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Posts Tagged ‘ostensoir’

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige…
Tout souvenir en moi luit comme un ostensoir!

(Charles Baudelaire)

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Harmonie du soir (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige…
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

(Charles Baudelaire)

Illustration

 

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SOIR RELIGIEUX (Emile van Arenbergh)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



SOIR RELIGIEUX

La vesprée automnale a la paix d’une église.
Çà et là, sous la lune, un astre, au fond du soir.
Scintille ainsi qu’un cierge au pied d’un ostensoir,
Et, tel un flot d’encens, monte une brume grise.

Comme une foule en deuil massée à l’horizon,
Là bas s’étale au flanc des monts la forêt sombre,
Et sa plainte, à travers le mystère de l’ombre,
Longuement psalmodie une sourde oraison.

Tandis qu’en s’étoilant, les tombantes ténèbres
Sèment de pleurs d’argent leurs tentures funèbres,
L’écarlate vitrail du couchant flambe encor ;

Et l’orbe du soleil, de ses lueurs dernières,
Dans les pourpres rubis des célestes verrières,
Fait au loin flamboyer une rosace d’or.

(Emile van Arenbergh)

Illustration

 

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Le banquet (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017



Le banquet

L’ombre amoncelle et ton amour s’y craque,
Né du désir qui me chassait de toi,
T’ouvrant sa foudre où le noir fait mon toit
Quand s’y reçoit un double de mes actes,

Autant d’entrées où souffrir veut sa loi
Que de piliers taillés dans les blessures
Multipliées par nos chairs à l’étroit
Pour s’orchestrer au banquet sans morsure.

Celui qui bat invite à ses silences
Chaque chose autre où des futurs s’élancent
Dans l’escalier de ce don perpétuel
Comme ostensoir de votre cœur rituel.

(Olivier Larronde)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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INVENTAIRE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



INVENTAIRE

Dans un réduit
Très clair et nu
On a ouvert son cœur
En toute pitié :

Fruit crevé
Fraîche entaille
Lame vive et ciselée
Fin couteau pour suicidés.

Le sang (qui n’étonne personne)
Rutile
Goutte à goutte
(Quand il brunira
Nous serons loin
Et bien à couvert.)

Des deux mains plongées
Nous avons tout saisi
Tout sorti :

Livres chiffons cigarettes
Colliers de verre
Beau désordre
Lit défait
Et vous chevelure abandonnée.

Joies bannies
Désespoirs troués
Nul insolent trésor
En ostensoir

La châsse d’or
Que nous avions faite au mystère
Se dresse pillée
Spacieux désert.

Sur une table sans pieds
Son propre visage rongé
Qu’on a aussitôt jeté.

(Anne Hébert)

Illustration

 

 

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PROCESSIONS (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



PROCESSIONS

Blanches processions, si blanches, si gothiques,
Dans ma Flandre natale, au temps des Fêtes-Dieu !
Blanches comme on en voit, sous un ciel calme et bleu
Emplir de leur lenteur les lointains des triptyques.

Si lentes, dans le bruit des cloches s’animant,
Le bruit des carillons et des cloches bénies
Qui semblaient tout au loin répondre aux litanies
Et mener le cortège au fond du firmament.

Si lentes à marcher sur les herbes coupées
Qui revivaient un peu sous le vent approchant
Des cantiques latins dont le grave plain-chant
Mélancolisait l’air avec ses mélopées.

Si lentes ! on voyait dans les beaux soirs tombants
Des étendards brodés de roses symboliques,
Et les châsses d’argent où dorment des reliques,
Et des agneaux pascals pavoisés de rubans.

Puis s’avançaient, parmi le frisson des bannières,bannières
Tous les enfants de choeur, dans leur rouge attirail,
Aux cheveux de missel, aux robes de vitrail,
Comme dans un parfum d’indulgences plénières.

Des Madones, le coeur traversé de couteaux,
Avec leurs manteaux bleus, aux yeux de pierreries,
Émergeaient au milieu des longues théories
Et souriaient debout sur leurs grands piédestaux.

Des groupes recueillis de pâles orphelines,
Tristes, portaient des lis comme les âmes d’or
De leurs parents défunts qui reviendraient encor
Pour frémir dans leurs mains dévotes et câlines.

Là, l’Église Souffrante en voiles violets
Puis les martyrs chrétiens portant de grandes palmes
Avec les bienheureux du Paradis si calmes
Qui glissent sous leurs doigts les grains des chapelets

L’Église Triomphante est soudain apparue
En rose, tout en rose, en tulle rose et clair,
Couleur de renouveau fleuri, couleur de chair,
Comme un lever d’aurore incendiant la rue.

Puis voici les abbés en dalmatiques d’or,
Les chanoines songeurs dans leurs camails d’hermine,
Tout un cortège grave et lent qui s’achemine
Dans le silence doux du beau jour qui s’endort.

Et tout là-bas, parmi les bleuâtres traînées
Du liturgique encens qui parfumait le soir,
Devant le baldaquin où luisait l’ostensoir,
Les encensoirs volaient, mouettes enchaînées !

Et l’évêque, debout sur le peuple chrétien,
Crosse en main, mitre en tête, élargissait ses gestes,
Comme un semeur jetant, pour les moissons célestes,
Les graines du Seigneur dont il était gardien.

II
Ainsi mon Ame ! Ainsi mon Enfance perdue
Mes amours, mes désirs avaient leurs reposoirs,
Leurs convois blancs marchant dans un bruit d’encensoirs
Et leur dais d’argent neuf pour la Vierge attendue.

Mais la procession n’a chanté qu’un moment
Et mon Ame n’a plus dans le noir de ses rues
Qu’une foule grouillante et d’absurdes cohues
De rêves qui s’en vont mélancoliquement !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Pellerin

 

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Dans la basilique (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2015



Dans la basilique I

Dans la basilique où les pâles cierges
Font briller les ors du grand ostensoir,
Sur les feuillets des missels à fermoir
Courent les doigts fins des pudiques vierges.
Elle t’attendait, la vierge aux yeux bleus,
Mais tu n’as pas su lire dans ses yeux-
Dans la basilique, aux clartés des cierges.

(Jean Moréas)

 

 

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