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Poésie

Posts Tagged ‘ouïe’

LA GRÂCE (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Illustration: Viviane-Josée Restieau
    
LA GRÂCE

Si la grâce est votre parole
que mon ouïe soit aux aguets.
Si votre grâce interroge
ne me rendez pas muet !
Si Ta grâce est un regard
que mes deux yeux s’en emparent
si la grâce est un moteur .
aux Paradis de ton coeur
mon Dieu vers ces citadelles
fais qu’à mon tour j’aie des ailes.

(Max Jacob)

 

Recueil: Actualités éternelles
Traduction:
Editions: De la Différence

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En automne crie le hibou (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018



Illustration
    
En automne crie le hibou
Sur la blessure de la route.
Alors ma tête choit,
Mes cheveux blonds se fanent.

Hou! hou! des champs et de la steppe,
Bonjour tremble bleuté, ma mère!
Bientôt la lune, se baignant dans la neige,
S’assiéra sur les boucles de ton fils.

Bientôt sans feuilles je serai glacé,
Un tintement d’étoile à mon ouïe.
Les jeunes chanteront sans moi,
Les vieux ne m’écouteront plus.

Un nouveau poète viendra des champs,
Un nouveau sifflement dans la forêt,
Par l’automne le vent se précipite,
Par l’automne les feuilles parlent bas.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Poèmes 1910-1925
Traduction:
Editions: La Barque

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La sauterelle et le grillon (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



La sauterelle et le grillon

La poésie de la terre ne meurt jamais :
Quand tous les oiseaux défaillent par le brûlant soleil
Et se blottissent dans la fraîcheur des arbres, une voix
s’élève et court
D’une haie à l’autre, tout autour des prairies nouvellement
fauchées;
C’est la voix de la sauterelle — elle dirige le choeur
Des riches plaisirs de l’été — elle n’est jamais au bout
De ses réjouissances : quand elle est épuisée d’avoir joué
comme une folle,
Elle se délasse à l’aise au pied d’une herbe exquise.
La poésie de la terre ne cesse jamais :
En un soir d’hiver solitaire, quand la gelée
A bâti son édifice de silence, voici que du poêle s’élève
un cri aigu,
La chanson du grillon, qui, toujours plus chaleureuse,
Semble à l’ouïe à demi perdue dans la somnolence
Le chant de la sauterelle parmi l’herbe des collines.

***

On the grasshopper and cricket

The poetry of earth is never dead :
When all the birds are faint with the hot sun,
And hide in cooling trees, a voice will run
From hedge to hedge about the new-mown mead;
That is the Grasshopper’s — he takes the lead
In summer luxury, — he has never done
With his delights; for when tired out with fun
He rests at ease beneath some pleasant weed.
The poetry of earth is ceasing never :
On a lone winter evening, when the frost
Has wrought a silence, from the stove there shrills
The Cricket’s song, in warmth increasing ever,
And seems to one in drowsiness half lost,
The Grasshopper’s among some grassy hills.

(John Keats)


Illustration

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Mon esprit est un gros morceau de néant irrévocable (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




    
mon esprit est
un gros morceau de néant irrévocable dont le toucher et le goût et
l’odorat et l’ouïe et la vue ne cessent de frapper et de tailler avec
des outils fatals tranchants
dans une agonie de ciseaux sensuels j’accomplis des contorsions
de chrome et exécute des enjambées de cobalt
néanmoins je
sens que je ingénieusement suis modifié que je légèrement
deviens quelque chose d’un peu différent, en fait
moi-même
Là-dessus impuissant j’émets des hurlements lilas et des
mugissements écarlates.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: XLI Poèmes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Nerthe

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L’ouïe fine (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017




L’ouïe fine

Les poissons parlent quel charivari
On ouvre les ouïes pour entendre
Leurs discours océaniens
On n’entend rien
Il faut avoir l’oreille maritime
Pour percevoir ce que ces vertébrés expriment
Sinon l’on n’entend rien
Que le cri des mouettes
La sirène d’un navire le ressac
Et les galets roulés

(Raymond Queneau)

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Par-dessus la cime des hêtres (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2017



Illustration: Jacques Rime 
    
Par-dessus la cime des hêtres,
Le silencieux souffle qui passe
Capte un moment du haut échange
Entre feuillages et nuages,

Moment où le feu diurne s’épuise
Et l’espace, soudain, est tout ouïe…

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Hors du vide (Alfredo Casta Monteiro)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



 

Léon Spilliaert moonlight

hors du vide
un doux écho à la dérive

no ouvido
o eco do ego à deriva

noué au vide
l’égo évide l’écho

eco debido al oído
que el ego vivido olvida

eco em vão
no ouvido do ego à deriva

écho d’une envie vide
rivé à l’ouïe l’égo dérive

eco de envidia
a la deriva en el oído

écho vain rivé au vide
qui évide l’égo

eco do ego vão no ouvido
devido à deriva

rivée au vide
l’ouïe avide d’écho

del ávido oído deriva el eco
oído hueco

no ouvido
o eco vão do ego vazio

vacille l’égo vide
rivé à l’ouïe

vacío el ego vivido
que en el oído deriva

l’ego vacille hors du vide
l’ouïe rivée à l’écho

do ego vazio duvido
duvido do eco oco

eco del ego hueco
que el oído vacía

no ouvido um vazio
o eco do ego é oco

noué au vide vacille l’égo
en échos vains

vano y hueco el ego
y vacío su eco

vazio é o ego cego
e seco o seu eco

échos secs
qui en vain vacillent

vano y vacío el ego ciego
hueco su eco seco

échos d’égo vacillent
et assaillent le vide

olvido vacío
en el eco del ego seco

eco no vazio cego
é oco o eco que sai do ego

assailli l’égo sec
que le vide noue et évide

(Alfredo Casta Monteiro)

Illustration: Léon Spilliaert

 

 

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L’immense nuit (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017




    
L’immense nuit du monde
Semée d’étoiles
Prendrait-elle jamais sens
Hors de notre regard ?

Et l’immonde de notre nuit
Trouée de cris
Susciterait-il jamais écho
Hors de notre ouïe ?

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Résonnent en nous les collines (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017



Illustration: Eric Touraille
    
Résonnent en nous les collines musicales
En nous l’inapaisable ondulation
Toute chose y parle sa langue natale
Toute chose confie ses secrets au coeur
Vibrent l’air et l’eau, bourdonnent les lauriers
Transparaît alors un dieu, là, tout ouïe

Dieu d’accueil, d’épousaille et d’eurythmie

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Et l’indicible saule (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Et l’indicible saule
Ployé sous ses pleurs
S’abandonne à l’onde
Aux ondes sans fin
À jamais tout ouïe

*

Nuit de chairs confrontées
Nuit de sangs confondus
Nous aurons bu ta flamme
Jusqu’à brûler notre ombre
À rompre enfin le cri

(François Cheng)

Illustration: Pascal Renoux

 

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