Arbrealettres

Poésie

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La plage des sables blancs (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



La plage des sables blancs

Oubliettes des châteaux de sable
Meurtrières fenêtres de l’oubli
Tout est toujours pareil
Et cependant tout a changé
Tu étais nue dans le soleil
Tu étais nue tu te baignais
Les galets roulent avec la mer
Et toujours toujours j’entendrai
Leur doux refrain de pierres heureuses
Leur gai refrain de pierres mouillées
Déchirant refrain des vacances
Perdu dans les vagues du souvenir
Déchirants souvenirs de l’enfance
Brûlée vive par le désir
Merveilleux souvenir de l’enfance
Éblouie par le plaisir.

(Jacques Prévert)


Illustration: Maurice Denis

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CE CÔTÉ-LA (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



femme-marchant-sur-le-sabe

CE CÔTÉ-LÀ

C’était sortir des éclairs plein les poings
La tête à l’abordage
Il y avait un nuage
Et tu ne disais rien
Sur le sable une brûlure semblait te précéder

L’ombre allait et fuyait au gré d’une guitare
Une énigme peut-être
Un effleurement d’âme et de feu
Ou une survivance andalouse
Remontant le cours des temps jusqu’au désert de Thar

J’ai posé une main sur la nuit
Pour tenir ton odeur
Contre ma ligne d’insouciance
Et c’était déjà sans retour
Dans ce château de paille tombé aux oubliettes

L’insomnie était douce avec ses liens de feutre
Avec ses sangles d’aube
Il y avait de ce côté-là
Un va-et-vient très libre et dérivant
De torchère enflammée au fond des océans

J’ai pensé aux heures arides
Au vertige en lieu de source
À ce qu’on dit du calme avant les tempêtes
Et à ce rendez-vous flagrant
Qui ne fut jamais pris

(André Velter)

 

 

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Petit mort pour rire (Tristan Corbières)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2016



Petit mort pour rire

Va vite, léger peigneur de comètes !
Les herbes au vent seront tes cheveux ;
De ton œil béant jailliront les feux
Follets, prisonniers dans les pauvres têtes…

Les fleurs de tombeau qu’on nomme Amourettes
Foisonneront plein ton rire terreux…
Et les myosotis, ces fleurs d’oubliettes…

Ne fais pas le lourd : cercueils de poètes
Pour les croque-morts sont de simples jeux,
Boîtes à violon qui sonnent le creux…
Ils te croiront mort — Les bourgeois sont bêtes —
Va vite, léger peigneur de comètes !

(Tristan Corbières)

Illustration: Gustave Moreau

 

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