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Posts Tagged ‘ossature’

La Dame de Syros (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2021



    
La Dame de Syros

Bras croisés sur moi-même
je suis ma propre cage
à la fois prison et prisonnière

Visage absent du visage
nez repérant les morts serrés dans leurs bandelettes
ma silhouette silencieuse régnait
sur toute une nécropole

Le sculpteur de Syros le voulait il
m’avait élaguée tel un arbre malade
tailié le superflu à ma survie
effacé l’excédent à ma
temporalité gardé le cri invisible
le regard gelé tourné vers l’intérieur

Le sculpteur de Syros m’a voulue longiligne
comme un pieu
muette comme l’argile
immobile dans mon ossature
bras croisés au seuil de l’infini

(Vénus Khoury-Ghata)

 

Recueil: La Dame de Syros
Traduction:
Editions: Ekphrasis

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FORÊT VIERGE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



FORÊT VIERGE

Le système nerveux,
le système digestif,
le système respiratoire,
le système pileux,
le système sanguin,
le vasculaire,
les glandes,
les méninges,
l’ossature,
l’oeil et l’oreille,
etc.
Oh la la !
Et pour se débrouiller dans cette forêt,
rien que mon âme toute petite,
dont certains disent même
qu’elle n’existe pas.

(Norge)

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Je suis un aveugle qui découvre le monde en tâtonnant (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017



 

Je suis un aveugle
qui découvre le monde en tâtonnant
je reconnais avec mes doigts
l’ossature de l’éclipse
le goût d’un miel sauvage et rude
qui tombe sur mes paupières
et ma poitrine
quand le soleil
ôte son voile près de mon visage
mais je cherche toujours l’odeur sombre
de sa racine déterrée
jardin de mystères encore enseveli
devenu mon écriture

(Luis Mizón)

Illustration: John Everett Millais

 

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Comme une fille de maître, blanche et nue parmi les servantes. (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2016



Un coup d’épaule de la nuit.
La forêt lâche ses vieillards au long des sentes,
bâille, s’étire et fait craquer l’ossature des lianes.

Qui parle?

Chevaux cabrés, crinières, chevelures
écument l’air moisi de mousses et de brumes.
L’oiseau ricoche de feuille en feuille et se fige,
statue de bronze éteint et griffant une branche.
La grande peur lisse l’échine d’un renard
qui sèche au vent le sang de son museau
et s’étonne de cette contagion rouge dans les nuages.

Qui parle sous l’écorce, la boue?
Quelle bouche étouffée par des chevelures?

Aux berges du bayou la lune se baigne
comme une fille de maître, blanche et nue parmi les servantes.

(Jean Joubert)

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