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Poésie

Posts Tagged ‘ouïe’

Mon esprit est un gros morceau de néant irrévocable (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




    
mon esprit est
un gros morceau de néant irrévocable dont le toucher et le goût et
l’odorat et l’ouïe et la vue ne cessent de frapper et de tailler avec
des outils fatals tranchants
dans une agonie de ciseaux sensuels j’accomplis des contorsions
de chrome et exécute des enjambées de cobalt
néanmoins je
sens que je ingénieusement suis modifié que je légèrement
deviens quelque chose d’un peu différent, en fait
moi-même
Là-dessus impuissant j’émets des hurlements lilas et des
mugissements écarlates.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: XLI Poèmes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Nerthe

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L’ouïe fine (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017




L’ouïe fine

Les poissons parlent quel charivari
On ouvre les ouïes pour entendre
Leurs discours océaniens
On n’entend rien
Il faut avoir l’oreille maritime
Pour percevoir ce que ces vertébrés expriment
Sinon l’on n’entend rien
Que le cri des mouettes
La sirène d’un navire le ressac
Et les galets roulés

(Raymond Queneau)

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Par-dessus la cime des hêtres (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2017



Illustration: Jacques Rime 
    
Par-dessus la cime des hêtres,
Le silencieux souffle qui passe
Capte un moment du haut échange
Entre feuillages et nuages,

Moment où le feu diurne s’épuise
Et l’espace, soudain, est tout ouïe…

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Hors du vide (Alfredo Casta Monteiro)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



 

Léon Spilliaert moonlight

hors du vide
un doux écho à la dérive

no ouvido
o eco do ego à deriva

noué au vide
l’égo évide l’écho

eco debido al oído
que el ego vivido olvida

eco em vão
no ouvido do ego à deriva

écho d’une envie vide
rivé à l’ouïe l’égo dérive

eco de envidia
a la deriva en el oído

écho vain rivé au vide
qui évide l’égo

eco do ego vão no ouvido
devido à deriva

rivée au vide
l’ouïe avide d’écho

del ávido oído deriva el eco
oído hueco

no ouvido
o eco vão do ego vazio

vacille l’égo vide
rivé à l’ouïe

vacío el ego vivido
que en el oído deriva

l’ego vacille hors du vide
l’ouïe rivée à l’écho

do ego vazio duvido
duvido do eco oco

eco del ego hueco
que el oído vacía

no ouvido um vazio
o eco do ego é oco

noué au vide vacille l’égo
en échos vains

vano y hueco el ego
y vacío su eco

vazio é o ego cego
e seco o seu eco

échos secs
qui en vain vacillent

vano y vacío el ego ciego
hueco su eco seco

échos d’égo vacillent
et assaillent le vide

olvido vacío
en el eco del ego seco

eco no vazio cego
é oco o eco que sai do ego

assailli l’égo sec
que le vide noue et évide

(Alfredo Casta Monteiro)

Illustration: Léon Spilliaert

 

 

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L’immense nuit (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017




    
L’immense nuit du monde
Semée d’étoiles
Prendrait-elle jamais sens
Hors de notre regard ?

Et l’immonde de notre nuit
Trouée de cris
Susciterait-il jamais écho
Hors de notre ouïe ?

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Résonnent en nous les collines (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017



Illustration: Eric Touraille
    
Résonnent en nous les collines musicales
En nous l’inapaisable ondulation
Toute chose y parle sa langue natale
Toute chose confie ses secrets au coeur
Vibrent l’air et l’eau, bourdonnent les lauriers
Transparaît alors un dieu, là, tout ouïe

Dieu d’accueil, d’épousaille et d’eurythmie

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Et l’indicible saule (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Et l’indicible saule
Ployé sous ses pleurs
S’abandonne à l’onde
Aux ondes sans fin
À jamais tout ouïe

*

Nuit de chairs confrontées
Nuit de sangs confondus
Nous aurons bu ta flamme
Jusqu’à brûler notre ombre
À rompre enfin le cri

(François Cheng)

Illustration: Pascal Renoux

 

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Et quoi ? (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



et quoi ? — cela seulement s’écoute ! —

et au ciel se chuchote : que dans le pays ôté
au moins parmi les étoiles
demeure non humainement
le sépulcre de l’ouïe ! — si vous
êtes déjà tombeaux des sons !… —

(Aïgui)

Illustration

 

 

 

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Vitrail (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2016



Cette verrière a vu dames et hauts barons
Étincelants d’azur, d’or, de flamme et de nacre,
Incliner, sous la dextre auguste qui consacre,
L’orgueil de leurs cimiers et de leurs chaperons ;

Lorsqu’ils allaient, au bruit du cor ou des clairons,
Ayant le glaive au poing, le gerfaut ou le sacre,
Vers la plaine ou le bois, Byzance ou Saint-Jean d’Acre,
Partir pour la croisade ou le vol des hérons.

Aujourd’hui, les seigneurs auprès des châtelaines,
Avec le lévrier à leurs longues poulaines,
S’allongent aux carreaux de marbre blanc et noir ;

Ils gisent là sans voix, sans geste et sans ouïe,
Et de leurs yeux de pierre ils regardent sans voir
La rose du vitrail toujours épanouie.

(José-Maria de Hérédia)

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«Conscience»! (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2016



Ce corps est un village dont l’âme est le chef,
cinq paysans y demeurent.
Ils s’appellent : vue, odorat, ouïe, goût et toucher,
et ils n’obéissent pas au chef!

O Père, je ne veux plus habiter ce village:
Il me demande à chaque instant des comptes,
ce scribe qui a nom «Conscience»!

(Kabîr)

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