitudes
Où plane la lumière,
Au-dessus de toutes les plaies,
Bien haut, vers le froid absolu.
Oh ! beauté immaculée et neigeuse,
Comme les montagnes inapprochables où marche le soleil.
Au-dessus de l’amour, au-dessus de la mort,
Là où vont nos rêves,
Les yeux étonnés, les grands secrets.

Silence absolu.

(Georges Themelis)

Illustration: Mario Sanchez Nevado

 

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GREGORIEN (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



 

Chant-gregorien

GREGORIEN

Des vols fixes d’oiseaux parfaits qui sont sans air
Profondément nus
Ne retombent jamais sur le sein de la terre
Mais se meurent de joie se meurent de lumière

Ces oiseaux sont des mots et sur des lèvres nés
Pur ornement de la voix fraîche entre les vents
Du haut du bas et tout l’imprévisible temps
Ils se tournent pour adorer, et se demandent

S’ils sont toujours du corps ou peut-être de l’âme
A la fin, et s’ils ont gravi les échelons
Qui déplacent le mot de la voix au silence
Et du silence à la terreur de l’âme

Ils se demandent, venus de coeurs emprisonnés
Tous, ils se demandent et ne savent
Vocalises de durable vocation
Ils sont et triomphalement pénitence.

(Pierre Jean Jouve)

 

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Les années, dis-tu (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



 

Illustration: Flo DS
    

« Les années, dis-tu, t’ont enlevé tant de choses,
La jouissance du jeu des sens,
Le souvenir du délicieux badinage
De la veille, les pérégrinations lointaines
N’ont plus de charme, non plus
Que l’ornement naguère si apprécié, la louange venue d’en haut,
Autrefois si douce. La satisfaction de ta propre action
Ne jaillit plus pour toi ; l’aventureuse audace te manque
Je ne sais vraiment pas ce qui peut bien te rester encore ?»
Il me reste assez ! Il me reste l’idée et l’amour.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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Chloé ! (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018




Couronnes comme guirlandes
Ne sont qu’un poids imposé
Au front dans sa pureté.

Guirlande de roses,
Couronne de lauriers,
Dénaturent le front.

Puisse le vent plutôt
Jouer dans nos cheveux,
Rafraîchir notre front !

Puisse la tête nue
Glisser son front, sereine,
Là où vient le sommeil.

Chloé ! Je ne connais
Meilleure joie que ton
Doux front sans ornement.

(Fernando Pessoa)

Illustration: Louis Janmot

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Le vin (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017




    
Le vin, c’est le ferment de l’émeute.
Le comble de l’esprit d’insurrection, de civilisation.
L’alcool de vin, marc, fine, c’est le sommet de l’expérience mystique.
Comment pouvons-nous oublier que l’eau se change en vin?
Oublier que la rose et la vigne sont les ornements du jardin d’Allah?

(Jean-Claude Pirotte)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

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La fleur sauvage de la paroi (Tilemachos Chytiris)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



La fleur
sauvage de la paroi
jamais moi je ne la couperais
c’est vous qui l’avez arrachée
et maintenant vous dites la tenir au frais
dans un vase en verre,
illusions
la fleur est morte
il faut le savoir
et il est inutile
voire nuisible dirais-je
d’avoir comme ornement
la mort

(Tilemachos Chytiris)

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Un azur épais règne dans les feuilles du tilleul (Yona Wallach)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration
    
Un azur épais règne dans les feuilles du tilleul
et une grande lumière est posée sur les tuteurs des rosiers,
deux poivriers de mon âge, branchus et emmêlés l’un dans l’autre
tendres à ma naissance, s’enveloppent
en mon honneur d’une délicatesse pulvérisée. Comme leurs cymes,
l’or sombre des abeilles flotte, s’agite dans les rejetons
monte et descend, entre dans les ornements
fait mûrir précocement un bourdonnement plein d’une sensation
tremblante qui s’enfonce, se meut à la figure du suc
afin que se répande un tel amour lustral.

(Yona Wallach)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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LE VISAGE (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



LE VISAGE

Regardez-moi avec toutes les terreurs de mon destin,
Les épaves rouillées qui pourrissent dans mes océans,
Et l’ovale impassible de mon visage
Qui suit vaguement les usages de la lune
Et complait inexplicablement par sa forme
Simple ornement fugace de l’os anguleux.

J’aurais dû porter un masque de terreur, dissuader
Effrayer l’espoir et la foi,
À moitié chair, à moitié champ de bataille et d’ornières.
Au contraire, je suis mer estivale, souriante
Endormie tandis que le soleil, de l’une à l’autre
De mes rives et les tueurs à forme d’étoiles s’empiffrent et jouent.

***

The Face

See me with all the terrors on my roads,
The crusted shipwrecks rotting in my seas,
And the untroubled oval of my face
That alters idly with the moonlike modes
And is unfathomably framed to please
And deck the angular bone with passing grace.

I should have worn a terror-mask, should be
A sight to frighten hope and faith away.
Half charnel field, half battle and rutting ground.
Instead I am a smiling summer sea
That sleeps while underneath from bound to bound
The sun- and star-shaped killers gorge and play.

(Edwin Muir)

Illustration: Constantin Brancusi

 

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Cactus (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2017



Cactus

Toute mon histoire sur la terre se résume dans ces seuls mots:
J’ai eu froid.
Il m’est impossible de vivre dans ces régions
où il tombe de la neige, où il gèle,
où l’on est sans cesse assailli par la pluie, les vents et les giboulées.

Si j’étais restée sous les tropiques,
je n’aurais pas trop le droit de me plaindre;
mais j’ai fait la sottise de suivre un botaniste en Europe,
et je suis perdues de rhumatismes.

On a beau vivre dans une serre,
on est toujours victime de quelque traître vent coulis.
Et puis cette chaleur factice me donnait la migraine
ou des pesanteurs de tête insupportables.

Mon sang, d’un rouge si vif, ne circulait plus;
mon front alourdi retombait sur ma poitrine;
et il me semblait, dans l’espèce d’hallucination où j’étais,
qu’une main invisible m’avait transformée en portière,
et que je serrais amoureusement un poêle dans mes bras,
ainsi que maintes fois je l’avais vu faire
l’hiver dans la loge de notre hôtel.

Comme je regrettais la douce et tiède température
des pays où nous sommes nées, nous autres fleurs!
comme je m’ennuyais sur les cheminées,
sur les consoles de marbre où je servais d’ornement!

(J.J. Grandville)

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