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Poésie

Posts Tagged ‘oser’

Oser dire oui (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2018




    
oser dire oui n’est pas si peu
pour parvenir à l’essentiel

être éveillé au mouvement
de l’écoulement

(Israël Eliraz)

 

Recueil: et tout cela pour dire ose
Traduction:
Editions: José Corti
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ON NE DIT PAS (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2018



 

ON NE DIT PAS

On ne dit pas le goût de l’air
On ne sait rien du jeu des choses
Et nul ne sait dire où se pose
Le merle au bec plein d’un seul ver

Un peu plus tard la neige est rose
Un peu plus loin le temps se perd
Et le vent de ses dents de fer
Mord un mur dont la porte est close

Ce mur me cache un arbre où, fier
Je fus le lieu, le temps, la cause
Et la mort de tout ce que j’ose
Taire au sable et dire à la mer

(Gilles Vigneault)

 

 

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La licorne devant le miroir (T. Carmi)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018



&

   
La licorne devant le miroir

Ma Dame,
Si vous n’aviez pas tenu
Devant moi, ce miroir

Je n’aurais pas su
Que j’étais mélancolique et col monté.
Je n’aurais pas su
Que je n’avais qu’une corne,
La barbe rare et des lèvres épaisses.

Ma Dame,
Sans fâcherie,
Si votre main amère n’avait tenu
Devant moi ce miroir

Jamais je n’aurais osé vous approcher
Et poser mes serres crochues
Sur vos genoux.

Ma Dame,
Si vous n’aviez point appelé l’écho de mon corps,
Nous ne serions pas devenus trois :

Moi, vous et moi-même,
Et au-dessus de nous
Une corne hautaine.

(T. Carmi)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: S. Reich
Editions: Gallimard

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Sur la tapisserie (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



 

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Sur la tapisserie

Dans un coin obscur de ma chambre,
Sur la tapisserie,
Il y a des fleurs qui ressemblent
A de petites filles.

Elles s’en vont, claires et sages,
Se tenant par le bras,
Dans un étrange paysage
Aux chaumières sans toit.

J’ignore encore trop de choses
Pour les accompagner
Dans les domaines où l’on ose
Causer avec les fées.

Mais lorsqu’il pleut, si je m’ennuie,
Je les fais quelquefois
Sortir de la tapisserie
Pour jouer avec moi.

(Maurice Carême)

 

 

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Valse de Régine (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2018



    

Valse de Régine

L’amour, ce bel enfant
Doux et rieur
Qui sème le printemps
Au fond des coeurs
Fit fleurir en moi-même
Un frais jardin
O belles fleurs que j’aime
Qu’il vienne enfin!
Tu resteras toujours
Mon éternel amour
J’ai voulu te le dire
Et n’ai pu que sourire…
J’ai cueilli pour toi la fleur de mai,
Le perce-neige au parfum si frais
Mais toi, tu dédaignas
Ce bouquet délicat
Que ma timidité
Ose à peine effeuiller!
Tu resteras, chéri,
Mon unique souci
Tu resteras toujours
Mon seul amour!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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L’églantine (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

L’églantine

Églantine ! Humble fleur, comme moi solitaire,
Ne crains pas que sur toi j’ose étendre ma main.
Sans en être arrachée orne un moment la terre,
Et comme un doux rayon console mon chemin.
Quand les tièdes zéphirs s’endorment sous l’ombrage,
Quand le jour fatigué ferme ses yeux brûlants,
Quand l’ombre se répand et brunit le feuillage,
Par ton souffle, vers toi, guide mes pas tremblants.

Mais ton front, humecté par le froid crépuscule,
Se penche tristement pour éviter ses pleurs ;
Tes parfums sont enclos dans leur blanche cellule,
Et le soir a changé ta forme et tes couleurs.
Rose, console-toi ! Le jour qui va paraître,
Rouvrira ton calice à ses feux ranimé ;
Ta mourante auréole, il la fera renaître,
Et ton front reprendra son éclat embaumé.

Fleur au monde étrangère, ainsi que toi, dans l’ombre
Je me cache et je cède à l’abandon du jour ;
Mais un rayon d’espoir enchante ma nuit sombre :
Il vient de l’autre rive… et j’attends son retour.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration

 

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L’AVEU (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018



Illustration: Constantin Brancusi
    
L’AVEU

A ma dame

Ton âme avait alors la blancheur des grands lys
Que berce la chanson des vents rasant la terre ;
L’Amour était encor pour toi tout un mystère,
Et la sainte candeur te drapait dans les plis

De sa robe… Ce fut par les bois reverdis,
A l’heure où dans le ciel perce la lune austère.
Je te vis, je t’aimai, je ne pus te le taire
Et tout naïvement alors je te le dis.

Tu fixas sur mes yeux tes yeux de jeune vierge,
Brillants de la clarté douce et pure d’un cierge,
Ton front rougit…. tu n’osas pas me repousser.

Et l’aveu tremblotant, dans un soupir de fièvre,
S’exhala de ton cœur pour errer sur ta lèvre,
Où je le recueillis dans un premier baiser.

(Gaston Couté)

 

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Il faut oser faire le grand bond (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Illustration: Noèla Morisot
    
La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie,
[…]
il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toutes normes […]

il faut oser faire le grand bond dans le cosmos :
alors la vie devient infiniment riche,
elle déborde de dons, même au fond de la détresse

(Etty Hillesum)

 

 

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Une myriade émerveille (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2018




    
une myriade émerveille
la foule d’une personne;
nouvelles tes pleines de joie
(toutes plus rien que toi)
suprêmes émanations
recréent la création

amoureusier!que rose
la moindre qui vive ose
trois et cinq fois(jusqu’à
n’être plus)proclamer cela:
nul destin n’est fatal
—un coeur est chaque pétale

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: 95 poèmes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Points

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J’AI CACHÉ MON AMOUR (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
J’AI CACHÉ MON AMOUR

J’ai caché mon amour étant jeune et farouche
Jusqu’à ne plus souffrir le bourdon d’une mouche
J’ai caché mon amour pour ma détresse amère
Jusqu’à ne plus souffrir la vue de la lumière
Je n’osais pas jeter les yeux sur son visage
Mais par monts et par vaux je laissais son image
A chaque fleur des champs c’était un baiser pour
Dire adieu une fois encore à mon amour

C’est au plus vert du val que je l’ai rencontrée
La jacinthe des bois s’emperlait de rosée
Et la brise perdue baisait ses yeux d’azur
L’abeille aussi baisait et s’en allait chantant
Un rayon de soleil se frayant un passage
Mit une chaîne d’or à son col éclatant
Celée comme le chant de l’abeille sauvage
Elle est demeurée là tout le long de l’été

J’ai caché mon amour aux champs et à la ville
Jusqu’à être un jouet pour la brise gracile
L’abeille me semblait ressasser des ballades
Et la mouche rugir en lionne irritée
Il n’est pas jusqu’au silence qui ne prît langue
Et qui ne me hantât tout le long de l’été
L’énigme qui laissait la nature impuissante
N’était pas autre chose qu’un amour secret

***

I HID MY LOVE

I hid my love when young till I
Couldn’t bear the buzzing of a fly
I hid my love to my despite
Till I could not bear to look at light
I dare not gaze upon her face
But left her memory in each place
Where’er I saw a wild flower lie
I kissed and bade my love good-bye

I met her in the greenest dells
Where dewdrops pearl the wood bluebells
The lost breeze kissed her bright blue eye
The bee kissed and went singing by
A sunbeam found a passage there
A gold chain round her neck so fair
As secret as the wild bee’s song
She lay there all the summer long

I hid my love in field and town
Till e’en the breeze would knock me down
The bees seemed singing ballads o’er
The fly’s bass turned a lion’s roar
And even silence found a tongue
To haunt me all the summer long
The riddle nature could not prove
Was nothing else but secret love

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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