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Poésie

Posts Tagged ‘oublieux’

LA GLYCINE (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2021




LA GLYCINE

Sur le mur de crépi robuste, mur ancien
la glycine étendait sa puissance fragile.
Plus tard cette beauté de plante, larmes bleues
et beau rire oublieux, délié, rire en larmes
m’a fait penser à cette image plus parfaite
et la plus menacée de la terre, à la langue
en grand secret du coeur aimée déjà, choisie
d’un coeur d’enfant qui ne voulait pas de raison.

(Henry Bauchau)

 

 

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Le Temps (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2020




    
Le Temps

Je bouscule le Temps
Pour qu’il se hâte
Oublieuse de ses marques
Sur mon corps déjà piégé

Je défie le Temps
Souverain il me toise
Tandis que je m’effrite
Année après année

Je dynamite le Temps
Il explose
Je me moque de ses gouffres
J’invente des échappées

J’ai effacé le Temps
Je n’ai plus d’âge
Je suis au présent
Je vise l’inexploré !

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’HOMME (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



L’HOMME

Face aux déchaînements
D’un univers souverain
L’homme
Oublieux de ses propres abysses
Épaule pour un temps
D’autres humains

Vers l’unique estuaire
Qui clôt chaque existence
I1 rejoint pour un temps
L’aube secourable
D’un monde
A rebâtir.

(Andrée Chedid)

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Coule, légère, ô vie qu’on ne sent point (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -   (2)

Coule, légère, ô vie qu’on ne sent point,
ruisseau au mouvant silence,
glissant sous des arbres oublieux !
Coule, caressante, âme que nul ne connaît,
murmure que nul ne peut voir derrière les longues branches inclinées !
Coule, inutile, coule sans raison,
conscience qui ne l’est de rien,
vague lueur brillant au loin,
au creux des feuilles,
conscience dont nul ne sait d’où elle vient ni où elle va !
Coule, et laisse-moi oublier !

(Fernando Pessoa)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Un silence se fit dans le déclin du jour (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2019



Duy Huynh 2a

 

Un silence se fit dans le déclin du jour.
Une plainte expira, puis un soupir d’amour.
Puis une pomme chut, une autre encore, et d’autres,
Dans l’herbe haute et chaude et l’ombre d’émeraude.

Le soleil descendit de rameaux en rameaux ;
On entendit chanter un invisible oiseau.
Une senteur de fleurs molles et défaillantes
Sur la terre glissa comme une vague lente.

Et pour mieux enchanter celle qui vient, les yeux
Baissés, et comme en songe, et le cour oublieux,
Par les troubles sentiers de ces jardins magiques,

Le soir voluptueux, dans les airs attiédis,
De ses subtiles mains complices étendit
L’insidieux filet des étoiles obliques.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Duy Huynh

 

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EN VITRAUX D’HIRONDELLES (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019



Illustration
    
EN VITRAUX D’HIRONDELLES

Fonds sans repos où je suis
l’oublieuse, nourrie des jours
où je me lave d’elle, où sans passé
je redeviens spore d’azur, chair ajourée
ou lampée d’eau, soleil liquide allié au rivage
qu’on dirait en vitraux d’hirondelles
Derrière la lumière des vagues
l’alphabet du vivant semble un instant
écarter l’ombre sous les mots
et je me plais à voir s’y inventer
le jeu muet de lèvres de sourires
et de feux désirés que je ne peux atteindre
le désir n’en invente-t-il pas l’instant heureux

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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STAR (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2018



Illustration: Renaud Baltzinger
    
STAR

Mon âme s’est cassée
Je m’éparpille en moi…
Une peur
Me bascule, me secoue
Pas de coin où ma peur se cloue
A un sommeil oublieux.

(Fernando Pessoa)

 

Recueil: Poèmes français
Traduction:
Editions: de la Différence

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Le vieux cheval (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2018



oeil-de-cheval-x

 Illustration
    
Le vieux cheval, au milieu des champs,
S’immobilise, figé en statue.
Qui dira sa longue route parcourue ?
Lui, déjà oublieux, n’est plus qu’attente.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rivière (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018




    
Rivière

Je t’appelle rivière,
Je t’appelle
belle dormeuse,
amour jadis
dans la tourmente du désir.

Et maintenant tu dors.
Sous un rideau de feuilles,
tu te prélasses,
indifférente à notre appel
tant que règne l’ordre sec.

Nous t’appelons rivière,
nous te donnons un nom de source.

Orage désiré!
Voici l’assaut du ciel
et tu sors de ton lit,
vibrante, échevelée,
oublieuse de ta langueur et de tes rives.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Orties et fleurs (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Patientes aussi
sont les graines du désespoir.

Et le vieil homme échoué
au bord du printemps
sent renaître en lui les chiendents
que l’hiver ne tue pas.

Naguère encore il espérait
qu’il s’en délivrerait.

Désormais oublieux
des chemins trop sûrs
il se contente de regarder
orties et fleurs s’entremêler.

(Jean-Paul Hameury)

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