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Poésie

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Le Vent (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018



Le Vent – heurta comme un Homme las –
Et moi, en Hôte – «Entrez»
Dis-je hardiment – alors pénétra
Dedans ma Résidence

Un Visiteur Rapide – ailé –
A qui offrir un Fauteuil
Eût été aussi fol qu’à l’Air
Avancer un Sofa –

Nul Os pour L’assembler –
Sa Voix était comme l’Envol
D’innombrables Colibris à la fois
D’un sublime Buisson –

Sa Physionomie – une Houle –
Ses Doigts, sur Son passage
Faisaient une musique – un trémolo
D’airs soufflés dans du Verre –

Voltigeant – Il fit sa visite –
Puis tel un Homme timide
Heurta de nouveau – tout agité –
Et ce fut la solitude –

***

The Wind – tapped like a tired Man –
And like a Host – « Come in »
I boldly answered – entered then
My Residence within

A Rapid – footless Guest –
To offer whom a Chair
Were as impossible as hand
A Sofa to the Air –

No Bone had He to bind Him –
His Speech was like the Push
Of numerous Humming Birds at once
From a superior Bush –

His Countenance – a Billow –
His Fingers, as He passed
Let go a music – as of tunes
Blown tremulous in Glass –

He visited – still flitting-
Then like a timid Man
Again, He tapped – ’twas flurriedly –
And I became alone –

(Emily Dickinson)

Illustration: William Bouguereau

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LE VERTIGE (Marcel Béalu)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



LE VERTIGE

Jeune femme si je n’ose
A ton oreille ourlée
Le propos trop osé
Qui n’offusque pas la rose.

L’intimité de ton corps
Chaque fois devient miracle
Et plus elle se fait rare
Mieux j’en goûte le vertige

Dans cet éblouissement
Où sombre tout mon passé
S’unit à l’amour unique
Comme un goût de mort joyeuse.

(Marcel Béalu)

Illustration: Marc Chagall

 

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