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Poésie

Posts Tagged ‘ouate’

Plaine épaisse (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2018




    
Plaine épaisse
ouatée d’ennui

Un fleuve bovin
lève son mufle humide
vers des oiseaux de passage

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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SILLAGES (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



SILLAGES

La neige où s’étouffent les vols
A retenu l’empreinte agile de ces pattes,
Les dessins envolés des oiseaux sur le sol.
Neige, feu blanc qui dors, épaisseur d’âme, ouate
Froide où je m’engourdis, quelles traces de pas
Enfoncés dans ma nuit tu me gardes sans moi !

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

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Sonnet (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018



Illustration: Goyo Hashiguchi
    
Sonnet

Pour veiner de son front la pâleur délicate,
Le Japon a donné son plus limpide azur ;
La blanche porcelaine est d’un blanc bien moins pur
Que son col transparent et ses tempes d’agate ;

Dans sa prunelle humide un doux rayon éclate ;
Le chant du rossignol près de sa voix est dur,
Et, quand elle se lève à notre ciel obscur,
On dirait de la lune en sa robe d’ouate ;

Ses yeux d’argent bruni roulent moelleusement ;
Le caprice a taillé son petit nez charmant ;
Sa bouche a des rougeurs de pêche et de framboise ;

Ses mouvements sont pleins d’une grâce chinoise,
Et près d’elle on respire autour de sa beauté
Quelque chose de doux comme l’odeur du thé.

(Théophile Gautier)

 

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Froide (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: Josélito Donas
    
Froide, la couverture ouatée
où vous vous glissez
– Nuit de solitude

(Bashô)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

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AVANT-SOMMEIL (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



Helen Masacz  200

AVANT-SOMMEIL

Attendez je ne suis pas prêt
La lampe lentement vrille dans ma poitrine
Mon sang fait battre au loin le poumon des collines
Voici l’ombre et les fleurs berceuses de mes pas

Quelques instants encore dans l’ouate des mensonges
Les derniers frets du soir pour les ruelles du songe
Une étoile allumée portée à bout de bras
Le vent frais musicien dans les orgues du soir
La bouche enfin tarie
Bon voyage en enfer sous la tapisserie

Dix heures dans les feuillages têtus de mon enfance
Dix heures
Et le manteau troué de la souffrance
Pour poser mon regard pas un coin de ciel bleu
Chacun de mes retours plus triste qu’un adieu
Tous ces demi-silences

Vous êtes là je sais
Au plus clair de moi-même
Penchés sur mon remords et sur mes lendemains
Puisque vous revenez dans cette chambre noire
Ô mon père et ma mère
Partagez-vous mes mains

(René Guy Cadou)

Illustration: Helen Masacz

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Tant d’ouate… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Martine Ivaldi
    
Tant d’ouate…

Tant d’ouate sanguinolente,
Parmi les marais s’entassant,
Toutes ces odeurs si ferventes
Qu’exhale l’étang croupissant…

Il monte des mauves bourbiers
Où pourrit l’herbe par torchées,
Des parfums comme extasiés
Vers quelles déités cachées?

Des parfums d’un tel idéal
Evocateurs et d’une ivresse
Si pénétrante qu’ils font mal:
Poignard aigu qui vous transperce,

Ou langoureux baiser qui mord.
Quel secret profond balbutie
Par delà l’amour et la mort
La vase où baignent les orties?

(Marie Dauguet)

 

 

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Vertige (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Illustration: Andrei Protsouk
    
Vertige

Dévorant son minois de lait et de flocons
Duveteux. Je conjugue ainsi son corps ! Délices !
Alouvi ! Butinant comme les papillons…
Un vif effet volcan confina mes blandices.

Secret d’une Égérie, une fugue ! L’éveil
D’une mort de l’égo, et triomphe une étoile
Vêtue de chair sucrée, une ouate ce réveil !
Fascinant ce cocon ! Une soie se dévoile.

Un vertige puissant ! Ô reine des jasmins !
Je cueille ton amour aux essences avides,
Une dolce Vita aux rubans très coquins
Moissonne mes égards, l’extase se transvide.

(James Denis)

 

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Plus de tenailles (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2017



Illustration
    
Plus de tenailles
Plus d’ombres noires
Plus de craintes
Il n’y en a plus trace
Il n’y a plus à en avoir
Où était peine, est ouate
Où était éparpillement, est soudure
Où était infection, est sang nouveau
Où étaient les verrous est l’océan ouvert
L’océan porteur et la plénitude de toi
Intacte, comme un oeuf d’ivoire.

J’ai lavé le visage de ton avenir.

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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SUR LE CHEMIN DE LA MORT (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



 

Maria Kreyn  -ImpressioniArtistiche-2

SUR LE CHEMIN DE LA MORT

Sur le chemin de la Mort
Ma mère rencontra une grande banquise;
Elle voulut parler,
Il était déjà tard,
Une grande banquise d’ouate.
Elle nous regarda mon frère et moi,
Ét puis elle pleura.
Nous lui dîmes — mensonge vraiment absurde que nous
comprenions bien.
Elle eut alors ce si gracieux sourire de toute jeune fille,
Qui était vraiment elle,
Un si joli sourire, presque espiègle;
Ensuite elle fut prise dans l’Opaque.

(Henri Michaux)

Illustration: Maria Kreyn

 

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Grande banquise (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



Sur le chemin de la Mort,
Ma mère rencontra une grande banquise ;
Elle voulut parler,
Il était déjà tard,
Une grande banquise d’ouate.

Elle nous regarda, mon frère et moi,
et puis elle pleura.

Nous lui dîmes – mensonge vraiment absurde –
que nous comprenions bien.
Elle eut alors ce si gracieux sourire de toute jeune fille,
Qui était vraiment elle,
Un si joli sourire, presque espiègle;
Ensuite, elle fut prise dans l’Opaque.

(Henri Michaux)

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